Migrants ou réfugiés ? Crise ou phénomène durable ?


Podcast : migrants ou réfugiés ? Crise ou phénomène durable ?
14 novembre 2018
Alors qu’en 2018 le nombre de migrants en Europe est le plus faible des dernières années, et que l’on ne cesse de parler de « crise des migrants », retour sur un débat à la fois lexical, politique et socio-économique avec trois experts de disciplines différentes.

    1. Maître de conférences en sciences du langage, fellow à l’Institut Convergences Migrations, Université Paris Descartes – USPC

    2. Associate professor, Université Paris Descartes – USPC

    3. Chargé de recherche CNRS, Chercheur associé CERI SciencePo, directeur adjoint Migrinter, Université de Poitiers

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Accueil des mineurs isolés : la France n’assume pas

Enfance. Accueil des mineurs isolés : la France n’assume pas
Jeudi 8 Novembre 2018
Olivier Chartrain
Face à l’afflux de mineurs non accompagnés, certains départements sous pression déploient des stratégies pour ne pas les accueillir. L’Etat, lui, ne se presse pas pour leur en donner les moyens.
Des mineurs, adolescents dont la majeure partie est âgée de 15 ou 16 ans, jetés à la rue par ceux-là mêmes qui sont chargés de les protéger. Cela se passe aujourd’hui, en France, au mépris de la loi et des textes internationaux – en particulier la Convention internationale des droits de l’enfant – que notre pays a pourtant signés, s’engageant à les respecter. Où ça ? Un peu partout, et très probablement près de chez vous. Qui sont-ils ? Ceux que la terminologie officielle désigne sous le nom de « mineurs non accompagnés » (MNA), après les avoir longtemps appelés les « mineurs isolés étrangers » (MIE). Autrement dit, des jeunes – des garçons, à plus de 95 % – qui quittent leurs pays pour fuir la guerre, la misère, l’errance et, au terme de parcours particulièrement traumatisants, arrivent en France.


Dans un contexte très difficile pour les mineurs isolés qui se trouvent livrés à eux-mêmes, les asso ciations sont souvent leur dernier recours. Mehdi Chebil/Hans Lucas

« Au revoir, il n’y a pas de place pour toi »

Dispensés de titre de séjour, ils ne sont pas et ne peuvent pas être considérés comme en situation irrégulière : c’est leur qualité de mineur qui prime sur toute autre considération, impliquant un besoin de protection et d’accompagnement quand aucun adulte, aucune famille ne les prend en charge. La loi leur garantit de ce fait une égalité de droits avec n’importe quel autre enfant présent sur le territoire français. Il ne s’agit pas seulement de leur fournir un hébergement : outre leur scolarisation, ces adolescents ont souvent besoin d’un suivi sanitaire, voire psychologique. Ils entrent donc dans le cadre du dispositif de l’aide sociale à l’enfance (ASE), laquelle fait partie des missions des départements.
Et c’est là que la machine déraille. Les MNA « sont traités de façon indigne par les institutions qui devraient assurer leur protection », dénonce le collectif Jujie (Justice pour les jeunes étrangers isolés), qui lance une campagne d’alerte sur le sujet (voir encadré). De fait, de très nombreux témoignages, dont certains sont publiés sur le blog créé à cet effet par Jujie, apportent la preuve de la « maltraitance institutionnelle » dont ces jeunes sont victimes.

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