BMP – Une forme derrière moi


Une impression de percevoir une forme derrière moi qui fait apparaître le passé, quand je suis devant un miroir.
J’ai besoin de revenir sur cela, phénomène qui reflète le passé, mais certainement aussi la dissociation. Comme je l’ai déjà écrit, me regarder dans une glace, ce n’est pas simple. Je dois me préparer, car souvent, au bout d’un moment, je me dissocie ou je me sens emportée au loin.
Ce qui est impressionnant, surtout quand je me sens bien dans le présent, c’est que cette ombre, j’ai envie de la toucher. A ce moment-là, je ne pense pas que c’est une impression et quand je touche, il n’y a rien du tout.
Mais c’était comme si j’étais emportée par une espèce de force entre le passé et le présent, j’ai la sensation d’avoir le cerveau coupé en deux, un cerveau du passé et un cerveau du présent et de l’avenir. Il y a un combat entre ces deux parties, pour savoir qui va l’emporter dans le moment que je vis. Je suis là mais je ne saurais expliquer ce qui se passe dans ma tête.
Je vais donc représenter cela par un tableau.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour faire apparaître cette situation dans une forme et même si cette situation m’effraie, je me suis dit que cette partie là qui est derrière moi, à travers la glace, je devais l’incorporer dans le présent, pour lui faire comprendre que dans le présent, les choses se passent différemment. Je me dis que rejeter cette partie de moi, n’est sûrement pas la solution. Si je la néglige, elle deviendra plus envahissante, plus présente, je pense.
Mais pour gérer cela, je dois faire un ou deux exercices du livre ”Gérer la dissociation d’origine traumatique”. Cela aide, mais pas toujours. Je mets aussi de la musique, parce que comme cela se passe dans la salle de bains, le risque de dissociation est important. Parfois la musique capte mon attention mais il faut que celle-ci soit forte en son !
Donc pour en revenir à mon dessin, mon idée était de dessiner ces deux formes l’une dans l’autre tout en faisant une différence par le biais des couleurs. Passé et présent. Mais le fait de les dessiner ensemble, montre bien que cette forme qui évoque mon passé, est bien incorporée dans le présent et que je ne dois pas la rejeter, même si cela m’effraie, que je ne sais plus trop dans ces moments-là.
Mon autre idée était aussi de mettre un mouvement, pour exprimer le fait que c’est dans le présent que je vis cela, devant le miroir.
Pour les couleurs, tout d’abord du noir, du gris, du blanc pour signifier le passé et des couleurs pour cet autre corps qui me représente dans le présent. Mais de fait, je suis bien dans le présent avec ces deux formes devant ce miroir, dans ma salle de bains.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, 3B

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin, il ne m’effraie pas, je ne me sens pas angoissée. Mais je me demande si un jour cette silhouette partira définitivement. Le jour où cela arrivera, cela facilitera considérablement ma présence dans ma salle de bains. J’avais travaillé cette situation avec Emmanuelle sur le blogue, un mieux est présent et ça c’est important de le signaler, mais je dois la travailler encore comme pour expliquer ce phénomène.

BMP – Pensive !


Ah oui, je me laisse bercer par ces moments où je pense. Cela me prend d’un coup et je ne vois plus le temps passer. Cela m’arrive parfois aussi quand je dessine : je suis là avec mon pinceau, je regarde mon dessin, je réfléchis à ce que je voudrais qu’il dise et hop ! me voilà aspirée à voyager à travers mes pensées. C’est un peu comme si je ne voulais rien oublier, être là dans le temps présent et finir avec des finitions minutieuses.
C’est un peu pareil dans mes pensées : je les tourne dans tous les sens, j’en fais miroiter les facettes comme si je voulais trouver d’autre réponses ou d’autres solutions. J’évite de me poser la question de savoir si c’est bien ou pas, si c’est normal ou pas, car je sais que si je m’enfonce trop, je vais partir en vrille, me démolir et cela je ne le veux plus. Je risque aussi de me dissocier et là je perds le fil et cela je ne le veux pas non plus. Finalement, quand je suis dans mes pensées, je suis dans mes pensées, dans le présent. Je pense que c’est cela l’important.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour cette esquisse, je voulais montrer que lorsque je suis dans ce mode pensive, je suis bien et donc je devais le faire apparaître dans le visage mais aussi dans la position du corps.
Quand les premiers traits sont venus, c’est une main qui est apparue. Je voulais peut-être montrer comment je sentais cette main à ce moment-là. Un peu comme pour incorporer la situation et de dire, voilà c’est ainsi, mais je continue à avancer. Je me suis interdit d’en dessiner une deuxième comme pour ne pas non plus abuser de la situation. Je trouvais que le mouvement dans son ensemble était suffisant pour faire apparaître cette situation du fait que je me laisse emporter par mes pensées.
Pour faire naître les couleurs, j’avais une attirance vers le bleu, vert et le jaune. Tout comme mettre de la couleur blanche, ce qui rappelle les moments de dissociations et le fait que j’oublie le avant. Mais cela, je ne voulais pas le faire apparaître sur le visage, juste sur le corps. Je crois que je ne voulais pas faire disparaître le visage car c’est bien là que se joue pour moi le fait de partir dans mes pensées. Pour la couleur du fond de mon dessin, je voulais comme me rassasier avec du bleu et vert léger.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B.
Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin, j’avais envie de l’agrandir encore et encore. Je ne voulais pas que celui-ci ait une fin. Je voulais rester dans ce moment d’apaisement que je ressens quand je peins. Je ne voulais pas que les angoisses me rattrapent.