BMP – Demander


Il m’est encore très difficile de demander de l’aide aux autres personnes.
C’est un sujet que je voulais mettre sous forme de dessin, car cela me cause encore des soucis.
Il y a quelques jours, je devais demander de me faire rembourser d’une facture mais ça a été pour moi difficile. Me faire remarquer, oser demander etc. J’y suis arrivée car j’ai eu un échange avec mon art-thérapeute, je suis en confiance et c’est important et j’ai besoin de cela. Elle m’a expliqué mes droits et je pense aussi que cet échange m’a rassurée. Car j’ai une trouille terrible, une angoisse est là de n’être jamais sure de moi et donc dans ma tête ça change tout le temps quand je dois trouver mes mots pour demander etc. Ça donne des sueurs.
Demander aux autres personnes, demander quoique ce soit, ça me met dans tous mes états. Particulièrement quand je dois demander aux personnes que je ne connais pas beaucoup. C’est tellement fort, que par moments je ne demande rien, parce que j’en suis incapable. Un doute prend le dessus et cela provoque une angoisse paralysante qui me pousse à me sauver. Il y a une très forte honte qui me tombe dessus, et j’ai l‘impression de quémander une aide interdite.
Par moments je me demande si je sais demander ou même réfléchir d’une façon adulte et sans tourner en rond. Au moment où je fais une demande, quelque chose me dit  “stop, arrêtes, tu vas encore te faire remarquer ! », ou bien :  « tu devrais le savoir !”. Et là j’ai l’impression de me décomposer à l’intérieur, je ne trouve plus les mots et je n’arrive plus à m’exprimer pour me faire comprendre. C’était comme si je n’étais plus dans le temps.
Pourtant une autre partie de moi a besoin de demander car cela la rassure, l’apaise. Demander comme pour être sure de ne pas faire de travers, ou pour me rassurer ; voir si j’ai bien compris.
Il m’arrive aussi de demander mais de ne pas renouveler ma question par peur de m’être mal expliquée et de m’être fait remarquer et montrer du doigt.
De même quand j’ai réussi à demander, quelque chose en moi me pousse à disparaître, ou à rester dans mon coin pour me faire oublier.
Pour m’aider à travailler sur cette appréhension, il m’arrive de faire l’exercice sur le toucher du livre “Gérer la dissociation d’origine traumatique“. Comme cela, je suis sûre d’être dans le temps présent pour pouvoir bien formuler une éventuelle demande de ma part, car il y a cette angoisse de mal m’exprimer. Ne pas m’emmêler les pinceaux permet de diminuer un peu la honte.
Il y a aussi par moment l’angoisse de me faire disputer, car je trouve que demander ce que je vais demander est ridicule et en même temps j’ai besoin de savoir pour me rassurer. Et puis j’aime  échanger, car je me dis qu’un petit mot peut pousser à un grand échange.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je me suis basée sur le fait que je me sens en morceaux et que par moment j’ai l’impression de mendier, de quémander.
J’ai donc commencé par dessiner un visage en plusieurs morceaux et en faisant apparaître cette  angoisse. Je n’ai pas fait de corps, car cela se passe dans ma tête.
Pour traduire le fait de quémander j’ai dessiné cette main qui est tendue.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, je me suis servie de la roue des émotions de Robert Plutchik

La roue des émotions de Plutchik


J’ai donc utilisé la couleur verte qui sur la roue des émotions, renvoie à la terreur, à la peur, à l’appréhension. Puis j’ai également rajouté une touche de rouge qui correspond toujours sur la roue, à la rage, colère contrariété.
Et pour terminer pour le fond de mon dessin, j’ai mis un vert clair.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, 3B.
Aquarelle, pastel sec de couleur verte.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin sur le chevalet, j’avais une impression qu’avec la couleur verte de retrouver une certaine douceur, comme pour m’aider à apaiser cette appréhension de demander aux autres personnes. Pourtant je sais que dans le monde adulte, on ne se fâchera pas, mais il demeure en moi cette partie émotionnelle qui sait qu’elle n’a pas le droit et qui est morte de peur malgré tout.

BMP – Quatrième étape du deuil – La tristesse et la culpabilité

Je n’arrive pas à prendre du recul d’une manière “adulte” au sujet des ateliers de Chambray.
Je ne sais pas comment faire pour ne pas me sentir coupable et je ne peux m’empêcher de me sentir responsable.
Je ne sais pas faire et ressentir. Comment on fait pour ne pas se sentir responsable de tout ? pour ne pas tout endosser les responsabilités et décisions des autres ?
C’est comme m’être sentie, rendue coupable d’avoir regardé les roses en train d’éclore petit à petit dans ce jardin quand j’étais plus jeune et que les mères les avaient coupées, ou alors comme avoir mis cette langue rouge à ce nounous. Je n’en avais pas le droit, je n’avais pas eu l’autorisation. J’avais fait, j’avais osé, j’avais eu ces idées et ça a été un NON d’office.
Mon cerveau ne sait pas réagir autrement, et j’ai beau dialoguer avec lui, lui dire que je n’ai rien fait de mal, que c’était une bonne idée de vouloir partager cette expérience sur le blogue, je me sens coupable. Mon cerveau et moi, ça ne veut pas collaborer, chacun reste sur sa position.
Je n’arrive pas à ressentir de la vraie tristesse, sans qu’aussitôt ça me dise en moi que j’ai foutu le bazar, que je dois me tenir à carreau, que j’ai fait du mal.
Je trouvais que déposer sur une feuille ce que moi je ressens, ce que mon cerveau ressent, était difficile. Mais il faut absolument que je fasse comprendre à mon cerveau qu’il doit cesser de fonctionner de cette manière. Je dois lui apprendre à ne pas culpabiliser chaque fois qu’un projet ne se réalise pas, alors que j’y tiens. Je dois lui apprendre à faire la différence entre mes avis et ceux des autres personnes. Et que je ne dois pas me punir à chaque fois, en m’isolant ou en ayant envie de me faire du mal.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc mon premier coup de crayon a été pour représenter ma tristesse qui n’est pas constructive, car c’est bien celle-ci qui me culpabilise. Elle est subjective, pas objective, objectivement je n’ai rien fait de mal.
Donc j’ai dessiné cet œil, ces larmes de la culpabilité. Puis j’ai représenté par un visage légèrement de profil, la personne qui se sent coupable, qui prend la place dans le présent, qui envahie la pièce.
J’ai ensuite ajouté un corps, un corps qui se cache, qui a honte parce qu’il imagine qu’il a mis le bazar. Mais cette manière de voir, finalement perturbe l’adulte que je suis, l’adulte qui voudrait ne pas réagir comme cela. J’ai beau dire à cette partie émotionnelle qui est en moi qu’elle n’a rien fait de mal, ça ne fonctionne pas.
Il y a aussi que je ne suis pas sure non plus que ce soit une partie émotionnelle qui réagit ainsi.
J’ai tracé des limites dans mon dessin pour représenter ma tristesse face à ces ateliers, j’en parle sur le blogue, mais je ne dois pas m’éparpiller.
Mon cerveau se sent honteux, il culpabilise, mais il ne sait pas faire autrement.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, seuls le gris et le gris noir étaient présents.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Crayon aquarelle bleu foncé et bleu clair + eau
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.

Qu’avez-vous ressenti ?

•Je ne me sens pas bien à cette étape du deuil, car je ne sais pas comment ressentir la vraie tristesse, celle qui ne culpabilise pas.
• Je me dis aussi que je ne veux pas rester en position de victime. C’est bien le problème puisque mon cerveau réagit comme cela.
• Je me demandais pourquoi mon cerveau par moment n’arrive pas à réfléchir plus posément et comment faire pour qu’il soit plus réaliste devant des situations comme par exemple celle des ateliers de Chambray.
• Je me suis même dit que mon cerveau n’avait pas “grandi” et cela m’a fait très peur, comme si j’étais condamnée à rester une petite fille morte de peur et responsable de tout.
• J’ai ressenti de la colère, parce que ne pas comprendre cela me donne l’impression d’être handicapée, d’être une personne en retard.
• J’ai ressenti un espèce de trou dans ma tête : comme si mes réflexions ne venaient pas à ma tête.
• J’ai eu des moments de dissociations mais ça,  je pense que c’est dû au fait de m’en vouloir de ne pas réussir à faire comprendre à mon cerveau qu’il doit cesser de culpabiliser.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je me disais : voilà j’ai réussi à faire comprendre ce que mon cerveau m’expliquait. J’étais rassurée, je me sentais un peu moins dans la culpabilité. Après ça reste plus compliqué.