Attentat : se relever coûte que coûte

Attentat : se relever coûte que coûte
05/11/2017
Près de deux ans après les attaques du 13 novembre, France 2 est allé à la rencontre d’Ida, une jeune femme de 26 ans qui a reçu dix impacts de balles à la terrasse de « La Belle Équipe ». Cette survivante continue de se battre pour tenter de gagner en mobilité.

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Parfois, on croise des personnes sans savoir quels drames se cachent derrière leurs sourires. Ce jour-là, deux jeunes femmes participent à une course dans Paris. Cet acte banal prend une autre dimension lorsqu’on découvre l’histoire d’Ida et de Laura. Ida a reçu dix balles dans le corps le soir du 13 novembre 2015. Laura est l’une des infirmières qui l’a soignée. Elle est devenue son amie.

Une force de caractère

En janvier 2016, Ida est entrée à l’hôpital des Invalides et s’est remise à marcher. À 26 ans, elle a repris des études à l’université et compte devenir zoologue. Après onze mois en fauteuil roulant, elle doit revenir régulièrement à l’hôpital pour assouplir ses cicatrices et gagner en mobilité. Sa force de caractère l’a conduite à remarcher. Comme un défi à la douleur, elle abandonne parfois ses béquilles pour un moment. Cela ne dure pour l’instant pas longtemps, mais c’est une victoire. En mars prochain, Ida et Laura se lanceront dans un rallye automobile au Maroc. Un nouveau défi, leur manière à elles de répondre au terrorisme.

Rugby : Aristide Barraud, blessé lors de l’attaque du 13-Novembre

Rugby : « j’étais fou d’y croire », témoigne Aristide Barraud, blessé lors de l’attaque du 13-Novembre
L’ancien rugbyman, blessé dans les attentats de Paris, revient dans une interview publiée jeudi sur sa tentative échouée de revenir au meilleur niveau.

« Peut-être que je me cachais la vérité, mais j’en avais besoin ».

A l’occasion de la sortie de son livre Mais ne sombre pas jeudi, Aristide Barraud, 28 ans, rugbyman professionnel gravement blessé lors des attentats du 13 novembre 2015, est revenu dans les pages de L’Equipe jeudi sur sa retraite précoce prise en avril dernier.

« J’avais tout le temps mal ».

En avril dernier, deux ans et demi après avoir été gravement blessé alors qu’il était à la terrasse du bar Le Carillon prise pour cible par les terroristes, Aristide Barraud, qui jouait en première division italienne, a annoncé qu’il raccrochait définitivement les crampons. Avant cette décision, l’ancien international chez les jeunes avait eu des signes avant-coureurs en 2016. « Il y a eu des brèches dans mon obstination » à re-devenir joueur de rugby, se souvient-il. Alors qu’il s’entraînait « comme un chien », il avait « tout le temps mal » alors qu’il n’en était qu’à l’entraînement sans contacts. Et en octobre, après avoir repris « une carrure athlétique », une nouvelle opération lui a fait perdre tout « reperdre ». « Dur », se remémore-t-il.

« Des pas dans la folie ».

Le pire est malheureusement à venir pour le joueur qui revient alors sous les couleurs du maillot de Mogliato Veneto. « Mon corps n’a pas suivi et il a commencé à se manifester par des voies bizarres », raconte-t-il à L’Equipe. « Des maladies, des petites fièvres qui se transformaient en grippe, comme j’en avais jamais eu », évoque Aristide Barraud. Et d’ajouter à cela « des problèmes de digestion », une « migraine continue », « des crises d’angoisse bizarres » jusqu’à « faire des pas dans la folie ». « Je sentais que je me mettais en danger. Je ne suis pas suicidaire. Il était temps de dire ‘stop' », confie l’ancien du Stade Français.

Comme « une deuxième enfance ».

Aristide Barraud, qui dit toujours souffrir de terribles maux de tête, ne regrette pas pour autant d’être revenu sur les terrains :

« j’étais fou d’y croire. Mais j’y croyais. Et c’est vraiment ce qui m’a sorti de la merde, ce qui m’a gardé la tête hors de l’eau ».

Et même si avoir un ballon dans les mains lui manque, il a décidé de rester à l’écart du rugby « pendant trois ans », par envie de « voir autre chose » mais aussi parce qu’il n’est « pas soigné ». Philosophe mais aussi optimiste, Aristide Barraud estime qu’il vit désormais « une autre vie » comme s’il « était dans une deuxième enfance », une période qu’il trouve « grisante ».

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