Une analyse de la structure en réseau des symptômes de #PTSD chez l’enfant et l’adolescent

Une analyse de la structure en réseau des symptômes de #PTSD chez l’enfant et l’adolescent
The Network Structure of Posttraumatic Stress Symptoms in Children and Adolescents Exposed to Disasters
26/07/17
Doi : 10.1016/j.jaac.2017.05.021
Justin D. Russell, MS a, Erin L. Neill, MS, MSW a, Victor G. Carrión, MD b, Carl F. Weems, PhD a, ⁎
a Iowa State University, Ames
b Stanford University School of Medicine, Stanford, CA

∗Correspondence to Carl F. Weems, PhD, Department of Human Development and Family Studies, 4380 Palmer, Iowa State University, Ames, IA 50011-4380Department of Human Development and Family Studies4380 Palmer, Iowa State UniversityAmesIA 50011-4380
Abstract
Objective
To evaluate current theoretical assumptions about the nature of pediatric posttraumatic stress disorder (PTSD) by examining the network structure of PTSD in a sample of youth exposed to disasters and testing for age differences. Network analysis provides the opportunity to identify “central” symptoms that might hold an outsized influence over others and are important targets for research and treatment. The authors hypothesized that particular symptoms would exhibit greater influence over others. They further hypothesized marked differences in symptom networks across children and adolescents.

Method

Participants were 786 youth 8 to 13 years old (children) and 14 to 18 years old (adolescents) exposed to Hurricanes Katrina and Gustav who were assessed for PTSD symptoms using the University of California–Los Angeles PTSD Reaction Index for Children. Network models were computed and constructed using the R-package qgraph, which estimates associations between symptoms and forms graphic network models.

Results

Consistent with the hypotheses, the symptom network demonstrated meaningful variability across age, particularly in the strength of associations, and the relative importance of individual symptoms to the network as a whole. Results further demonstrated that symptoms cluster together in a manner that adds a unique perspective to current model conceptualizations.

Conclusion

Network analysis is a potentially important additional conceptualization of psychopathology with related data analytic techniques. Results suggest that PTSD can be characterized as a web of interactions between symptoms. This work illuminates differences in the PTSD symptom network across development, such as the link between numbness of negative affect and amnesia in children, but not in teens, and how the critical symptoms within that network differ across childhood and adolescence. Network analysis could allow the re-envisioning of the nature of this complex disorder with new avenues for research and clinical practice.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Key words : posttraumatic stress disorder, child psychology, network analysis, causal systems, disaster trauma

Plan

Method
Participants
Measurement
Data Analysis
Results
Discussion

This article is discussed in an editorial by Dr. Glenn N. Saxe on page 639.
This research was made possible by a foundation grant from the Institute of Mental Hygiene to C.F.W.
Disclosure: Drs. Carrion and Weems, Mr. Russell, and Ms. Neill report no biomedical financial interests or potential conflicts of interest.

© 2017 American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. Publié par Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

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Le psychiatre Serge Hefez commente les propos polémiques de Gérard Collomb sur le lien entre maladie mentale et radicalisation


Le psychiatre Serge Hefez commente les propos polémiques de Gérard Collomb sur le lien entre maladie mentale et radicalisation. Entretien.
PROPOS RECUEILLIS PAR MARC LEPLONGEON
Publié le 23/08/2017
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Associer les hôpitaux psychiatriques à la détection de la radicalisation
Le phénomène inquiète dans les plus hautes sphères de l’État au point que Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, a proposé, au lendemain de l’attentat de Barcelone, d’associer les hôpitaux psychiatriques à la détection de la radicalisation. Des propos qui font polémique au sein de la communauté scientifique. Dans Le Monde, le psychiatre David Gourion met ainsi en garde contre l’idée selon laquelle les terroristes seraient « essentiellement des malades mentaux ». Aucune donnée ne permet de l’affirmer, écrit-il. Le psychiatre s’inquiète également des « protocoles » évoqués par Gérard Collomb et qui doivent être mis en place entre les ministères de l’Intérieur et de la Santé.

« Serons-nous invités bientôt à remplir une fiche décrivant les symptômes de nos patients susceptibles d’être des fous de Dieu ? D’un point de vue clinique, la plupart des patients schizophrènes en période de bouffée délirante aiguë ont des idées mystiques en relation avec Dieu et la religion. Ceux qui sont d’origine musulmane seront-ils dès lors automatiquement anathématisés ? » s’inquiète-t-il. Pour nourrir ce débat houleux, Serge Hefez, psychiatre et chef de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il mène également une consultation en déradicalisation, a accepté de répondre à nos questions. Entretien.

Le Point : Gérard Collomb veut « mobiliser les hôpitaux psychiatriques pour identifier les individus radicalisés ». Qu’en pensez-vous ?

Serge Hefez : Dit comme cela, c’est très maladroit. Cela ne peut que provoquer une levée de boucliers des psychiatres, lesquels répondent au ministre que leur rôle n’est pas de signaler à la police des gens potentiellement dangereux. Mais la question posée par Gérard Collomb ne doit pas être balayée d’un revers de main. La radicalisation a de plus en plus à voir avec la psychiatrie et je suis convaincu que de plus en plus de profils psychiatriques vont passer à l’acte. Au départ, les recruteurs du groupe État islamique (EI) cherchaient des jeunes plutôt bien structurés n’ayant pas de profil psychiatrique avéré, afin d’en faire des guerriers sur le terrain. Maintenant, la logique s’est inversée : ils veulent faire le plus de mal sur place et le plus rapidement possible.

Voulez-vous dire que le profil des gens qui passent à l’attaque a évolué ?

Oui, ce sont aujourd’hui, de plus en plus, des profils psychiatriques qui ont peu ou pas de relations avec l’EI et qui passent pourtant à l’acte au nom de cette idéologie. Ce sont des gens qui sont déjà dans une structure psychique particulière, et qui vont être convaincus en deux coups de cuillers à pot qu’ils vont obtenir la rédemption en fonçant dans la foule. Attention, cela ne veut pas dire que tous les malades mentaux sont potentiellement dangereux et qu’ils se radicalisent. Mais certains, surtout s’ils ont une pathologie paranoïaque, peuvent être sensibles aux messages véhiculés par l’EI.

N’est-ce pas ce que le ministre de l’Intérieur a voulu dire, lorsqu’il a expliqué qu’un « certain nombre d’esprits faibles qui voient ce qui se passe vont passer à l’acte par mimétisme » ?

Si on enlève cette dénomination « d’esprit faible » qui est là encore maladroite, il est clair qu’il y a un certain nombre de malades psychiatriques qui peuvent passer à l’acte. Le passage à l’acte est quelque chose de contagieux. C’est vrai pour le suicide, c’est vrai pour le terrorisme. La prévention sert à agir à ce niveau-là. Certains malades mentaux peuvent être fascinés par le passage à l’acte, par ce qu’ils voient à la télévision, par les attentats de proximité avec une voiture, une fourgonnette ou un couteau. Tout cela exerce un effet de fascination et peut susciter l’imitation. Une fois que ce constat est posé, que fait-on ? Surveille-t-on plus les malades mentaux ? Les enferme-t-on davantage ? Doit-on les signaler systématiquement aux services de police ? Bien sûr que non. Mais il faut une vigilance particulière des psychiatres sur ces sujets-là et bien avoir en tête que sur la masse des malades mentaux, certains sont plus fragiles vis-à-vis des discours d’embrigadement de type sectaire.

Mais qu’entend-on exactement par maladie psychiatrique ?

Aujourd’hui, on a tendance à englober dans les maladies psychiatriques tous les malaises, vagues à l’âme, dépressions, alcoolisme, jusqu’aux formes les plus poussées de schizophrénie. C’est très confusionnant. Quand on parle de psychiatrie, on parle des personnes qui peuvent relever de l’absence de discernement, c’est-à-dire des personnes qui pourraient relever d’une alternative à la justice du fait de leur pathologie. Ce sont des délires qui troublent tellement leur perception que ces personnes ne sont plus responsables de leurs actes. C’est la fonction première de la psychiatrie : elle sert à déterminer la responsabilité pénale des citoyens afin de les protéger et de protéger la société de ceux qui peuvent s’avérer dangereux.
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