BMP – Quand je ne ressens plus rien ou presque

BMP – Quand je ne ressens plus rien ou presque
Une autre façon de faire apparaître le fait qu’en ce moment quand mon corps est engourdi ou quand la douleur me ronge, je ne sens pratiquement plus rien. J’ai alors la sensation que si le corps tient debout, c’est qu’il se passe quelque chose dans le centre du corps. C’est lui qui vous maintient debout.
Ce dessin est né pour exprimer ce que j’ai ressenti quand je me suis levée aujourd’hui : mon corps était engourdi, il ne ressentait rien. Cela n’a rien à voir avec les dissociations, c’est simplement lié à la douleur physique. Une lourdeur était présente, ainsi qu’une gêne dans le dos, gêne qui m’empêchait de bien respirer profondément.
J’avais cette impression d’être rongée par cette douleur et de n’avoir que le centre de ce corps pour m’aider à tenir debout.
C’est cela que je voulais retranscrire en une forme, car dessiner change la trajectoire de ma concentration. Mettre des couleurs m’aide. Alors c’est peut-être « psy » ma façon de percevoir, mais cela m’aide à ne plus trop penser à cette douleur, qui était mélangée dans un espèce d’étourdissement.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, j’ai repensé aux sensations que je ressentais quand j’ai quitté mon lit ce matin-là. Pour moi je devais juste retranscrire le fait que je ne sentais que le centre de mon corps, que seule ma colonne vertébrale existait pour m’aider à me tenir debout. Le reste de mon corps n’existait plus du tout car il était soit rongé, soit engourdi par cette douleur physique.
Pas de jambe, pas de bras, pas de main, car rien de tout cela, n’existait pour moi ce matin. Par contre j’ai dessiné un visage, avec juste la bouche qui apparaissait, pas d’yeux : je voulais cacher les yeux rouges où les vaisseaux apparaissaient, ce qui n’a rien à voir avec des larmes qui étaient inexistantes.
Voilà, juste le centre de ce corps qui arrivait à tenir debout, sans râlements rien.
Pour les couleurs de ma composition, je voulais mettre des couleurs, comme un arc-en ciel, car comme je l’ai dit au début de mon texte, les couleurs m’aident à diriger mon cerveau dans une autre orientation. Je suis le mouvement de mon poignet et de mon pinceau, mon cerveau est moins axé vers cette douleur.
Par moment je me dis que mettre des couleurs pourrait faire fuir ce qui me fait souffrir sur le moment présent. Même si ce n’est pas vrai, tant pis, moi j’ai besoin d’y croire. Une fois les couleurs mises, j’ai fait les finitions avec de gros feutres de couleurs.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Crayons de papier : HB, peinture aquarelle,
Gros feutres de couleurs.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Ma production est posée sur le chevalet et là je me dis que l’on ne perçoit pas la douleur. Mais moi, par contre, je perçois cette douceur qui retranscrit le fait que je me dis que quand je dépose des couleurs avec un pinceau sur une feuille, quand mon corps est douloureux, cela est pour moi un pansement.
S’il vous plaît, laissez moi y croire ! Je ressens moins d’angoisse ce qui est déjà beaucoup, car chez moi l’angoisse peut me mettre dans tous mes états.

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