BD – Mes troubles dissociatifs

Plus je travaille avec Emmanuelle, et plus je découvre des choses me concernant sur mon comportement, et là c’est un sujet pour lequel j’ai beaucoup de mal à trouver les mots et qui m’angoisse énormément, car je ne suis pas vraiment prête à l’affronter. Non pas que ce soit de la mauvaise volonté ou que je ne veuille pas avancer, évoluer et guérir, mais ça me fait peur, très peur ! Les personnes, y compris mes mères nourricières, m’ont tellement traitée de folle de mazo enfin de toutes sortes de mots que j’ai une image de moi totalement hallucinante et dégradante – elle change petit à petit mais il reste beaucoup de travail – pour que je me regarde dans la glace et me dire que je suis fière de moi et que je m’aime ! Mais ça commence.
Donc, suite aux sévisses subis pendant mon enfance, je souffre de troubles dissociatifs, un domaine que peu de personnes comprennent y compris certains médecins, je dirai même que certains mettent ceci dans les troubles de la schizophrénie, (mais je n’entends pas de voix) ou alors dans grand H : hystérie, (mais on est plus au temps de Chacot) et c’est beaucoup plus compliqué que cela. On peut trouver plusieurs articles qui développent bien ce phénomène concernant cette maladie.
Donc je reviens à moi : j’ai découvert, il y a peu de temps, que je souffre non seulement de troubles dissociatifs, mais aussi, que quand je suis très fatiguée, mes écrits sont illisibles, voir remplis de fautes et que dans ces moments-là je ne m’appelle plus Béatrice et ce n’est plus Béatrice, mais Béatrisse. Je sais cela peut paraitre impossible, pour moi, je vous rassure, c’est nouveau. Il va falloir que je découvre et que j’apprenne à mieux gérer cette nouvelle personnalité, je vous avoue, que quand Emmanuelle m’a mise face à cette nouvelle découverte et bien je ne voulais pas le croire ; Ça m’a fait mal, ma première réaction a été : mais j’en ai combien en fait ? J’étais envahie d’une grande colère, j’en ai pleuré et là je me suis dit c’est foutu, je ne m’en sortirais jamais ? J’étais en colère contre Emmanuelle de m’avoir fait une telle chose, mais avec du recul, et étant plus apaisée, j’ai admis que c’était une chose importante ce qu’avait mis à jour Emmanuelle, car je pense que l’on n’aurait jamais pu s’en apercevoir. Oui une chose importante ! Mais ce qui est embêtant pour moi et qui me préoccupe beaucoup, dans cette situation, c’est que je ne me rends pas compte, tout parait normal pour moi et cela peut poser quelques problèmes envers les autres personnes, qui elles vont me prendre pour une folle et la question aussi que je me pose est :si ce phénomène c’est déjà produit déjà avant qu’elle me connaisse ?
Mais la question aussi que je me pose dans cette situation est comment je peux me rendre compte et comment cela intervient et comment cela débute si c’est rapidement ou alors petit à petit ? et aussi à quel moment de la journée ? et comment je peux voir quand je suis fatiguée, car entre mes crises d’épilepsies, mes nuits courtes dues aux angoisses, ou alors à des troubles dissociatifs qui interviennent aussi la nuit, plus mes migraines et les soucis à gérer de tous les jours, j’ai en moi une fatigue constante. Alors comment faire pour gérer une telle situation ?
Et la question aussi que je me pose est : qu’est ce qui peut provoquer cette fatigue soudaine ? Comme puis-je voir la différence en cette fatigue ?
Beaucoup de réponse à trouver ! Concernant mes troubles dissociatifs cela se passe ainsi : c’est un autre personne qui intervient aussi ce n’est pas moi, je pourrais dire cela, quand la petite fille est là c’est le désastre, c’est un gâchis et cette gamine s’exprime avec des grrrr, supprime des dossiers importants, envoie des mails à différentes personnes – mon psychiatre me l’a dit – et là, quand je reviens à moi, pour moi c’est dans ma tête le blanc complet, un épuisement de mon corps, et un problème de concentration important, une solitude et une souffrance terrible. Quand je fais de très grosses crises, je me promène en pyjama dans la rue, je me mets en danger, je ne reconnais plus personne y compris les personnes qui sont chères pour moi, je suis apeurée, je fais n’importe quoi, ou alors cela peut être de simple petite absence. Mais là c’est pareil je ne serais incapable de dire combien de temps les crises durent et ce que je fais, je finis à l’hôpital !


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8 réflexions au sujet de « BD – Mes troubles dissociatifs »

  1. Bonjour Dominique,
    j’ai compris, je dois apprendre à les connaître, à leur parler. Vous écrivez tous que ce n’est pas facile et je confirme. Pour l’instant je suis complètement perdue. Il y a un vrai bombardement dans ma tête. Mes parties ne me laissent jamais en paix et je voudrais leur dire STOP, pour pouvoir respirer et dormir un peu. C’est sans répit, pour l’instant je ne les comprends pas et elles non plus. J’ai du boulot en vu mais je suis tellement… et une envie de… bon enfin bref ça va passer je j’espère.
    A bientôt et merci pour ton message et pour tes explications.

  2. Bonjour Giboulée et Didier,
    Didier, ton message est trop gentil. Merci !
    Catherine,la prochaine étape et la plus dure : comprendre les personnalités et qu’elles se comprennent aussi entre elles. C’est une chose importante. Maintenant pour mes crises d’épilepsie, non je ne les sens pas venir. Parfois elles sont très fortes (réa) et oui aussi elles sont liées à mon enfance aussi et provoquées par la fatigue et le stress, mais bon… à bientôt.

  3. Bonjour Béatrice,
    en te lisant je pensais à la manière dont on prononce les noms (ou prénoms) des autres, sur quelle syllabe on met l’intonation.
    Alors je me disais que Béatrice, c’est ton prénom je l’épellerai Bea tri ce, les 3 syllabes à la même hauteur ou éventuellement en appuyant un peu sur Béa.
    Bréatrisse (qui me fait penser aussi à Bea triste) ce serait béa tri iiiiissssse, celle qu’on appelle pour l’engueuler, la petite fille qui a mal fait et qui va payer pour cela. Ou celle qui doit obéir. Et celle-là, elle est en souffrance parce qu’on la prend pour un objet, pour une chose qui doit ne plus rien sentir, simplement obéir. Je suppose qu’elle prend les commandes quand une circonstance plonge Béatrice dans un situation où elle revit le poids de l’autorité des autres.
    Quant à grrr, je suppose que c’est l’enfant archaïque, celui qui ne sait pas ce qu’on lui fait, pourquoi on le lui fait et qui n’a pas les mots pour dire quoique ce soit, alors il ne reste que les onomatopées pour qu’il puisse un tout petit peu dire qu’il est là, qu’il n’est pas mort, mais qu’on l’a muselé.
    J’espère qu’un jour comme le dit Dominique, ces 3 personnalités pourront communiquer et surtout prévenir quand elles voudront prendre le dessus.
    Une petite question : je suis ennuyée de ces crises d’épilepsie. Est-ce que tu en as toujours eu ? Ce qui m’ennuie avec cette maladie c’est que le rapport au temps est complètement changé. Il y a un morceau de temps qui échappe complètement, et je pense que c’est très traumatique (au sens fort du terme) et que cela majore le syndrome post traumatique lié à ton vécu. Je veux dire que cette pathologie qui peut tomber n’importe quand sur toi est anxiogène et te fait perdre la maîtrise. Est-ce que tu sens quand ça venir ? Parce que cela ce serait important justement pour que tu puisses un tout petit peu contrôler.
    Excuse la longueur.

  4. Je te connais que depuis peu de temps, à travers tes écrits, tes réponses… mais ce que je peux dire c’est qu’il se dégage de toi une grande gentillesse, un grand souci de l’autre, une vraie générosité. Ne t’inquiètes pas, quand béatrisse prend les commandes, elle aussi est une femme gentille.
    Ton amitié est un trésor, et tu illumines ce blog de ta gentillesse. Amitié

  5. Bonjour Dominique,
    Merci pour ton message, j’aime bien ce blog, car je ne suis pas jugée merci ! Je reprends ta phrase : « Généralement, elles viennent à la surface quand on se sent en sécurité et c’est très bon signe. »
    Alors je plains les personnes qui m’entourent, ma famille et Emmanuelle qui m’entourent chaque jour, car pour moi Dominique comme je l’ai dit dans mon message pour moi, j’ai du mal ! mais je suis une personne de caractère et je m’accroche ! les chérir je n’irais pas jusque-là, je ne vais pas te mentir, mais je parle au grr quand je m’aperçois que j’ai eu une absence, mais c’est difficile pour moi encore ! mais bon petit à petit. Merci pour ton message, à bientôt.

  6. Je me sens tellement mal quand je lis ceci, j’ai tellement de questions. Une grande souffrance ressort à travers ce message, une envie de sortir de cette prison qui m’empêche de vivre heureuse, concernant l’écriture je ne sais à quoi correspond l’âge ? bonjour les fautes ! Je suis cette personne hors-norme que tout le monde rejette y compris moi mais qui voudrait se faire aimer et s’aimer pour ce qu’elle est elle ? maintenant la beatrisse et le grr moi me font peur, plus le grr mais je ne les connais toujours pas et ils sont difficiles à apprivoiser et ma colère est là aussi car cela me fait souffrir. Il faut que j’arrive à canaliser cette colère je pense pour pouvoir essayer d’avancer avec ces deux personnes. Mais Béatrice : moi, ne me fait pas peur, peut-être que je la cache, peur des autres mais elle possède de très belles qualités mais il suffit simplement de l’aider pour qu’elle puisse les faire ressortir, les faire briller, pas dans l’ombre mais dans le soleil, pour que les personnes ressentent la chaleur humaine qu’elle possède.

  7. Bonjour Béatrice.
    Je tiens à te rassurer. Tu n’es pas toute seule dans ton cas. En fait, la plupart d’entre nous qui avons été confrontés à des traumas extrêmes et répétés, comme c’est ton cas, avons développé ce mécanisme de défense, seule porte de sortie accessible pendant ces sévices.
    Il ne s’agit pas de maladie. Tu n’es pas malade, tu souffres d’un trouble dissociatif de la personnalité. En termes psy, TDI, Trouble Dissociatif de la Personnalité.
    Ce n’est ni de la schizophrénie, ni de la psychose.
    Devant la terreur, ta psyché s’est clivée en plusieurs parties qui ont « porté » le trauma à ta place, t’ont évité de disjoncter ou même de mourir.
    C’est très important de te rendre compte que ces « parties », bien qu’elles fonctionnent indépendamment, ne sont que ta propre psyché ; Il n’y a pas plusieurs « toi »;
    En même temps, ces parties fonctionnent indépendamment de ton mode conscient, donc c’est toujours un grand choc lorsqu’on en prend conscience.
    Généralement, elles viennent à la surface quand on se sent en sécurité et c’est très bon signe.
    Le processus maintenant est de ne pas en avoir peur, leur en être au contraire reconnaissante car ce sont elles qui ont tout pris, sont montées au charbon, en quelque sorte, chaque fois que c’était insupportable pour ton conscient.
    Petit à petit, quand tu auras moins peur, tu vas apprendre à communiquer avec elles et tu vas comprendre leurs comportements, peurs etc.
    Certaines ne savent pas que les abus ont pris fin et tu vas avoir à leur expliquer et qu’elles aient confiance en toi.
    Certaines sont loyales à tes agresseurs et protègent ceux-ci d’où des difficultés à briser le silence et les auto punitions. Mais tu vas aussi te rendre compte que, derrière ces parties effrayantes, ce ne sont que des miroirs de toi enfant sous l’emprise des tes abuseurs.
    Il y a aussi une partie qui recèle une grande sagesse innée et nous soutient.
    Je sais que cette découverte est un grand choc au début. J’ai aussi bataillé dur pour admettre cette découverte à mon sujet. Frédérique n’a fait que de t’offrir le cadre sécurisant pour que ton rétablissement puisse s’amorcer.
    Il m’ a fallu un travail considérable sur moi pour « découvrir » mon système intérieur de parties dissociées. Je peux t’en parler plus tard si cela peut t’aider.
    Tes différentes parties, qui ont été avec toi depuis le début des abus, vont s’associer pour devenir la chouette fille que tu as toujours été.
    On a souvent la phobie de nos parties dissociées, on ne veut pas accepter cette part obscure que nous avons voulu oblitérer. En fait, c’est un trésor pour nous qui sommes dans la dissociation .écoute les, chéris les, deviens une maman pour elles, explique leur qu’elles n’ont plus besoin de se faire du mal pour être entendues, qu’elles ont le droit d’exister côte à côte avec toi.
    Tu as subi l’impensable, tu peux être fière d’avoir eu la force de survivre.Le chemin peut t’apparaitre plus ardu à présent, accroche toi,ce n’est qu’un passage à traverser. Tu es en sécurité et tes cieux, enfin, s’entrouvrent.
    Petite Béa, fonce vers la lumière.

  8. J’ai lu votre lettre et j’aimerais vous dire que beatrisse existe depuis longtemps mais que je ne voulais pas vous affoler à son sujet, elle est inoffensive.
    Le 28 août sur Facebook dans nos échanges vous avez écrit :

    « je prends, je crois que je suis fatiguée, bon repos a vous aussi, et bien voila cé reparti mon cervau fait des sienne ça saute ça saute sa rézonne aoa cé afreux, j’ai mal pas posible de me consentré, mal à la tete et nausé, j’e voudrai travaillé plus vite comment vous faite j’en est mare mais mare ! je me sen bizar
    Nous avons commencé notre correspondance le 20 août, donc je ne peux pas vous dire depuis quand beatrisse est là, mais sans aucun doute avant notre rencontre.
    Cependant, je tiens à vous rassurer, je n’ai trouvé personne d’autre à part nos trois Béatrice, beatrisse et Grr Grr.

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