Paris 21 mars 2018, dès 18 heures, place de l’Hôtel de Ville

Un mineur isolé pris en charge par l’ASE de Paris meurt faute d’un suivi adapté
Rassemblement à Paris mercredi 21 mars 2018, dès 18 heures, place de l’Hôtel de Ville


Il se prénommait Malik Nurulain mais préférait qu’on l’appelle Nour. Nour est mort le 14 février 2018, retrouvé noyé dans la Seine à Paris. Il avait 17 ans. Victime de tortures, il avait fui le Pakistan à l’âge de 15 ans.

En France depuis un an, sous la responsabilité de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) de Paris, il bénéficiait depuis peu de la protection subsidiaire accordée par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).

Depuis cinq mois, il était pourtant logé seul à l’hôtel sans encadrement adéquat et en grande détresse psychique. Il avait déjà été pris en charge à deux reprises en hôpital psychiatrique avant que l’ASE ne décide de le mettre à l’hôtel faute de place adaptée en foyer.

Quelques mois après son placement à l’hôtel, il est sauvé d’une première tentative de suicide dans la Seine et pris en charge pour la troisième fois en hôpital psychiatrique. À sa sortie, il est à nouveau relogé à l’hôtel, seul face à ses traumatismes. Son corps inerte est repêché sept jours après sa sortie de l’hôpital.

Seule responsable légale de ce mineur non accompagné, l’ASE l’a maintenu à l’hôtel, dans un environnement manifestement inadapté pour assurer sa protection et ce malgré les risques avérés de suicide et les signalements répétés de l’entourage (amis, associations, administrateur ad hoc). En conséquence, nous dénonçons l’inaction de l’ASE de Paris qui, selon nous, relève d’une situation manifeste de non assistance à personne en danger.

Interrogée par l’entourage de Nour cinq jours après sa sortie de l’hôpital, l’ASE affirmait n’avoir aucune nouvelle de lui. Le signalement de la disparition à la Brigade des mineurs ne sera fait que douze jours après sa sortie de l’hôpital. Au moment du signalement de sa disparition par l’ASE, il était déjà mort depuis cinq jours. Sans la mobilisation d’associations et d’individus qui ont croisé le chemin de ce garçon, la mort de Nour serait probablement passée sous silence.

Le système actuel de la prise en charge de ces jeunes est totalement inadapté. Il est inadmissible qu’un mineur, qui relève de la protection de l’enfance, reste seul dans un hôtel sans l’accompagnement régulier de professionnels, alors qu’on connaît, de surcroît, sa vulnérabilité puisqu’il sort d’un séjour en hôpital psychiatrique. L’ASE a failli à son obligation de protection.

Comme de nombreux autres exilés, Nour avait risqué sa vie pour venir chercher la protection de la France. Ce n’est pas l’exil qui l’a tué, mais la défaillance du système de prise en charge des mineurs non accompagnés à Paris.

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RDC : La danse pour aider les réfugiés à reconstruire leur vie


Le chorégraphe congolais Fabrice Don de Dieu Bwabulamutima est persuadé du pouvoir thérapeutique de la danse.
Par Vania Turner et Andreas Kirchhof
12 mars 2018
Avec sa compagnie de danse et de théâtre, il se rend dans les camps de réfugiés en République démocratique du Congo, où il apprend à celles et ceux qui ont connu la guerre ou la violence à surmonter leurs traumatismes à travers la danse, à reprendre confiance en eux
et à revivre avec les autres.

« La danse embarque tout le monde, peu importe votre position de pouvoir, votre âge ou votre origine »

explique le formateur, qui a mis entre parenthèses sa propre carrière artistique.
Sa compagnie, Kongo Drama, a démarré un programme de quatre mois intitulé « Refugees on the move », qui allie danse, théâtre et musique dans le camp d’Inke. Situé dans la province de Nord-Ubangi, ce site accueille plus de 16 000 réfugiés de République centrafricaine.


Un réfugié centrafricain répète certains mouvements appris lors d’un cours de danse dans le camp d’Inke, en RDC. © HCR/John Wessels
Le programme est financé par l’ONG française « African Artists for Development » en collaboration avec le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.
Plus de 600 personnes de tous les âges – des réfugiés et des résidents congolais – ont déjà pu participer à différents cours de danse, notamment pour les enfants, de danse contemporaine africaine, de hip hop ou de danses traditionnelles.
Fabrice a démarré ce projet en 2015 au camp de Mole, dans la province de Sud-Ubangi, lorsque l’apparition de tensions et de suspicions entre les différents groupes de réfugiés avait été constatée, explique-t-il. Lorsqu’ils se sont mis à danser ensemble, les tensions ont commencé à se dissiper et les sourires sont revenus sur les visages.

« Lorsque je vois l’effet sur les gens, la manière dont nous pouvons à nouveau inspirer l’envie de vivre et donner de l’espoir à des milliers de personnes, je me dis que c’est sensationnel. »

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