Rassemblement au Bataclan : « Pourquoi ont-ils attaqué la musique ? »

logoFigaroCultureRassemblement au Bataclan : « Pourquoi ont-ils attaqué la musique ? »
15/11/2015
Par Noémie Halioua

REPORTAGE- Une petite foule hétéroclite s’est spontanément recueillie ce dimanche, à quelques mètres de la salle de spectacle, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat du 13 novembre.

« J’ai un poids ici », avoue Tessa en posant la main sur son cœur « c’est pour ça que je suis venue, ajoute-t-elle. Pour partager la peine de ceux qui ont perdu des proches ». Cette dame de 59 ans fait partie de ces dizaines de personnes qui se sont réunies spontanément ce dimanche 15 novembre, rue Oberkampf, pour rendre hommage aux victimes de la prise d’otage tragique du Bataclan qui a fait 89 victimes.
Vers dix-sept heures, des dizaines de personnes de tous les âges se sont recueillis devant le barrage installé par les policiers, à quelques numéros de rue de la salle de concerts. Ils sont venus y déposer des messages, des bougies, des fleurs. Tous avaient fait le déplacement : des familles avec des enfants en bas âge, des femmes âgées, des adolescents. Un garçon d’environ quinze ans, sortait de son sac à dos, des cierges encore sous cellophane. « Pourriez-vous me prêter votre briquet s’il vous plaît ? » les gens s’organisent, se parlent. D’autres se recueillent en silence, à quelques mètres de la salle de concerts. « Je trouvais ça tellement surréaliste, qu’il fallait que je vienne voir de mes yeux », confie une dame équipée de ses béquilles.

Essayer de rassembler ses idées

« Je suis musicien, je vais régulièrement au Bataclan pour jouer, je n’arrive pas à comprendre, pourquoi ont-ils attaqué une salle de concert ? Pourquoi s’en sont-ils pris à la musique ? », demande Quentin, les pommettes rouges, une cigarette à la main. Avant d’ajouter : « J’avais besoin de venir sur place pour essayer de rassembler mes idées ». Ses deux amis présents sur place, musiciens aussi, ne souhaitent pas en dire plus. La tristesse est visible dans leurs yeux.

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Le témoignage du père d’une victime au Bataclan

Le témoignage du père d’une victime au Bataclan
Jean-Marie de Peretti, le père d’une des victimes de l’attaque terroriste au Bataclan vendredi soir, a témoigné au micro de BFMTV. Il confie ne pas éprouver de colère et souhaiter continuer à vivre pour rendre hommage à sa fille. Il dit également se sentir démuni après avoir appris qu’il ne pourra pas récupérer son corps avant au moins une semaine, des examens devant être effectués.

logo-varmatin« Plus rien ne sera comme avant. »

Pas un jour sans qu’il ne pense à Aurélie, sa fille de 33 ans, tombée sous les balles de fanatiques, avec 129 autres victimes, dans la désormais tristement célèbre salle du Bataclan.
Six mois après le massacre, le Tropézien Jean Marie de Peretti est inconsolable. Et il n’est pas très optimiste pour l’avenir. « Je ne mettrai jamais de point final à ce drame. La douleur est trop forte », lâche-t-il, résigné. S’il ne cache pas avoir eu des « velléités de suicide », Jean-Marie de Peretti a choisi de continuer de vivre. Ou plutôt de s’occuper l’esprit… pour ne pas broyer du noir. « S’occuper, c’est s’évader », concède-t-il, sans trop y croire.

Comme il le faisait déjà avant la tragédie du vendredi 13 novembre 2015 Jean-Marie de Peretti se rend donc chaque jour à l’agence tropézienne du journal Var-matin, dont il est un de nos correspondants locaux.

Comme pour se rassurer, même s’il le sait: « Plus rien ne sera jamais comme avant ». Mais Jean-Marie de Peretti a trop de souffrance pour se contenter de son quotidien d’avant.

Alors, il multiplie les activités. Boulimique. « Dès janvier, j’ai relancé les soirées littéraires que j’avais initiées voici quelques années. Mi-mars, j’ai participé également à l’université de Toulon à un forum des métiers. Et le 21 mai, avec le Club de la presse du Var, j’animerai un débat à Cavalaire sur le thème de la sécurité dans les aéroports et dans les avions. »

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