BMP – Quatrième étape du deuil – La tristesse sans la culpabilité


« La tristesse dans ma tête sans la culpabilité ».
Je continue sur ma lancée concernant l’émotion de la tristesse en moi. Le but, et ça je l’ai bien compris, c’est que je dois la faire évoluer dans le bon sens et je dois aussi ressentir cette tristesse sans être accompagnée par cette culpabilité. Mais je dois aussi faire comprendre à mon cerveau qu’il doit apprendre à regarder autrement sans se refermer immédiatement à cause de la frayeur et de la honte.
Ce mot tristesse, lié à la disparition de l’atelier me renvoie aussitôt la phrase : « je veux disparaître, je veux qu’on m’oublie, je dois laisser ma place, je ne dois pas être étouffante, je dois laisser les autres faire comme ils le veulent, les laisser respirer. »
Cette phrase je ne la sens pas comme négative. Je me dis : voilà la situation a tourné depuis le début, par rapport à ce que j’avais proposé, pour un tas de raisons, mais je n’en suis pas forcément responsable. L’important c’était de l’avoir proposée, d’avoir fait le pas, d’avoir osé. Cela je l’ai fait, maintenant  je dois laisser respirer les autres personnes et je dois continuer mon chemin tout en laissant faire les choses ; tout en observant.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc pour cette esquisse, je voulais représenter ce côté positif d’avoir proposé une idée, et cela je l’ai traduit par ce grand visage, qui représente la personne qui a fait et dit. (proposition de partage)
Puis j’ai continué en représentant cet autre visage de profil au centre de ma feuille, de mon dessin mais en beaucoup moins grand avec cet œil qui s’efface de plus en plus du présent. Cela veut faire comprendre que la situation a changé et que je me retire doucement de cette proposition pour finir en boule, ce que j’ai fait apparaître en bas de ma feuille. Le deuil est présent.
Pour concevoir le manteau en aquarelle, dans ma tête je voulais du rouge et encore du rouge et du gris. Je voulais jouer avec les deux couleurs en faisant apparaître un léger dégradé dans son ensemble.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayon aquarelle rouge + eau et un petit pinceau. Crayon HB, 2B, 9B.

Qu’avez-vous ressenti ?

• Dans ma tête les souvenirs de mon passé, en particulier mon amour de l’éclosion des roses dans le jardin où je faisais mes corvées et mon désarroi quand un matin j’ai découvert que tous les boutons avaient été coupés. Et surtout les rires des mères, elles avaient tué ce qui m’accompagnait tous les jours, ce tout petit moment précieux pour moi. Elles m’en avaient amputée, elles me l’avaient volé, elles l’avaient détruit.
• Je me faisais cette réflexion : mais qui a-t-il de mal à observer la nature naître, à regarder quelque chose de beau ? Pourquoi me punir pour autant ? Je n’y trouvais pas de réponse, et il n’y avait rien de logique dans cette punition, mais de la méchanceté.
• J’ai aussi repensé à la langue de mon doudou ours. Elles lui ont coupé la langue… Pourquoi lui avoir coupé la langue ? qu’y a-t-il de mal à vouloir s’exprimer ? Dans mon passé ce nounous était important pour moi. Et lui avoir cousu une nouvelle langue rouge était comme pour guérir une plaie.
• En dessinant j’essayais d’expliquer à mon cerveau que dans le passé il n’avait fait rien de mal et je prenais l’exemple des roses. Observer ce n’est pas mal, au contraire, car on apprend aussi.
• Je voulais aussi faire comprendre à mon cerveau que mon idée de « partager » sur le blogue les ateliers n’avaient rien non plus rien de déplacé ; je lui ai parlé à ce moment-là des mots « partager, laisser trace, sécurité. Ce sont les mots qui se sont présentés à moi.
• Il m‘est aussi encore arrivé de ressentir dans ma tête de l’incompréhension et de vouloir encore en trouver des réponses et de partir en vrille pour finir en mode dissociation.
• Il m’est arrivé aussi de revivre dans ma tête des moments où je devais dire pardon aux mères nourricières ce qui a provoqué une grosse angoisse.
• J’ai donc fait une pause et pour calmer mon angoisse j’ai lu le paragraphe du livre “Gérer la dissociation d’origine traumatique” de la page 331 à la page 345. Je trouvais que ce chapitre m’accompagnait bien sur ce chemin de deuil.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Au premier regard je le trouvais légèrement bizarre, Mais ce qui me faisait du bien c’est que le mot culpabilité ne ressortait pas dans ce dessin et je ne le ressentais pas non plus dans ma tête à ce moment-là précis en l’observant.
Là j’ai réussi à me dire que j’avais fait un petit pas en avant, que je faisais plus du surplace. Le mot victime était moins noir aussi.

BMP – Rejet

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Qu’avez-vous voulu dessiner ?
Je voulais revenir sur le mot rejet, voici un lien où j’avais abordé ce sujet, il date de loin :

BD – Peinture n° 22 – Le rejet

Le rejet, en ce qui me concerne, me donne bien du fil à retordre, ce mot fait mal, il fait prison dans ma tête. Béatrice en tant qu’adulte  comprend ce mot rejet. Par contre quand je suis sujette à plusieurs dissociations de suite, là ce mot résonne dans ma tête comme la mort, à part. Abandon.
Je dirais concernant mes petites personnalités, béatrisse, béaa que ce mot elles l’aperçoivent comme un abandon, car peut-être le vivent-elles dans le passé encore ce mot rejet, elles ne comprennent pas tout etc. Et là ça cause des soucis, car dans la tête de Béatrice quand tout est mélangé, elle voit du rejet  là où il n’y en a pas. Quand mes angoisses sont trop fortes quand elles prennent le contrôle dans mon ciboulot aussi. Alors je fais mes exercices du livre, ou alors je le relis pour comprendre cette situation.

Ce sentiment je l’accompagnerais avec les mots suivants : isolement, accepter et échec.
Il m’arrive de me rejeter moi-même quand je suis face devant beaucoup d’échecs, liés à mes attitudes, écrits, gestes, paroles déplacées ou autres.  Je finis par me dire:  » tu n’es bonne à rien, tu ne vaux rien », mais avec du recul, je réfléchis et repars dans le bon sens.
Le mot rejet peut aussi toucher ma confiance que j’ai envers moi elle se dégrade. « Incompétente, » sort en jet ! Et, j’en reviens à l’estime de moi qui dans ces moments-là descend en flèche.
Il me paralyse ce mot rejet, il m’empêche d’entreprendre, d’oser et de faire, m’engager..

J’écrirais par contre, concernant ce rejet que quand Béatrice est bien là dans le présent, elle le ressent moins dans sa tête, car je sais que je peux écrire même si je n’ai pas de réponse immédiatement, mais je suis lue, entendue et comprise. Mais si les angoisses sont là je ne me rends plus compte de cette situation, je suis partie en vrille. Et là il me faut un déclic pour que ça redevienne normal.

Où sont les dissociations ?
Dans mon dessin il n’y en a pas, de dissociation. Enfin en ce qui me concerne je n’en vois pas.

Comment avez-vous dessiné ?
Tableau réalisé sur feuille de format de 50 x70 cm à grain fin. Pour les finitions crayons. Et Pastel carre tendre.
J’ai utilisé comme matériaux :
Crayon de papier, pour réaliser l’esquisse, gomme et pour le recouvrir, de la peinture aquarelle. Deux pinceaux plats à poils durs, un moyen et un plus gros, En voici les couleurs : Violet , Terre d’ombre naturelle, Gris de Payne, Noir d’ivoire, Blanc de Chine ; Rouge écarlate ; Ocre d’or ;Terre de Sienne brûlée ; Jaune.
Pour dessiner mon esquisse, je me suis arrêtée à la douleur que ce mot rejet me provoquait dans ma tête quand cette situation apparaissait : je suis à part, en boule dans mon coin, je ne suis pas acceptée. Je ne m’accepte pas.
Donc concernant la réalisation de mon esquisse, j’ai commencé par dessiner en premier ce cerveau tenu dans cette main qui elle le serre fort, cette situation représente la douleur, la souffrance, que ce mot peut avoir comme impact me concernant; je finis par me faire mettre en boule dans mon coin, dans cette case, qui elle représente le rejet. Complètement refermer sur moi-même.

Qu’avez-vous ressenti ?
En le peignant, des situations du passé sont remontées, des réflexions , une certaine honte de me sentir coupable. Après ça a un peu diminué, je me répétais en boucle ‘non tu n’es pas rejetée, mise à part « . Je me le représentais ce mot rejet en moins négatif.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?
Il me fait monter l’angoisse de près  quand je l’observe, de loin moins. Je reste sur cette évolution.