BMP – Le silence de la mort


Je donne ce titre à mon dessin, car quand je ressens ce silence, mon cerveau me donne cette impression d’être vide complètement vide, aucune vie, rien : le néant. Je suis là, mais aucune réaction ne peut se faire et mon corps a froid.
Le silence me rappelle la mort, le noir où on se sent perdu, ce silence qui nous enferme dans notre corps où rien ne peut pénétrer. Ce silence est intégré dans le temps présent et mon corps est collé à lui. Je suis ancrée dans la pièce avec lui et je ne peux pas bouger. Je fais partie des meubles et rien ne se fait. Par moment le vide se fait entendre. Cette situation réellement souffrir.
Après il y a ce silence qui est positif, il nous permet de nous re-concentrer et de réfléchir.
C’est comme si notre cerveau se reposait pour mieux fonctionner.
Le silence peut également nous permettre de mieux ranger dans les différents tiroirs de notre tête des situations que l’on vit, qu’elles soient agréables ou pas. Faire un tri pour permettre à notre cerveau de mieux respirer.
Voilà ce que je voudrais dessiner, représenter : le silence qui par moment me fait mal.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Dans mon esquisse je souhaitais donc faire apparaître le vide, puis cette impression d’être intégrée dans le temps présent avec ce silence, finalement être dans un mur et pour terminer dessiner cette souffrance liée à ce fait.
J’ai donc commencé par dessiner ce corps rempli du silence et bloqué le temps présent, ne font qu’un.
Pas de tête car c’est la situation d’être intégrée dans le temps avec ce silence dans ce corps qui la remplace.
Puis j’ai continué mon esquisse en faisant apparaître cette souffrance donc le corps en bas de ma feuille mais avec cet espace entre mes deux formes. Là c’est le vide qui est retranscrit.
Pour le manteau de mon esquisse, du marron, avec un léger gris-noir, avec une pointe de blanc cassé c’étaient les seules couleurs qui pour moi pouvaient faire apparaître ce silence.
Une touche de couleur rouge pour faire le fond du haut de mon dessin, pour exprimer ce côté du néant.
Et pour le corps j’aime me servir de mes crayons de papiers car je peux jouer avec les nuances de gris, gris qui peuvent même me conduire à la limite du noir.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Peinture aquarelle.
Crayons HB, 3B, 8B.
Crayons de couleurs pour les finitions.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En observant mon dessin, une envie de violence a vite traversé mon cerveau et a disparu aussitôt.
Il y a un effet apaisant qui m’attire quand je le regarde, pourtant une sensation d’être ensevelie est présente, avec une impression de glisser du haut.
Pas d’angoisse mais je ne suis pas sûre.

BD – Les silences

Les silences, mes silences pour éviter les histoires que je ferais comme à chaque fois, pour éviter aussi que monsieur le grignoteur Grrr grr ou autres personnalités se faufile partout, les prises de sédatif, les convulsions et les dissociations ; le tout réuni, ça fait vraiment pas bon ménage, pas le pied pour moi. C’est l’enfer je dirais. Je ne sais plus ce qui est le plus vivable pour moi pour éviter de hurler à l’intérieur de moi. Je suis à l’intérieur de cette prison qui est ma tête.
Me réveiller en sursaut, mouillée de sueur car je me vois dans une marre de sang en pleine nuit dans ce lit à moitié endormie c’est l’horreur. Je veux me lever pour fuir les cris qui sont trop lourd sur moi mais je n’y arrive pas. Mes yeux sont trop lourds pour les ouvrir. Je suis encore plus terrorisée. Car je voudrais voir toucher ce sang : il est tellement réel dans mes flashs que je voudrais savoir s’il existe. Je passe ma main sur ce drap et je sens cette humidité comme je suis effrayée Le mot folie est suspendu a mes lèvres. Je n’ose plus faire un geste et bouger ce corps. Le mot folie est là trop fort comme le mot pendu concernant mon « père » venant de la bouche de ce psychologue de la DASS. Pourquoi il apparait lui dans ma tête à ce moment là ? Pourquoi je me revois dans ce fauteuil devant ce psychologue ne sachant pas expliquer ce que je peux ressentir devant. L’annonce de la mort de mon « père ». Comme je suis désolée. Je suis sans cœur, j’aurais du pleurer comme toute petite fille à qui on annonce la mort de son « papa ». Les mots que j’ai entendus sont : « voilà ce que tu es capable de provoquer ! »  à la sortie venant de mes mères. Et jamais on a reparlé de mon changement de nom. Mais lui est toujours là dans cette caboche JAILLET. Pourquoi il ne s’en va avec mon « géniteur » dans sa tombe.
La deuxième fois que j’ai re-entendu : « voilà ce que tu es capable de faire ! » c’était la à la mort de ma première « mère nourricière » par mon parrain que lui avait dit mes « mères nourricières » ? lui est mort quelques mois après…
Mais dans ma tête ce matin je me dis : oui Béatrice tu es capable de cela ? Du tuer ? De faire autant souffrir ? De faire couler les larmes ? Comme ça me fait souffrir. Pourquoi c’est comme ça ce matin ? Pourquoi ces souvenirs remontent 🙁 je voudrais les enterrer définitivement.