BMP – La mémoire de travail !

Une bonne capacité de « mémoire de travail » aide à penser à plusieurs choses à la fois. Dans le jargon du psychologue, cette mémoire à court terme est dite « de travail » pour faire référence à son aspect actif.

La mémoire à court terme :

•La mémoire court terme garde les données présentes à l’esprit, la mémoire de travail les traites (analyse, compréhension, association avec d’autres idées…).
• La mémoire de travail est comme une “usine de traitement” ou un “centre de digestion”.
• La mémoire de travail représente la capacité de manipuler mentalement des informations. Elle est utilisée par exemple lors d’un calcul mental, lors de l’apprentissage des tables de multiplication, lors de l’écoute en classe ou encore quand plusieurs tâches doivent être effectuées en même temps.
La mémoire de travail est constamment sollicitée.
• Lors de la recherche d’une information
• Lors d’un raisonnement
• Lors de la compréhension à la lecture
Pour être performant en mémoire de travail, plusieurs facteurs entrent en jeu :
• la répétition :
– s’entraîner
– faire des exercices dans le but d’automatiser certains apprentissages
• la sollicitation de plusieurs sens :
– s’entraîner à activer la représentation visuelle (regarder un film, une image ou un schéma dans la tête)
– ou sonore (réécouter mentalement) de ce que l’on vient d’entendre, de lire, de voir

La mémoire à long terme :

La mémoire à long terme fait référence à l’information qui peut être maintenue dans le temps et récupérée par la suite. L’information qui entre dans la mémoire à court terme, et qui est maintenue dans le temps grâce à un bon fonctionnement de la mémoire de travail, passe ensuite dans le système de mémoire à long terme et laisse une trace mnésique (un souvenir).
La mémoire à long terme stocke, enregistre, classe et organise les connaissances, les savoirs, les compétences, les souvenirs et toute notre histoire.
APPRENEZ COMMENT FONCTIONNE LA MÉMOIRE :

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Il n’était pas possible que je ne fasse pas un dessin pour accompagner mon texte.
Il n’est pas facile de trouver une forme, mais j’avais trouvé “ma » petite idée, elle devait juste se développer un peu plus.
Pour cela je me suis amusée à faire des liens dans ma tête. Ensuite il me resterait à trouver des représentations, des formes.
• Mémoire, information, le savoir, les compétences, mémorisation = dessiner un cerveau.
• La compréhension de lecture = dessiner un livre
• L’écoute d’une consigne = dessiner une oreille
• Compréhension écrite diverse, réflexion = dessiner un crayon avec une main…
• Représentez la personne qui a des soucis concernant la mémoire du travail ou pas = dessiner un visage.
• Dissociations séquelles post-traumatiques qui expliqueraient aussi le fait des soucis rencontrés dans la vie de tous les jours = forme grise.
Voilà j’avais maintenant mes liens bien précis, après je pense que les finalisations se feront au fur et à mesure.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai commencé par dessiner le cerveau et le visage qui longe celui-ci.
Après ce fut la main qui écrit. Puis j’ai continué en faisant apparaître le livre et la main qui le tient, ensuite a suivi l’oreille et j’ai fini par le grand visage en bas de ma feuille.
Et pour terminer, finaliser mon travail, j’ai rajouté quelques noms :
• Mémoire de travail (cortex frontal)
• Mémoire externe
• Mémoire corporelle
• Enregistrement des informations (hippocampe)
Pour moi toutes ces parties représentent ce qu’il faut pour un bon fonctionnement. Je me dis, que sans tout cela ça ne peut pas fonctionner.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, je ne voulais pas des couleurs très gaies. Je voulais que mon dessin reste sombre. Par contre je souhaitais que chaque idée de mes parties de mon dessin apparaissent, que l’on puisse voir une démarcation entre elles, afin que mon dessin soit compréhensible par rapport à mon idée d’esquisse du départ.

Matériaux utilisés :

Peinture aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Manteau conçu en peinture aquarelle, finitions crayons de couleurs aquarelles. Crayons de papiers divers : HB, 3B.

Que ressentez-vous face à cette peinture aquarelle ?

Ma première réaction c’est le mot original qui automatiquement a parlé dans ma tête, après je ne peux pas dire que je suis vraiment satisfaite de ma forme en général, mais je dirais malgré tout qu’un dessin est là, mon écrit sera accompagné d’un peu de couleur. J’ai beaucoup apprécié de travailler sur ce sujet.

Boris Cyrulnik « La mémoire traumatique »

Boris Cyrulnik « La mémoire traumatique »
Mercredi 1 novembre 2017
par Florence Lopes Cardozo
Publié dans Regards n°871 (1011)
Humain, limpide, Boris Cyrulnik explorera, ce mardi 21 novembre 2017 à 20h au CCLJ, la « mémoire traumatique », de ses souffrances emprisonnantes aux plus douces libérations.

Les sujets sont-ils généralement conscients de leur mémoire traumatisée ?

Oui, bien sûr, puisque le sujet est fasciné par son problème, par son traumatisme. Il est même hyper conscient. On dit que la mémoire est « intrusive », c’est-à-dire qu’il ne pense qu’à ça : tout ce qu’il perçoit de banal dans la journée évoque la mémoire de ce qui lui est arrivé. Et la nuit, ça lui revient sous forme de cauchemars. C’est-à-dire qu’il est prisonnier de sa conscience, de sa mémoire passée, il ne peut penser à autre chose, il ne peut pas penser à travailler, pas plus qu’à s’amuser.

Peut-on parler de transmission ?

Celui qui souffre de mémoire traumatique transmet son comportement étrange : il est prisonnier de son passé et n’est pas adapté aux relations avec ses amis, avec sa famille. On a du mal à se coordonner avec lui parce que, comme nous l’évoquions, il a perdu la liberté de penser. Il ne s’adapte plus à son contexte et cela instaure une difficulté relationnelle.
Par ailleurs, quelqu’un qui n’a pas été sur le terrain, et qui se représente le traumatisme d’une personne qu’il aime, peut très bien souffrir d’un traumatisme qu’il n’a pas subi.
Un exemple : des travaux ont été faits sur des jumeaux pendant la guerre du Vietnam. Il a été observé que lorsqu’un jumeau allait au combat, très souvent, le jumeau qui n’y avait pas été souffrait plus de traumatisme que celui qui l’avait vécu, il présentait l’équivalent d’une mémoire traumatique, ne pensant qu’à ça, prisonnier de ce qui s’était passé.

La mémoire traumatique présente-t-elle les mêmes symptômes selon que le trauma se passe dans l’enfance ou à l’âge adulte ?

L’enfance, c’est le moment de l’hyper mémoire. Il peut y avoir des traumatismes sans mémoire ou des mémoires sans souvenirs. Prenons le pire des traumatismes, celui qui délabre le plus : la carence affective, la carence sensorielle où les neurones ne sont plus stimulés et finissent par s’atrophier. L’enfant n’a pas conscience du traumatisme, mais il a de grosses altérations de la mémoire et des émotions. Beaucoup d’entre eux deviennent soit hyper violents, et on ne sait pas pourquoi, soit complètement indifférents, plus rien ne les fait vibrer. Il s’agit alors d’une mémoire traumatique, sans souvenirs, du fait que le cerveau est très altéré par la privation sensorielle. Ce constat clinique, on peut le mesurer aujourd’hui en neuro-imagerie. Chez les adultes, par exemple des femmes agressées sexuellement ou des hommes qui ont connu des situations effrayantes, nombreux sont ceux qui présentent un cerveau éteint, sidéré. On l’observe aussi en neuro-imagerie : le cerveau est gris. Il a juste de quoi consommer un peu de glucose un peu partout et on ne voit plus les variations de couleurs que l’on voit d’habitude. Ces « coups » provoquent des sortes d’amnésies traumatiques, des trous de mémoire qui correspondent au traumatisme. Mais la plupart du temps, c’est le schéma que je vous ai proposé précédemment, de l’hyper-mémoire, qui prédomine.

Toute mémoire traumatique peut-elle devenir « saine » ?

Oui, c’est le principe de la résilience, c’est-à-dire que si avant le trauma, les gens ont été vulnérabilisés par un isolement précoce, ils seront faciles à traumatiser. Ceux qui ont été sécurisés au cours de leur petite enfance recevront eux le coup, mais seront plus difficiles à traumatiser. Et, en revanche, si après le trauma, les gens sont laissés seuls et livrés à eux-mêmes, ils auront très peu de chance de déclencher un processus de résilience. A l’inverse, s’ils sont soutenus affectivement et verbalement, et si l’on cherche à comprendre ce qu’il leur est arrivé, il y aura un processus de résilience et la mémoire traumatique pourra s’effacer. Ce qui ne veut pas dire qu’on va oublier le trauma. On va reprendre une mémoire saine, c’est-à-dire évolutive, et on va pouvoir se remettre à vivre, avec le trauma, dans le corps, dans le cerveau et dans la mémoire et, le cas échéant, faire quelque chose de ce trauma, comme, par exemple, écrire, parler, échanger ou s’engager dans une association.

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