Bataclan : « J’ai dessiné pour survivre » – Je me suis administré ma propre art-thérapie

Bataclan : « J’ai dessiné pour survivre »
Mathieu Blard
Catherine était au Bataclan, le soir des attentats. Elle a survécu à l’attaque terroriste. Deux ans après, elle tente de gérer les nombreux symptômes du stress post-traumatique dont elle est encore victime et a écrit une bande dessinée où elle raconte ce combat quotidien pour continuer à vivre. Un témoignage thérapeutique entre angoisses et résilience.
« Un mois après l’attentat, j’ai commencé à faire de petits croquis de manière compulsive que je publiais ensuite sur mon blog. J’ai ressenti un irrépressible besoin de dessiner très rapidement ce que je vivais, c’était vraiment une question de survie. Le dessin m’a toujours aidée à exprimer mes émotions. C’est un acte très personnel, unique, qui me soulage beaucoup. Grâce à cette BD, j’ai vraiment exorcisé mon stress post-traumatique.
En tant que victime psychique, je n’ai aucune cicatrice physique. Les autres ne voient pas ma douleur. Mes proches n’ont pas su comment se comporter avec moi car les symptômes psychologiques ne sont pas visibles. C’est normal, la situation était exceptionnelle. Je ne peux pas leur en vouloir, mais j’étais tellement à vif qu’une simple maladresse me faisait beaucoup de mal. Je me sentais isolée, ils me donnaient des conseils hors sujet. Quand votre grand-mère vous dit : « Je sais ce que tu ressens, quand j’étais jeune, j’ai eu un accident de voiture », c’est très difficile à encaisser. Ce n’est pas du tout le même type de traumatisme. Je me sentais complètement incomprise, en décalage. On m’a aussi expliqué que j’avais de la chance, que ça aurait pu être pire. Désormais, j’ai pris du recul. Je découvrais moi-même les symptômes, comment auraient-ils pu m’aider ? Mais j’avais tellement besoin d’eux que je me suis sentie vraiment démunie. Les médecins, les psychologues, les psychiatres, me demandaient mes symptômes, je n’arrivais pas bien à les expliquer. Le dessin me permettait de le faire. Je me suis administré ma propre art-thérapie.


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2 réflexions sur “ Bataclan : « J’ai dessiné pour survivre » – Je me suis administré ma propre art-thérapie ”

  1. Une petite définition de l’art-thérapie s’impose Catherine, celle que tu n’as jamais voulu écouter dans ta toute puissance de victime qui n’accepte pas l’aide que l’on pourrait t’apporter.
    Dans art-thérapie, il y a le mot « thérapie », dérivé du grec ancien therapévô, qui signifie « servir, prendre soin de, soigner », et il y a aussi le mot Art qui est un support de communication. En thérapie classique, le support est la parole, mais quand la parole ne peut s’exprimer, la pratique artistique prend la relève. Et nous n’oublierons pas le troisième acteur de ce soin qui est le thérapeute. Ce dernier ne passe pas forcément par les mots, mais par les images, les couleurs, les matières, les mouvements qui nourrissent le dialogue intérieur de la personne prise en charge. L’art-thérapeute est la première personne dans le processus du donner à voir de cette expression plastique dans le champ du regard, de la vision et de la lumière.

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    1. Je suis perturbée quand je lis certains articles. On peut se faire un coloriage tout seul ce n’est pas compliqué : on remplit les cases de couleurs, le dessin est déjà fait.

      Par contre pour l’art-thérapie on ne peut pas faire ça seul on doit être accompagné. Parce que l’art-thérapie est un travail en profondeur et comme tout travail en profondeur il y a des remises en question.
      Avec l’art-thérapie il y a des symptômes, des sensations qui se passent et qui ressortent, qu’on ne comprend pas toujours. Moi ça m’arrive. Ça peut-être des séquelles post-traumatiques et par moment on n’en comprend pas la cause, le pourquoi et le comment.
      C’est pour cela qu’il est important de faire de l’art-thérapie avec un professionnel qui, avec son œil, peut observer et nous guider dans ce travail et dans notre travail.
      On ne fait pas sa propre art-thérapie. On fait un coloriage oui seul et le coloriage pour moi ce n’est pas de l’art-thérapie.
      On fait sa propre art-thérapie et j’en sais quelque chose puisque je travaille à travers un blogue, quand on est encadré par un professionnel quand ce travail est structuré, quand ce travail est évalué et même parfois retravailler.
      On ne fait pas sa propre art-thérapie surtout quand on a des questions qui sont dans notre tête qui émergent et qu’on est incapable d’y répondre, et qu’on ne sait pas quoi en faire.
      On ne fait pas sa propre art-thérapie quand on a subi un traumatisme fort et que celui-ci nous envahit tous les jours.

      Moi je ne peux pas prendre un crayon et dessiner un événement fort, dramatique sans être accompagnée par un professionnel.
      On doit prendre certaines précautions pour éviter au cerveau de disjoncter. Et ça on peut pas le faire seul.
      On ne peut pas employer le mot art-thérapie quand on se retrouve seul avec son crayon, on ne peut pas dire non plus : j’ai fait ma propre art-thérapie.
      Pour faire de l’art-thérapie il faut être deux plus le médium : arts plastiques, danse mouvement thérapie, dramathérapie etc.
      On ne fait pas ça non plus avec des copines on fait ça avec un professionnel formé à son métier avec un encadrement.
      Quand je dis qu’il faut être deux cela veut dire le patient et un professionnel. Car seul le professionnel peux savoir et observer ce qui est important pour le patient et quel chemin il faut utiliser où contourner pour pouvoir arriver à panser les blessures ou la souffrance. Seul un professionnel peut nous aider à digérer. Vous n’allez pas prétendre faire une psychothérapie toute seule. Un art-thérapeute et aussi psy.

      Je rajouterai ceci : faire un coloriage et de l’art-thérapie les sensations ne sont pas les mêmes et les résultats ne sont pas les mêmes non plus.
      L’art-thérapie on ne se l’administre pas. Ce n’est pas un vaccin.
      L’art-thérapie c’est un travail que l’on fait de A à Z, un processus. C’est quelque chose qu’on fait naître nous-même à la suite d’un événement ou autre. C’est une situation que l’on travaille.
      Pour moi s’administrer quelque chose, c’est s’administrer quelque chose de tout fait.
      Ce n’est pas le cas avec l’art-thérapie qui nous remet tout le temps en mouvement.

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