L’aide aux victimes en pleine mutation – Disparition du secrétariat d’Etat

L’aide aux victimes en pleine mutation : les associations se sentent lésées
22/06/2017

Disparition du secrétariat d’état chargé de l’aide aux victimes, rapprochement avec le ministère de la Justice et annonce de la suppression du secrétariat général chargé de ce travail… depuis quelques semaines, l’aide aux victimes est en pleine mutation, ce qui fait des mécontents.

En début d’année, Juliette Méadel a créé un secrétariat général d’aides aux victimes, dépendant du Premier ministre et composé de personnes issues de tous les ministères. Mais, la semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il avait l’intention de le faire fusionner avec les services du ministère de la justice.

Une instance nécessaire

Une modification qui n’est pas du goût de tout le monde. « Nous avons été surpris et beaucoup de victimes ont été déçues. Elles ont un sentiment d’abandon, d’oubli », commente Stéphane Jicquel, secrétaire général de la Fenvac (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs).
Dans la semaine, des membres de la fédération se sont rendus à deux rendez-vous à l’Elysée, pour demander à ce que le secrétariat général soit conservé. « On nous dit que nous sommes entendus, mais la réponse tarde pourtant à venir », explique Stéphane Jicquel, qui ne sait toujours pas si l’instance sera ou non supprimée.
« Ce secrétariat offre l’impulsion politique nécessaire. Il permet de faire travailler des ministères qui n’ont pas l’habitude de collaborer » affirme-t-il, craignant que le rattachement au ministère de la Justice ne soit un retour en arrière.
Car la relation entre les ministères est effectivement primordiale pour l’aide aux victimes. Olivia Mons, porte-parole de l’association France victimes – qui s’appelait jusque-là Inavem – avance qu’une victime n’a pas seulement besoin d’aide juridique, mais aussi de soutien moral, psychologique, administratif, d’accompagnement social…
Autant de fonctions qui dépendent de ministères différents, « la dimension interministérielle reste fondamentale, et nous y veilleront », assure-t-elle.

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Article sur les attributions du Ministre de la Justice


Décret, justice, aide aux victimes
Décret n° 2017-1072 du 24 mai 2017 relatif aux attributions du ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice
NOR: JUSX1715129D
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/5/24/JUSX1715129D/jo/texte
Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2017/5/24/2017-1072/jo/texte

Le Président de la République,
Sur le rapport du Premier ministre,
Vu le décret n° 59-178 du 22 janvier 1959 modifié relatif aux attributions des ministres ;
Vu le décret n° 2017-143 du 8 février 2017 portant création du comité interministériel de l’aide aux victimes et du secrétariat général à l’aide aux victimes ;
Vu le décret du 15 mai 2017 portant nomination du Premier ministre ;
Vu le décret du 17 mai 2017 relatif à la composition du Gouvernement ;
Le Conseil d’Etat (section de l’intérieur) entendu ;
Le conseil des ministres entendu,
Décrète :
Article 1
Décret, justice, aide aux victimes

Outre ses attributions en matière de justice, le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice, est chargé de coordonner le travail gouvernemental dans le domaine de l’aide aux victimes.

Il veille à l’adaptation des dispositions permettant d’assurer le respect des droits des personnes victimes, notamment, d’infractions pénales et en particulier d’actes de terrorisme, d’accidents collectifs, de sinistres sanitaires, industriels, alimentaires ou de santé publique, d’accidents écologiques, industriels, de catastrophes naturelles ou encore de discriminations et d’atteintes aux droits fondamentaux.
En concertation avec les ministres concernés et plus particulièrement, le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, la ministre des solidarités et de la santé, le ministre de l’économie et le ministre de l’action et des comptes publics, il veille à l’adaptation :
– du dispositif de suivi et d’accompagnement des victimes et de leurs proches ;
– et du dispositif d’accueil, d’information, de prise en charge des victimes en cas de survenance de crises majeures.
En concertation avec les ministres concernés, et sans préjudice de leurs attributions, il conçoit et met en œuvre les actions d’information et de soutien aux victimes d’infractions pénales et assure la coordination des relations entre, d’une part, les associations de victimes et les associations d’aide aux victimes et, d’autre part, les autorités de l’Etat compétentes en la matière.
Le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice, coordonne les positions prises par les représentants de l’Etat au sein du conseil d’administration du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions.
Il préside, par délégation du Premier ministre, le comité interministériel de l’aide aux victimes.
Il coordonne l’action interministérielle d’aide aux victimes dans les situations d’urgence dans le cadre d’une cellule interministérielle et veille à la continuité de l’aide apportée dans le prolongement du traitement d’urgence assuré par cette cellule à l’aide d’un comité qu’il préside.
Décret, justice, aide aux victimes
Article 2
Outre les services placés sous l’autorité du garde des sceaux, ministre de la justice, le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice, dispose du secrétariat général à l’aide aux victimes.
Il dispose en tant que de besoin :
– de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises ;
– de la direction générale de la cohésion sociale ;
– de la mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains.
Il peut faire appel :
– aux services de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre ;
– au Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages ;
– au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions.
Les corps d’inspection et de contrôle et les missions ministérielles d’audit sont mis à sa disposition en tant que de besoin pour toute étude ou mission entrant dans sa compétence.
Les autres départements ministériels lui assurent, en tant que de besoin, le concours de leurs services.
Article 3
Le Premier ministre et le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice, sont responsables, chacun en ce qui le concerne, de l’application du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait le 24 mai 2017.

Emmanuel Macron
Par le Président de la République :

Le Premier ministre,
Edouard Philippe

Le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice,
François Bayrou

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Communiqué de presse 30 mai 2017
La coordination de l’Aide aux Victimes n’a pas été oubliée !
France Victimes est satisfaite de la publication du décret du 24 mai 2017 relatif aux attributions du garde des sceaux en matière de coordination de l’aide aux victimes.

Si le recentrage de cette coordination sur un ministère pourrait apparaître à certains comme une régression, force est de retenir l’essentiel : l’aide aux victimes est pensée en direction de toutes les victimes, quelle que soit la cause de leur malheur, et la compétence interministérielle est donnée au ministre d’Etat pour lui permettre d’engager l’Etat dans une nécessaire cohérence et lisibilité de son action en direction de toutes celles et ceux qui souffrent.
Décret, justice, aide aux victimes
L’aide aux victimes en France s’est construite depuis 35 ans sur le savoir-faire et l’expertise des associations d’aide aux victimes qui sont au cœur des dispositifs opérationnels, que ces situations relèvent de la délinquance au quotidien ou de faits exceptionnels.
Décret, justice, aide aux victimes
L’Etat confirme son engagement et se donne les moyens de répondre aux attentes des personnes victimes, de toutes les victimes, de terrorisme, comme d’accidents collectifs, de violences individuelles comme d’atteintes aux biens, en poursuivant son action au sein du ministère de la Justice avec cette vigilance constante d’une reconnaissance et d’une prise en compte égalitaire de toutes les victimes.

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