L’Art -Thérapie m’a guérie de ma dépression

France 3 Nord Pas de Calais a réalisé un reportage sur l’Association Puzzle et ses pratiques thérapeutiques.

Des personnes malentendantes ont demandé une transcription.
Transcription d’Elisabeth Pascual :

Les chemins de la vie m’ont amenée auprès de Colette Larcanger qui est Art-thérapeute.
En fait il y a quinze ans, j’ai été victime d’agressions extrêmement violentes et il s’est trouvé que c’est quelque chose que j’ai complètement refoulé. Le refoulement c’est-à-dire que je n’en avais plus aucune trace, plus aucun souvenir. J’ai fait ma vie, j’ai été pendant 10 ans directrice …, c’est une vie qui me plaisait énormément. En février 2012, j’ai fait une grosse dépression, communément appelé un Burn-out, donc dans un stade assez avancé du Burn-out.

Art-thérapeute : je vais vous proposer aujourd’hui un dialogue coloré, qui est un jeu en fait, quelque chose de très ludique où il s ‘agit de se répondre et de se parler avec les couleurs.

Et un matin je me suis réveillée et je ne savais plus ce que je devais faire. Plus rien à l’intérieur de moi, j’étais dans mon lit et je ne savais plus qu’il fallait que je me lève, je ne savais pas qu’il fallait que j’aille m’occuper de mes enfants, je ne savais même pas qu’il fallait que je descende dans les escaliers, je ne pouvais plus faire à manger, je ne pouvais plus rien faire.

Le dessin c’est quelque chose qui est à l’intérieur. Qui peut être traumatisant et qui à un moment sort. Le fait de sortir c’est déjà un processus en tant que tel et il y a des choses qui se libèrent et des choses qui se révèlent. Déjà il y a la prise de conscience, déjà quelque chose de beaucoup plus tangible dans la souffrance qu’on arrive à matérialiser quelque part et ensuite en observant, en refaisant des dessins, il y a tout un processus qui se met en place et il y a une transformation qui arrive.

Art-thérapeute : qu’est-ce que cela vous évoque ?

Je suis mal à l’aise avec les points, c’est violent.
Le dessin m’a vraiment permis de comprendre que j’étais dans le déni de ma blessure. Et lorsqu’on est en Art-thérapie, on a des consignes, mais les choses viennent de l’inconscient et viennent spontanément. C’est-à-dire qu’on ne projette pas le fait de faire un corps. Il y a des choses qui se sont passées et voilà ce qui a émergé : c’était ce dessin de femme blessée. Je ne l’avais pas prémédité, je ne l’avais pas projeté. Cela veut dire que quelque part il y avait une partie en moi qui avait besoin de s’exprimer là-dessus.

2’28’

Oui, je suis encore dans le corps là, mais avec des parties vivantes, oui, des parties en plus ou en moins.
Et même du coup a commencé un travail sur la reconstruction 15 ans après.

Réparation

Je suis partie du chaos, la blessure, tout ce qui était sombre et souffrant en moi. La marionnette ça m’a permis une mise à distance. C’est-à-dire que lorsque vous construisez, fabriquez une marionnette, vous mettez énormément de vous à l’intérieur. Sans vous en rendre compte. Et ensuite, quand elle…, déjà il y a le fait de la façonner, on part de rien, de bouts de bois, de tissu et il en émerge quelque chose qui est vivant. Et donc, voilà, il y avait ce côté mou qui est à l’intérieur de mon corps qui était mort et que j’ai pu retranscrire dans quelque chose qui était vivant et après quand vous voulez raconter des choses, la marionnette c’est comme une prolongation de vous. Et du coup c’est elle qui parle et non vous. Cela permet de raconter des choses, de les sortir, ce qui peut être extrêmement difficile quand on est en situation de blocage tout en se protégeant un peu.

L’Art-thérapie m’a plus qu’aidée, je pense qu’elle m’a sauvée et qu’elle m’a permis de faire ce chemin. Et de me reconstruire par rapport à mon corps et de sortir du Burn-out.

Aujourd’hui je vais bien. Mon avenir je le vois prometteur.
Drepression

Livre – Le jour où j’ai mangé mon flingue – Pourquoi policiers et gendarmes se suicident

Le jour où j’ai mangé mon flingue – Pourquoi policiers et gendarmes se suicident
Alain Hamon
Date de parution : 08/10/2015
Editeur : Hugo doc
ISBN : 978-2-7556-2246-1
EAN : 9782755622461
Présentation : Dos carré collé
Nb. de pages : 261 pages
Poids : 0.375 Kg
Dimensions : 15,0 cm × 22,0 cm × 2,1 cm

Résumé

« Ce dont je me souviens c’est du goût de mon arme dans ma bouche. On se souvient toujours de ce goût. Il est resté ».

Le témoignage de cette jeune femme flic est glaçant. »Manger son flingue ». A l’origine, l’expression est apparue dans la littérature policière américaine ces dernières décennies. Harry Bosch, le héros récurrent du maître du polar Michael Connelly croisait souvent des policiers qui finissaient, pour une raison ou pour une autre, par se donner la mort avec leur arme de service.
En France, le blues des flics n’est pas nouveau.
• En 1997, un article du Monde évoquait déjà les dérives de certains policiers qui choisissaient le suicide plutôt que le harcèlement moral de leur supérieur ou, à tout le moins, la charge de travail trop lourde à supporter.
• L’année 2014 a atteint des records avec la mort volontaire de 55 policiers. Et les gendarmes ne sont pas en reste !
• En 2013, vingt trois d’entre eux s’étaient suicidés.
• En avril 2015, le plan Vigipirate et son lourd dispositif faisait virer au rouge la situation des policiers Français.
Dans les Compagnies républicaines de sécurité (CRS) la révolte gronde. Dans certaines régions les gardiens de la paix affectés en CRS expriment leur ras-lebol avec la seule arme qu’ils ont, puisque leur statut spécial leur interdit le droit de grève : l’arrêt maladie. Des dizaines de policiers se font porter pâle.
Certains sont au bord du burn-out et de l’irréparable. Des décennies durant, l’administration et les ministres de l’Intérieur qui se sont succédés à la tête de la police française ont préféré, à chaque suicide de policier (et de gendarme) mettre en avant des « problèmes personnels ». Manuel Valls aura été le premier à évoquer la relation entre les rudesses du métier, celle de certains responsables de la hiérarchie et les vagues de suicides toujours plus préoccupantes au sein des forces de l’ordre.
Il en profita pour dénoncer la politique du chiffre instaurée par Nicolas Sarkozy, politique qui n’a jamais vraiment été abandonnée dans les commissariats et les différents services de police. D’où le malaise de plus en plus profond dans les rangs des exécutants. Bernard Cazeneuve, qui a succédé a Manuel Valls, a lancé un « plan antisuicides » en janvier 2015. Mais il n’a pas mis fin à la politique du chiffre, même s’il s’en défend.
Et surtout, contrairement à son prédécesseur, il rechigne à mettre en cause certains membres de la hiérarchie policière, désignés comme les réels responsables du mal-être des policiers.


Biographie d’Alain Hamon

Ce grand reporter spécialisé police-justice (entre autre pour I Télé, Zone Interdite, Envoyé spécial) est déjà l’auteur de plusieurs ouvrages dont Dossier P…comme police, éditions Alain Moreau 1983 ; Action directe, du terrorisme français à l’euroterrorisme, Le Seuil, 1986; et plus récemment Police : l’envers du décor, J.C Gawsewitch, 2012.

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