Violences faites aux femmes : « mettre des mots c’est le chemin de la guérison »

Logo-Ariegenews2 octobre 2015

Le département de l’Ariège en est à son cinquième plan de lutte contre les violences faites aux femmes, même si les choses avancent, notamment en matière de formation des professionnels susceptibles d’être confrontés dans leur pratique aux victimes et auteurs de violences sexistes, viols, les chiffres sont là pour nous rappeler la triste réalité : en 2013, 282 victimes de violences conjugales se sont adressées aux différents services d’accueil du département, 47 déclarent avoir porté plainte.
Des faits inacceptables comme l’a souligné Norbert Meler, maire de Foix dans son discours d’accueil.
« Au-delà des violences faites aux femmes, c’est un problème de discrimination (…) Et d’aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, la lutte contre les discriminations a été portée par des gens courageux tels qu’Olympe de Gouges, Louise Michel, Simone Weil ou Élisabeth Badinter. Avec humilité, modestie, vous vous inscrivez dans les pas de ceux qui ont la volonté d’améliorer l’homme et la société ».
Marie-Christine Carrié, directrice de la DDCSPP a rappelé les actions impulsées par le gouvernement pour lutter contre ces discriminations : « C’est un combat de tous les jours. Il s’agit du respect de l’égalité et à l’accès à l’ensemble des droits des femmes. La constitution est le socle de notre action, elle doit être au cœur des débats que nous portons. (…) La mobilisation et la solidarité du réseau montrent la détermination des professionnels sur ce sujet »
Depuis de longues années, la mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité animée par Nicole Surre travaille avec les référents départementaux et organise un certain nombre d’actions sur les différents territoires.
À la veille du 25 novembre, date de la journée internationale contre les violences faites aux femmes, plus de 200 personnes (des professionnels issus du secteur médical, associatif, social, éducation, animation, police, gendarmerie… etc.) confrontées dans leur pratique professionnelle à cette problématique ont assisté à la conférence du Dr Muriel Salmona*, sur les conséquences psycho-traumatiques des violences.
« En Ariège, les professionnels sont habitués à ce rendez-vous annuel, explique Nicole Surre qui organise cette conférence en partenariat avec le centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF).
Après le psychiatre Roland Coutanceau c’est la psycho-traumatologue Muriel Salmona, car nous avons pour objectif de monter le niveau de formation et de connaissance, de donner à nos partenaires les outils pour repérer les victimes et les prendre en charge de la meilleure façon possible.
Notre conférencière mène un gros travail auprès des victimes de violences conjugales, de viols, d’agressions sexuelles. 90% de ces victimes sont en état de stress post-traumatique.
Elle va nous expliquer ce dont il s’agit, les conséquences que ce stress entraine dans la vie de ces victimes, dans leur comportement (comportement d’évitement, de transgression, à risque).
Le stress post-traumatique est difficilement repérable, c’est un phénomène au niveau du cerveau qui génère des hormones particulières (hormones du stress) ayant des incidences psychiques, physiques sur le comportement.
Elle parle aussi des auteurs qui pour certains sont d’anciennes victimes qui n’ont pas été traitées. D’où la nécessité d’être formé pour repérer ces comportements pour comprendre le traumatisme des victimes.
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Film – Une histoire banale

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08.04.2014 à 09h18 • Mis à jour le 09.04.2014 à 09h09
Il était une fois une jeune cinéaste, très en colère parce qu’elle n’arrivait pas à monter un film sur les femmes en prison. Un beau jour, elle décide de passer à l’acte. Rien d’illégal, rassurez-vous. Juste l’expression d’un ras-le-bol total, une envie irrépressible de faire du cinéma, envers et contre tout.
Elle a déjà deux longs-métrages à son actif (Regarde-moi, en 2007, et Toi, moi, les autres, en 2011), mais rien n’y fait, son projet n’intéresse personne. Pis : il semble effrayer les producteurs. « Alors, un jour, raconte-t-elle d’une voix très douce, la cocotte a explosé. Tout simplement. » Une semaine plus tard, elle avait écrit un nouveau scénario, l’histoire d’une femme qui se fait violer.
Mise en place ensuite de la technique « du pauvre » : une équipe de bénévoles, tout le matériel prêté, 8 000 euros collectés sur Internet pour la régie, un mois de tournage, montage, mixage… Et voilà à présent Une histoire banale – pas si banale que cela, on l’aura compris – en salles. Trente copies environ, cinq à Paris aux dernières nouvelles, les autres en province, un chiffre tout à fait étonnant étant donné…