Livre – La voix de ceux qui crient – Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky – p. 69

…/… La désorientation, spatiale et temporelle, traduit la paralysie des diverses temporalités du sujet par le trauma. Il est sorti de son histoire chronologique, celle qui se donne sous la forme de représentations spatiales — passé, présent, futur de la flèche du temps : la « représentation vulgaire du temps, celle d’un continuum ponctuel et homogène », a été littéralement accidentée dans le trauma et n’est plus que désordre.
Le sujet vit dans un passé confondu au présent. Cet irreprésentable limite sa continuité d’être. Ce n’est pas seulement de la temporalité qu’il s’agit, mais également d’une impossibilité d’un éprouvé du temps, d’une durée qualitative du présent. Celle-ci, dans le trauma, se trouve engouffrée dans la dépression et s’abîme dans son immobilité.
La désorientation dont on parle n’est nullement de l’ordre de la confusion mentale, propre à certaines psychoses ou dégénérescences, elle est de l’ordre du trauma. Il en est de même pour un autre symptôme très spécifique : la dissociation. Une partie de l’esprit débordé des patients est entièrement happée par la violence qui a paralysé les réponses émotionnelles adaptées. Le reste fonctionne machinalement dans une réalité que le sujet n’intègre pas et traverse sans en être ? Rien ne vient animer une psyché effractée. La réalité est vécue dans une Forme de dédoublement, comme si le patient n’y adhérait pas…/…

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Editeur : Albin Michel
ISBN : 978-2-226-40259-2
EAN : 9782226402592

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