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Ayant été concernée particulièrement par l’attentat de Nice parce que j’étais au feu d’artifice avec ma famille ce funeste 14 juillet… Heureusement, nous n’avons été ni blessés ni témoins direct de l’horreur.
Pour autant, je sais les défenses qu’il nous a fallu mobiliser pour lutter contre les effets mortfières de cette violence.

Pour ma part, psychologue clinicienne de formation psychanalytique, je voulais vous faire part de ceci : La psychanalyse que j’ai faite, sans aucun doute, m’a aidée à traverser cette épreuve et à me mobiliser pour aider mes proches. Cela dit, après coup, mon symptôme a été de ne plus pouvoir créer en tant qu’artiste pendant 5 ou 6 mois.

Puis, près un travail psychique qui devait se faire inconsciemment, j’ai éprouvé la nécessité de peindre une série de tableaux liés aux atentats que j’ai appelée : Série Noire. Alors seulement, enfin, le processus de création s’est remis en marche inaugurant un tournant dans mon travail de peintre.
Tout ceci pour vous témoigner combien en tant qu’artiste, psychologue et art-thérapeute je suis depuis longtemps convaincue du soin psychique par l’art, que cette expérience m’a traversée plus d’une fois au cours des accidents de la vie que chacun peut être amené à subir, et surtout, combien il est essentiel de donner aux personnes victimes des atentats cette possibilité de représenter l’innommable.