Activité collective et réélaboration des règles comme ressources pour la santé psychique : le cas de la police nationale  par S. Caroly 


par S. Caroly
Le travail humain
2011/4 (Vol. 74)
Pages : 108
ISBN : 9782130587651
DOI : 10.3917/th.744.0365
Éditeur : Presses Universitaires de France
Pages 365 – 389


Dans le cadre d’une recherche sur le stress dans la police, l’observation des relations professionnelles au sein des collectifs de travail a conduit à nous interroger sur les modalités de construction du métier de policier dans les brigades de Police secours. Dans une approche ergonomique, les causes du stress sont à rechercher dans l’organisation de travail qui crée des imperfections dans la prescription par rapport aux besoins de l’usager et ceux des professionnels. Face aux mutations profondes des politiques publiques et à l’évolution sociale des populations, le travail des policiers se caractérise par des situations critiques dans la relation de service pouvant être à l’origine de tensions. Dans cette conception, les situations de stress sont à interroger du côté des conditions de l’activité de travail, c’est- à-dire des modalités de régulations individuelles et collectives mises en œuvre pour gérer des conflits de buts et les gênes occasionnées par la tâche, et non du côté des fragilités individuelles à gérer les situations de violences rencontrées par les policiers. Le collectif de travail, y compris l’encadrement, apparaît comme une ressource pour réaliser l’activité et préserver la santé de chacun.

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Un mal bien policier – Le « police trauma syndrom »

Force à la loi – Analyse juridique et judiciaire du port et de l’usage des armes par les forces de l’ordre
Laurent-Franck Liénard
Date de parution : 01/05/2009
Editeur : Crépin-Leblond
ISBN : 978-2-7030-0334-2
EAN : 9782703003342
Présentation : Broché
Poids : 0.305 Kg
Dimensions : 14,3 cm × 20,0 cm × 1,5 cm

Le Docteur Beverly Anderson, présidente de l’American Academy of Police Academy, a déterminé une syndrome particulier qu’elle désigne sous l’appelation « police trauma syndrom ».

Selon le Docteur Anderson, le suicide des policiers peut devenir l’extension ultime de ce syndrome particulier.
Au stade intermédiaire, on constate les taux de divorces importants, la violence domestique, l’alcoolisme, les maladies cardio-vasculaires, les cancers et les dépressions, dont la fréquence en milieu policier est alarmante.
Les cinq phases identifiées par le Docteur Anderson correspondent à des stades différents de tentative d’adaptation comportementale par le policier au stress qu’il subit

1)-Le stade initial ou du débutant

Il s’agit du choc initial, qui correspond à la mise en miettes des idées que le policier avait pu se faire sur les gens ou sur le monde dans lequel il évoluait.
A ce stade, et dans ses premières années d’exercice, le policier prend conscience de la réalité du monde dans lequel il vit, de l’injustice criminelle, de la bureaucratie, de la politique et de l’incapacité de mener à bien une lutte efficace contre le crime.

2)-Le stade John Wayne

A ce stade, le policier tente de compenser le choc initial et devient accro à l’adrénaline. Il devient très dur verbalement et physiquement et enfouit ses émotions.

3)-Le stade professionnel de contrôle

Le policier a alors atteint un certain équilibre dans son travail et son « armure » s’est installée. Il se sent totalement hors d’atteinte, dégagé par rapport à la violence qui l’entoure ou à la médiocrité humaine à laquelle il fait face.

4)-Le stade du burnout

Le policier est alors consummé par l’engourdissement émotionnel et la rage. Il devient irritable, fâché tout le temps, il se plaint de tout. Il est incapable de supporter le changement, il se sent victime de tout et de tout le monde et est très susceptible de commettre des violences policières ou d’autres graves fautes professionnelles.

5)-Le police trauma syndrom

A ce stade, le policier a totalement perdu le contrôle. Ce syndrome frappe plus particulièrement les policiers isolés émotionnellement qui vivent l’accumulation de plusieurs évènements critiques non résolus, tels que le décès d’un collègue. Pour le Docteur Anderson, cette évolution est en quelque sorte naturelle et résulte des caractéristiques particulières de la fonction policière. Selon elle, il serait totalement erroné de considérer qu’il s’agit d’une pathologie, ce qui entrainerait un regard critique sur les policiers qui vivent cette expérience, alors même qu’il s’agit d’effets normaux de l’exposition prolongée au stress, qui suppose la mise en place de procédures d’assistance et d’aide afin d’éviter d’aboutir au stade ultime du processus.

Extrait du livre de Maitre Laurent-Franck LIENARD, Avocat à la cour d’appel de Paris, « Force à la Loi »

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Attention à analyser et développer :
http://www.aaets.org/article59.htm
http://ssbec.over-blog.net/article-15720397.html