BMP – Un « corps rond », « un corps boule »

Je ressens de la colère devant des situations : au sujet de mon opération, et de ce qui se dit aussi. Et je sais que cette colère ne va pas m’aider, et qu’elle risque de ne rien apporter de positif.
Mais pourtant, je réfléchissais à la manière dont je pourrais en dessin représenter cette colère dans le « bon sens », afin de pouvoir prendre du recul et apaiser cette situation dans ma tête.
Maintenant il est certain que dans ces moments-là, ma première réaction est de me mettre en boule, et parfois même je boude, rumine dans mon coin, mais est-ce que finalement ce n’est pas normal ?
Mais là dans ma tête je me suis dit, que si je réalise un dessin ce n’est pas pour rester dans mon coin, mais que cela va m’aider justement à en sortir, pour trouver finalement quelque chose de calme et d’agréable pour remplacer ce mal-être qui est finalement destructeur pour moi dans cette tête. Voilà c’était cela mon idée.
Remplacer par du bien, panser ce qui me faisais mal en moi. Peut-être aussi pour éviter de partir en vrille dans ma tête et finir par une dissociation car ce mal-être aurait provoquer un cour circuit en moi. Alors pourquoi pas éviter cette situation par des moyens apaisants, donc me mettre à dessiner.

Comment avez-vous dessiné ?

Pour la réalisation de mon esquisse, j’ai commencé par poser mon point de départ. Il s’agit de ce rond au centre, qui représente un espèce d’appui qui me permettrait de ressentir ce présent. C’est comme lorsque l’on pose ses pieds bien à plat sur le sol pour ressentir l’appui donc aussi le présent. Et bien la réalisation de ce rond, de cette boule c’est cela, que je voulais faire : un appui.
Puis j’ai continué mon esquisse en formant le corps avec un dos juste arrondi. Comme pour rechercher une position de calme et de détente, mais pas pour me renfermer, car ce n’était pas mon idée. Juste être là dans une position qui me permettrait de pouvoir prendre du recul devant ces situations qui me fond mal.
Pour la réalisation de son manteau, malgré le côté calme que je recherchais, il n’y aura pas de couleur. Sur le moment j’étais sûre dans ma tête qu’utiliser différents crayons permettrait de faire ressortir le bien-être.

Matériaux utilisés :

Dessin réalisé sur feuille dessin, aquarelle de format de 36cm x 48cm.
J’ai utilisé les crayons HB  et crayon graphic 6B, 9H.

Qu’avez-vous ressenti ?

J’ai canalisé mon attention sur ce dessin, je me disais que cette canalisation serait plus forte que mon mal-être.
Mais je me suis aperçue aussi que les mauvaises habitudes, on ne les perd pas si vite que ça !
Dans ma tête il y avait cette partie de moi qui était là à me taquiner pour que je me mette réellement en boule pour que personne ne puisse me voir, me faire oublier des autres. Cette culpabilité.
Je me suis battue pour faire face à cette envie, mais ça finit en dissociation. Pratiquement de la bienvenue, car j’ai pu ensuite finir mon dessin calmement.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin j’ai cette impression que finalement cette colère ressort par le corps sans faire de dégâts.
Dans ma tête quand je regarde ce dessin, ça circule bien.

BMP – Recoller mon cou avec mon corps

Je voudrais me recoller le cou avec ce corps qui est le mien. Oui c’est une « drôle » de réaction et une drôle de réflexion certes mais c’est ce que je voudrais faire.
Il n’y a plus de connexion « normale » entre ma tête et ce corps, entre ce cou et ce corps. J’ai cette impression qu’un détachement a eu lieu entre les deux parties depuis mon opération, alors que cette partie ne devrait représenter qu’un morceau. Je veux dire un corps entier, le début de ce morceau la tête et la fin qui sont les pieds.
Parfois même, je me demande si quand je mange la nourriture ne s’arrête juste au niveau de ma cicatrice, qu’elle n’arrive pas aller au-delà, au niveau de ce cou. Et qu’après c’est un mur qui se dresse. Comme un interdit qui surgit pour dire rien ne doit circuler après, rien de doit aller circuler dans ce corps. Mais que tout doit rester dans ce haut de ce visage, dans la bouche quitte à cracher quand ça coince quand l’étouffement est là, afin d’éviter un bouchon, un déraillement.
Pourtant dans ma tête, la réalisation d’une esquisse en mouvement était présente. Comme pour me dire : rien n’est en arrêt ou mort. Que malgré les difficultés que je rencontre, ça bouge et rien n’est en mode stop, mais simplement en mode cour-circuit, et déraillement.
Cette situation me fait penser au mot « réapprendre ». Réapprendre à refonctionner convenablement. Réapprendre à avaler, à parler, à boire, à manger, à tousser, à me tenir convenablement avec ce corps, à repirer convenablement. Comme une nouvelle naissance. Je dois réapprendre tout.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai commencé mon esquisse par la réalisation du visage, de ce bout de main qui est là, mais je ne sais pas trop pourquoi. Comme pour éviter de faire un deuil je pense. Le deuil qu’une séparation définitive entre ce corps et la tête. Car l’opération a crée une séparation entre le cou et le corps.
Puis j’ai continué par dessiner le reste du corps, mais en morceaux. Pour moi le corps fonctionne mal donc des morceaux correspondaient bien à la situation, je voyais ce corps ainsi au moment de la réalisation de mon esquisse. Un peu aussi ressemblant au mot « dissociation ».
Pour la réalisation du manteau, aucune couleur. A part cette touche de rouge. J’ai juste joué avec le degré de la couleur grise avec mon crayon. Je parle du ponçage avec mes doigts.

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les crayons graphic suivant : 6B, 7B.

Qu’avez-vous ressenti ?

Parler de ce sujet me met mal à l’aise, une gêne est là. Mais il y a aussi une forte angoisse, et frayeur devant cette situation. Il y a aussi ce côté à allez mieux, mais aussi j’ai la trouille de la suite.
Pour les moments d’angoisses fortes, j’ai lu le livre : « gérer la dissociation d’origine traumatique », à la page 40, 41. Cela me permet de revenir dans le présent et de ne pas oublier les divers exercices que je peux réaliser dans les moments difficiles.
J’aime bien faire l’exerce « du toucher », cela me permet de ressentir quand la sensation du toucher est difficile parce qu ‘elle est due à une crise de dissociation forte.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Une partie de moi voudrait plus de noir, le mot deuil est là, mais ce mot me rend dingue en ce moment.
Parfois j’ai cette impression de ne jamais me défaire de ma belle-mère ; trop de souvenirs d’elle ressortent.
Mon angoisse est moins forte, mais je sens bien qu’un rien peut provoquer une dissociation à m’en faire perdre les pédales.