Accès aux études pour les réfugiés : un droit fondamental trop peu respecté


Accès aux études pour les réfugiés : un droit fondamental trop peu respecté
24 juillet 2018

Partout dans le monde, le taux d’accès à l’université progresse. D’un niveau global moyen de 36 %, il s’élève jusqu’à 76 % dans des régions comme l’Europe et l’Amérique du Nord. Un mouvement dont les réfugiés restent à l’écart. Sur les 65 millions de réfugiés recensés dans le monde en 2018, 61 % sont des jeunes. Mais seuls 1 % d’entre eux sont inscrits dans l’enseignement supérieur. Au Royaume-Uni, le « Higher Education Policy Institute » (HEPI) a mis en évidence l’ampleur de cette différence entre les réfugiés et le reste de la population. Globalement, si l’on se réfère au rapport de l’Unesco de 2016, la condition de réfugié réduit par cinq les chances d’être scolarisé.


Au-delà d’une nouvelle langue, les étudiants réfugiés doivent apprivoiser de nouveaux codes administratifs et académiques. Shutterstock.com

Pourtant, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 dispose que « l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite » (Article 26.1). Pour faciliter l’exercice par les réfugiés de ce droit fondamental, les pays européens ont ratifié en 1997 un texte conjoint du Conseil de l’Europe et de l’Unesco, dit « Convention de Lisbonne », spécifiquement consacré à « la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur dans la région européenne », invitant les cinquante-trois pays qui l’ont ratifiée à prendre

« toutes les mesures possibles et raisonnables […], pour élaborer des procédures appropriées permettant d’évaluer équitablement et efficacement si les réfugiés, les personnes déplacées et les personnes assimilées aux réfugiés remplissent les conditions requises pour l’accès à l’enseignement supérieur, la poursuite de programmes d’enseignement supérieur complémentaires ou l’exercice d’une activité professionnelle et ce même lorsque les qualifications obtenues dans l’une des Parties ne peuvent être prouvées par des documents les attestant ». (Section VII, Art. VII)

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Les troubles psychiques des migrants : « Je me dis que si je meurs ce sera pareil »

Les troubles psychiques des migrants : « Je me dis que si je meurs ce sera pareil »
19 juin 2018
Les plus fragiles sont les mineurs non accompagnés, soulignent Médecins du Monde et le Centre Primo Levi, qui dénoncent « l’urgence » oubliée de la santé mentale des réfugiés.

« Il fait froid, je dors debout, je n’ai pas d’avenir, ma vie n’a pas de sens. Je ne sais pas pourquoi je suis là, pour quoi je vis, je me dis que si je meurs ce sera pareil. »

…/…

« Troubles psychiques graves »

« Les violences multiples qui ont causé leur départ, les ruptures souvent brutales que cela a occasionnées et le parcours d’exil lui-même semé de violences et de pertes peuvent générer des troubles psychiques graves », soulignent notamment les organisations. Omar Guerrero, psychologue clinicien au Centre Primo Levi, témoigne au sujet d’une femme qui était alors atteinte de graves troubles de la mémoire :

« La première fois qu’elle m’a parlé de ses enfants, elle m’a dit le prénom du premier, puis du deuxième. Mais au troisième, elle s’est arrêtée, incapable de s’en souvenir. Comme ça ne lui revenait pas, je l’ai rassurée et lui ai demandé le prénom du suivant. Même blanc. Celui du cinquième, en revanche, lui est venu tout de suite. Elle a fondu en larmes. »

Il poursuit : « Quelques semaines et quelques consultations plus tard, je me suis aperçu que les deux enfants dont Madame B. avait oublié les prénoms étaient précisément ceux qui avaient été témoins des violences qu’elle avait subies, cinq ans auparavant. Ça n’était donc pas ce qu’on appelle un ‘trou de mémoire’, mais au contraire une trace de son inconscient. »

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