Pour un héros de l’attentat de London Bridge, le plus dur a démarré après


Des hommages aux victimes de l’attaque du London Bridge. REUTERS/Henry Nicholls
Pour un héros de l’attentat de London Bridge, le plus dur a démarré après
Paris Match
Publié le 01/06/2018
La Rédaction avec AFP
Florin Morariu, jeune héros de l’attentat de London Bridge, vit depuis la tragédie son propre enfer.
Il y a un an, responsables politiques et médias ont venté son « héroïsme » durant l’attentat de London Bridge. Mais pour Florin Morariu, jeune boulanger roumain, c’est après l’attaque terroriste que le plus dur a commencé. « J’étais content de mon travail, je m’entendais bien avec les gens. C’est au moment où ma vie commençait à se stabiliser que cette misère est arrivée », raconte à l’AFP le jeune homme de 33 ans, contraint depuis de rentrer dans sa ville natale d’Iasi, au nord-est de la Roumanie.

Le soir de l’attaque, le 3 juin 2017, il a ouvert les portes de la boulangerie où il travaillait à une quinzaine de personnes qui fuyaient et a frappé avec un cageot l’un des terroristes. Il a aussi mis en ligne une vidéo qu’il a tournée, « pour que les gens sachent » ce qui se passait. Elle a été reprise par les médias à travers le monde et tout a basculé. A cause de sa notoriété, il a dû quitter rapidement le logement qu’il louait. Craignant la vengeance des terroristes, ses voisins avaient menacé les propriétaires de partir si Florin ne le faisait pas. « Les gens ont eu peur, c’est normal. La propriétaire est une dame extraordinaire, on est toujours en contact : elle pleurait et ne savait pas quoi faire, je l’ai comprise », dit-il. Il est parti à la recherche d’une nouvelle maison, une mission qui s’est avérée impossible, affirme-t-il.

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Sortis des griffes des terroristes, d’anciens otages racontent leur vie d’après


Sortis des griffes des terroristes, d’anciens otages racontent leur vie d’après
Par Caroline Piquet
17/04/2018
TÉMOIGNAGES – Ils se sont retrouvés enfermés, contraints de ne pas bouger, parfois obligés d’obéir aux ordres de fanatiques. Comme Julie, cette caissière sauvée par le gendarme Beltrame, ils ont eu le temps de voir la mort en face et sont aujourd’hui en vie. Quatre anciens otages témoignent de leur longue reconstruction.

Depuis le 23 mars, jour où elle a été sauvée par le gendarme Beltrame, Julie V. vit bouleversée et recluse chez elle. « Je lui souhaite bon courage car je la comprends très bien », réagit Rachid Drabli, ancien otage de l’Airbus Alger-Paris en 1994. « Elle est terrorisée et choquée mais elle ne doit pas rester enfermée, conseille-t-il. Elle doit se faire aider et parler à ses proches. » À Dammartin-en-Goële, Michel Catalano, ex-otage des frères Kouachi, « pense beaucoup à elle » car « trois ans après, c’est encore difficile ». Comment vivre quand on a frôlé la mort aux mains de terroristes ? Comment se reconstruire ? Un événement traumatisant comme une prise d’otage laisse des traces et s’attaque à toutes les habitudes de vie. Quatre rescapés ont accepté de nous raconter les jours, les mois et les années d’après.

Sidération

Certains, comme Julie, ont d’abord eu besoin de s’enfermer. Rachid Drabli, ex-otage de Marignane, est resté plusieurs jours chez lui. « Ma famille et mes amis sont venus me voir. Pendant une semaine, j’ai répété la même chose et puis j’ai fini par aller voir un médecin ». Pour le Dr Nathalie Prieto, psychiatre et référente nationale des cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP), ce genre de réactions est classique. « L’évitement est généré par la peur de sortir et s’associe souvent à un mouvement de tristesse. On s’enferme parce qu’on a l’impression que ça va recommencer », analyse-t-elle.
D’autres, au contraire, ont cherché à extérioriser. Bruno Poncet, 45 ans, otage pendant une heure et demie au Bataclan, a très vite parlé. Le matin du 14 novembre, une fois libéré, « j’étais surexcité, je n’arrivais pas à dormir », se souvient-il. « Arrivé chez moi, j’ai tout raconté à ma femme, mais avec beaucoup de distance, comme si je sortais d’une séance de cinéma ». Les jours …

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