BMP – Un corps en tuyauterie avec sa tête


Les enfants maltraités gardent des connexions neurones altérées

« La myélinisation des axones a principalement lieu au cours des deux premières décennies de vie. »

Quand je lis ceci ça me fait penser à des fils de couleurs différents et à des plombs qui sont reliés entre eux pour fonctionner. Et s’il manque soit un fil soit un plomb ça fonctionne de travers, le courant passe mal et ça peut disjoncter.

Un dessin suite à mon commentaire.
Déjà dans ma tête, bien que cet article aborde un sujet « grave » cette idée que s’il manque un fil ou un fusible, tout va de travers, j’en ai parlé avec ma petite dernière et nous avons un peu déliré là-dessus

Cet article, explique bien les séquelles d’une maltraitance prolongée, et comme je l’ai dit il faut en être conscient. Il faut dire haut et fort que cela provoque des dégâts sur un enfant et que cela joue sur lui adulte. On doit sortir du déni, mettre en garde, prévenir. C’est une démarche qui devrait permettre de prévenir ces séquelles si importantes par la suite.

Mais cette idée de dessin de tuyauterie m’amusait, et c’est ce côté-là que je vais conserver pour mon esquisse.
Dessiner comme j’aime une forme bizarre avec un côté rigolo, peut-être enjoué !

Comment avez-vous dessiné ?

J’avais mon idée je devais juste la mettre sur ma feuille, et mon premier coup de crayon a été pour les chaussures, je voulais que tout mon dessin ait cette pointe d’originalité.
Puis j’ai continué mon esquisse, en montant le corps un peu comme un panier, avec ces espèces de branchement des tuyaux bizarres.
Puis j’ai terminé par la tête, avec ce cerveau dans une bulle, limite extraterrestre en forme d’ovni. Toujours avec ces tuyaux, ces fils branchés à ce cerveau.
Pour le manteau aquarelle, là je voulais de la couleur, je voulais aussi faire ressortir aussi quelque chose de doux, grâce au mélange.
Pour la disposition des couleurs, je les ai mises en place juste à l’endroit où je voulais les mettre et j’observais l’effet que cela produisait.
Mais je voulais aussi garder ce côté extraterrestre, mystérieux, dans le manteau aquarelle.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayon aquarelle aux pinceaux.

Qu’avez-vous ressenti ?

Dans ma tête, je sentais ce côté gamine : « je veux m’amuser, et laissez-moi plonger dans mon délire ».
Bon, je pense que je me suis un peu, légèrement, perdue dans le manteau des tuyaux mais je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite, je ne l’ai vu qu’à la fin de mon aquarelle. J’avais aussi envie d’y rajouter une petite pointe de délire dans ce tableau.
Ce dessin m’a fait penser aussi à cette passoire que j’avais dessinée, qui me représentait bien, ce côté humour qui en ressortait, comme ce dessin avec ce côté : « je suis en colère. » Mais qui b’en est rien.

J’ai eu aussi quelques difficultés avec ma main droite, avec cette douleur qui s’est vraiment installée dans les doigts de ma main droite, avec une perte de force.
Mais bien que je me soie perdue dans ma tête, je me suis amusée.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je dirais que j’aime son expression, ce côté “oui c’est moi,  j’arrive : planquez-vous », ce côté à la limite en colère mais qui finalement ne l’est pas, le côté cœur tendre. Je l’imaginais en train de marcher, bref ça ma fait sourire.
Mais je garde le côté sérieux concernant cet article, il faut rester conscient des séquelles graves qu’un enfant garde même en grandissant. Même sous ce tableau où le côté, je disjoncte en m’amusant ressort.

BMP – Trou dans mon ventre


J’ai du mal avec la ‘Tuerie de Tours », avec ce fusil, qui me renvoie à mon géniteur. J’ai du mal à aller sur ce boulevard, je dois trouver une solution pour digérer encore plus tous ces événements.
Mais voilà, dire ou écrire en me disant que cela suffit pour que ça aille mieux, ça je peux le faire, mais hélas la réalité est toute autre dans ma tête, car c’est à mon cerveau de faire cet effort pour aller mieux, de comprendre que comme on me l’a si bien dit que « c’est du passé », que je ne risque rien, sauf que même si mon cerveau veut aller mieux, ce n’est pas si facile, ni si simple.
Je n’ai pas encore trouvé comment faire pour éviter que ces souvenirs, ces situations qui surgissent dans mon cerveau.
Comment expliquer à mon cerveau qu’il doit aussi fonctionner autrement.
Qu’il faut qu’il écoute les conseils qu’on lui donne, qu’il puisse comprendre ce que Béatrice essaie de lui faire comprendre aussi.
Oui ce n’est pas si simple de gérer tout ce qui se passe dans nos têtes, car comme je l’ai déjà écrit, on n’a pas toujours la main sur ce qui se passe en nous, y compris sur le mode de fonctionnement.
Donc pour en revenir à mon dessin, j’avais expliqué à Emmanuelle, ce que je ressentais en moi : « ce trou dans mon ventre “, car c’est cela qui se passe pour moi en ce moment et elle me propose de le mettre sur papier, afin que ce mal-être diminue un peu. Du moins moi c’est ce que je perçois, car effectivement quand je dessine un mieux est là.
Donc en ce moment, je ressens de la frayeur, de la peur pour sortir de chez moi, et ce trou dans mon ventre, comme si on m’avait tiré dessus, avec un gros calibre et que ça a fait exploser tout l’intérieur de mon corps.
Il y a aussi ce côté dissociation qui est là, cette situation d’être là spectatrice, d’être en haut et de voir ce trou en moi, tout comme ce sang. Et de disparaître car la douleur est trop violente. Béatrice elle ressent réellement cette douleur, pourtant elle n’a pas de trou dans son ventre. Mais pourtant le traumatisme est là ! Et d’où sort-il celui-ci ?
À quoi correspond t’il vraiment ?
Pourquoi Béatrice ressent-elle cela en elle ?
Oui il y en a des questions, oui, il y en a des réponses à donner, mais c’est tellement compliqué ?
Donc pour mettre à plat sur feuille ce mal être, je devais avant tout réfléchir pour savoir comment je pouvais faire ressortir ce que je ressentais moi dans ce corps, en évitant de me dissocier. Et ça ce n’est pas toujours gagné, donc j’ai quand même essayé.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai donc commencé à dessiner en premier le côté dissociation, en représentant les bras difformes, pas à leur place, les seins très hauts par rapport à la place habituelle où ils devraient être.
Puis j’ai continué en dessinant ces mains qui représentent la peur, la frayeur. Je me suis dit : là c’est dans la position des mains que ce mot « frayeur » pouvait ressortir et être compris.
Et j’ai ensuite continué mon esquisse, en dessinant ce trou dans mon corps, cette situation que je ressens, et qui est tellement présente que je crois vraiment que ce trou est là.
Pour la réalisation du manteau de mon esquisse, seuls le noir et le gris pouvaient être présents dans mon tableau, ainsi que cette touche de rouge pour représenter ce sang qui coule.
Dans ma tête, c’était impossible de mettre de la couleur, même sombre.

Matériel

Dessin réalisé sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les crayons 4B, HB, 2B.
Pastels secs.

Qu’avez-vous ressenti ?

J’ai eu cette douleur au niveau du ventre qui était là, elle était réelle. Et pas dans ma tête. Et c’est cela que je me disais qu’il faut entendre aussi. Mais je me disais : non Béatrice tu n’es pas folle, car ça aussi on pourrait avoir des doutes.
Des images sont venues violemment m’envahir, ainsi que ces moments de blanc, moments où je me suis sentie, comme coupée en plusieurs morceaux dans ma tête.
J’ai ressenti cette frayeur qui m’a poussée à me dissocier et me retrouver dans la chambre, complètement vidée et perdue.
A ce moment là je devais absolument faire deux exercices du livre « le toucher et la respiration ».
Il y avait aussi la sensation d’une immense solitude, personne pour m’aider, personne pour être avec moi, mais cela a diminué doucement.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon tableau, je me suis dit que j’aimerais pouvoir me transporter en lui, pour savoir si cela représente bien ce que je ressens.
Je ressens moins d’angoisse en moi, mais même si le reste est compliqué dans ma tête, la frayeur est un peu moins forte.