Le Monde.fr – Le mémorial du « Monde » aux victimes des attentats du 13 novembre 2015

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Mémorial du monde
La rédaction du Monde.

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Par Aline Leclerc et Sylvie Kauffmann

Leur donner un visage

Brutalement arrachées à ceux qui les côtoyaient chaque jour, ces 130 personnes font aujourd’hui partie de notre univers, à tous. Elles ne nous quittent plus. Nous refusant à les réduire à un chiffre, 130, et à un statut, celui de « victimes », nous avons voulu leur donner un visage, raconter qui elles étaient, leur rendre leur vie, à travers ceux qui les connaissaient et les aimaient. Les installer, aussi, dans notre souvenir, tous, sans exception.

Systématiquement, nous avons pris contact avec leurs proches, membres de leur famille lorsque cela a été possible, amis ou collègues, pour qu’ils nous aident à dresser ces portraits. Pour chacun, nous leur avons aussi demandé de nous prêter une photo, l’image du visage qu’ils voulaient que l’on conserve dans ce souvenir collectif.

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La deuxième chose que nous révèlent ces portraits, c’est à quel point les terroristes visaient, à travers leurs cibles ce soir-là, la jeunesse, l’intelligence, la culture, l’éducation et la tolérance. L’histoire de ces 130 vies se lit comme celle de la fine fleur d’une société confiante dans la réussite. Celle que peuvent lui donner le savoir, la science et l’ouverture d’esprit. Français ou étrangers venus en France précisément pour cela. C’est ainsi  qu’ils étaient, ce 13 novembre, le symbole du Paris des Lumières, au XXIe siècle. Ce mémorial ne répond qu’à un seul vœu : qu’ils le demeurent.

Mon père m’a dit : « je suis vivant, j’aurais dû être mort »

Mon père m’a dit : « je suis vivant, j’aurais dû être mort »

Ajoutée le 15 nov. 2015

Depuis le drame, les témoignages se multiplient sur cette nuit de cauchemar vécue par de nombreux Parisiens.

Des récits poignants de témoins directs ou de proches de victimes. C’est le cas de Valentine Philonenko, une adolescente de 16 ans. Son père était au Bataclan quand les kamikazes ont fait irruption. Il a été grièvement blessé. Elle raconte.

« Le premier truc qu’il m’a dit c’est « je suis vivant »

Mais il m’a dit aussi “j’aurais dû être mort”. Il m’a répété ça. Le terroriste, pour voir s’il est mort, lui met un premier coup de pied dans la jambe. Mon père se laisse faire. Il le fait une fois, le refait deux fois, trois fois. Qu’est ce qui se passe à partir de ce moment là ? Le mec arrête de lui donner des coups. Et à côté, à trente centimètres de sa tête, le mec à côté de lui se fait flinguer”.

Par ailleurs le soir des attaques, le plan blanc, d’urgence a été déclenché dans tous les hôpitaux parisiens. Les blessés ont afflué. L’hôpital George Pompidou, l’un des mieux équipés de la capitale était en première ligne. Le responsable du service des urgences, Philippe Juvin, revient sur cette terrible nuit.

“En réalité des patients qui présentent ces pathologies on en voit dans la vie quotidienne. Mais on n’en voit jamais cinquante d’un coup. Et donc le vrai sujet dans ces cas là c’est comment on fait avec cinquante qui arrivent pour faire les bons choix parce qu’on ne peut pas soigner les 50 en même temps. (…) Nous avions des patients qui avaient des lésions du corps de faible gravité mais qui avaient vu des choses terribles. Et ceux là ont été vus par un psychiatre cette nuit, nous avions un psychiatre avec nous, on leur a demandé de revenir. Donc le travail ne fait que commencer”.

Des centres de soutien psychologique se sont mis en place dans différents points de la capitale. Certaines personnes sont encore à la recherche de leurs proches.
LIRE L’ARTICLE: http://fr.euronews.com/2015/11/15/mon…

Philonenko Gregoire was lying on the floor of the Bataclan concert hall with hundreds of others upon the orders of the terrorists.