Leçons du passé pour une art-thérapie institutionnelle actuelle

Sudres, J.-L., Schmitt, L. (2015). Leçons du passé pour une art-thérapie institutionnelle actuelle, November 2015, European Psychiatry, Volume 30, Issue 8, Supplement, Page S89.


J.L. Sudres∗, L. Schmitt
Hôpital La-Grave, CHU de Toulouse, Toulouse, France
∗ Auteur correspondant.
Adresse e-mail : sudres@univ-tlse2.fr (J.L. Sudres)

Résumé

L’art-thérapie porte en terre hexagonale, un lourd bagage de fausses notes conceptuelles, d’hégémonies et de clivages cheminant parfois avec une certaine note d’obscurantisme consensuel.
Toujours d’actualité, la répétition de cette dynamique souffre d’un manque d’autocritique et d’auto-analyse constructive. Pourtant les dinosaures de l’art-thérapie d’hier empruntent, lorsqu’ils n’ont pas tiré leur révérence, la voie de la sagesse.
Ceux d’aujourd’hui s’échinent à tenir des vestiges, voire des temples vides, même lorsqu’ils empruntent la toge de la transmission. Si jusqu’à l’aube des années 1980, l’art-thérapie était encore l’apanage de la psychiatrie et des psychiatres, elle concerne aujourd’hui des praticiens d’origine multiple et s’étend du développement personnel aux champs du somatique, sans pour autant se cristalliser dans une réelle identité professionnelle.
Qu’est-ce que l’art-thérapie ?
À l’instar d’autres spécialités d’antan, elle erre dans une sorte de flou-doux-mou peu et/ou mal étayée sur une recherche clinique à même de fournir des recommandations pour de bonnes pratiques et un corpus de savoir. Pourtant les approches symptomatologiques, psychopathologiques, phénoménologiques, structurales, pictographiques, psychobiographiques et autres, souvent référencées aux arts et/ou à la psychanalyse, produisent légitimement, sous couvert du piège de la séduction esthétique, une jouissance relativement éloignée du terrain.
Les organismes d’accréditation
Quant aux organismes, plus ou moins fédératifs, leur prétention en matière « d’accréditation » des professionnels de l’art-thérapie, se révèle là-aussi bien éloignée du réel de la clinique et des expériences d’autres pays européens (Suisse, par exemple). Enfin, les intitulés des formations, initiales comme continues, jouent sur des ambiguïtés de vocabulaires et d’expressions, difficiles à décrypter par les novices. Nous développerons chacun de ces points en proposant quelques médications génériques pour traiter des pathologies endémiques « de la dame art-thérapie ».


Mots clés Art-thérapie :

Formation ; Histoire ; Profession ; Recherche ; Répétition
Déclaration de liens d’intérêts Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Pour en savoir plus

Albermann K, Pezzoli V, Mulattieri M, Mühlbauer C, Golay A, Anzules C, Evangelista N, Sudres JL. Nationale studie zur worksamkeit von kunsttherapie. Forum Für Kunsttherapie 2014;28(1):10-17.
Schmitt L. Premiers pas en psychothérapie : petit manuel du thérapeute. Paris: Elsevier-Masson; 2010.
Schmitt L. Le Bal des ego. Paris : Odile Jacob ; 2014.
Sudres JL. Le syndrome des fausses notes art-thérapiques. Naissance d’une nouvelle entité ? Psychothérapies 2006;26(4):241–5.

Livre – Cécile Charrier – Réflexions pour une thérapeutique de la violence

Cécile-Charrier-ReflexionsL’être humain se développe en vue d’un rôle social, amoureux et, souvent, parental, mais reste un enfant si le monde adulte empêche cet épanouissement. Empêcher l’autre d’advenir est une violence qui produit de la violence. À destination des professionnels travaillant en lien avec la problématique de la violence et de toute personne se questionnant sur la place de celle-ci dans les relations humaines, cet essai a pour but d’ouvrir des champs de réflexion et d’expérimentation.

  • Broché: 246 pages
  • Éditeur : Éditions L’Harmattan (9 mars 2015)
  • Collection : Psycho-logiques
  • Langue : Français
  • ISBN-10 : 2343058709
  • ISBN-13 : 978-2343058702
  • Dimensions du produit : 21 x 1,3 x 13 cm

Cécile Charrier est née à Meaux en 1973, Cécile Charrier est plasticienne, auteur, art-thérapeute et formatrice. Elle anime des ateliers d’art-thérapie depuis 2005 avec cette conscience de « l’urgence de permettre la parole de l’autre, dans une société où il vaut souvent mieux se taire ».
A peine sortie de l’enfance, la peinture et les mots sont déjà des bouées dans un bain de violence.
Après une formation scolaire puis universitaire en arts plastiques, Céline Charrier devient art-thérapeute en 2005. Après 10 ans d’expérience professionnelles au sein d’atelier d’art plastique, elle anime aujourd’hui des ateliers d’art-thérapie auprès de publics aussi varié que des femmes victimes de violences conjugales, de collégiens ou d’enfants « difficiles ».