Le témoignage du père d’une victime au Bataclan

Le témoignage du père d’une victime au Bataclan
Jean-Marie de Peretti, le père d’une des victimes de l’attaque terroriste au Bataclan vendredi soir, a témoigné au micro de BFMTV. Il confie ne pas éprouver de colère et souhaiter continuer à vivre pour rendre hommage à sa fille. Il dit également se sentir démuni après avoir appris qu’il ne pourra pas récupérer son corps avant au moins une semaine, des examens devant être effectués.

logo-varmatin« Plus rien ne sera comme avant. »

Pas un jour sans qu’il ne pense à Aurélie, sa fille de 33 ans, tombée sous les balles de fanatiques, avec 129 autres victimes, dans la désormais tristement célèbre salle du Bataclan.
Six mois après le massacre, le Tropézien Jean Marie de Peretti est inconsolable. Et il n’est pas très optimiste pour l’avenir. « Je ne mettrai jamais de point final à ce drame. La douleur est trop forte », lâche-t-il, résigné. S’il ne cache pas avoir eu des « velléités de suicide », Jean-Marie de Peretti a choisi de continuer de vivre. Ou plutôt de s’occuper l’esprit… pour ne pas broyer du noir. « S’occuper, c’est s’évader », concède-t-il, sans trop y croire.

Comme il le faisait déjà avant la tragédie du vendredi 13 novembre 2015 Jean-Marie de Peretti se rend donc chaque jour à l’agence tropézienne du journal Var-matin, dont il est un de nos correspondants locaux.

Comme pour se rassurer, même s’il le sait: « Plus rien ne sera jamais comme avant ». Mais Jean-Marie de Peretti a trop de souffrance pour se contenter de son quotidien d’avant.

Alors, il multiplie les activités. Boulimique. « Dès janvier, j’ai relancé les soirées littéraires que j’avais initiées voici quelques années. Mi-mars, j’ai participé également à l’université de Toulon à un forum des métiers. Et le 21 mai, avec le Club de la presse du Var, j’animerai un débat à Cavalaire sur le thème de la sécurité dans les aéroports et dans les avions. »

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Bataclan : « C’était une marée humaine de gens morts »

Bataclan : « C’était une marée humaine de gens morts »

une fois un téléphone a sonné

Mélissa s’est réfugiée dans un local technique dans lequel avec d’autres personnes vendredi soir au Bataclan. « On a entendu des tirs pendant une heure mais aussi des explosions de grenades », raconte Mélissa. « Tous les gens dans le local sont restés calmes, c’est ce qui nous a sauvé la vie en partie », affirme-t-elle. Et d’ajouter : « On a eu très peur, une fois un téléphone a sonné et une autre fois un terroriste a essayé d’ouvrir la porte ». Heureusement sans succès car un jeune homme tenait fermement la poignée de l’autre côté. « A chaque minute on pensait qu’on allait mourir », se souvient Mélissa. Les hommes du Raid ont sécurisé les lieux après l’assaut, et les gens du local ont pu ressortir en passant par la salle du Bataclan. « C’était une marée humaine de gens morts, c’était affreux », se rappelle Mélissa.

« On a vu des morts sur le trottoir, puis dans le hall d’accueil. Dans ce qu’on appelle la fosse, il y avait plusieurs centaines de personnes couchées les unes sur les autres, appelant au secours, un mélange de gens morts, de gens blessés », a raconté Denis Safran, médecin de la BRI qui était dans la colonne. « Je n’ai jamais vu ça », confirme le policier. « Une marée humaine, l’enfer de Dante, du sang partout, on marche sur des corps, on glisse sur du sang », se souvient-il.