BD – Exposition à la Galerie Neuve du Sanitas à Tours – Sylvaine Viel-Notte


Hier, D., M. et moi sommes allés voir cette exposition, à laquelle j’étais invitée. Nous avons profité de ce moment pour voir comment nous pouvions aménager la notre pour le mois de novembre. J’ai dit, qu’on va être obligé de pousser les mur ! Parce qu’on est vraiment pas au top, on ne pourra pas tout mettre de ce que j’avais prévu et donc du tri est à prévoir. Mais on va y arriver ! enfin je pense, mais oui ! mais oui !
En attendant, j’ai fait un petit écrit concernant cette belle exposition que nous avons vu : celle-ci est remplie d’émotion. Elle nous transporte dans un autre monde !


Ce sont des portraits que Viel-Notte appelle des sauvages d’aujourd’hui des tribus. Ils sont pris dans la nature sans changement de couleur il n’y a pas de modification de rien. Tout comme elle ne fait aucune mise en scène.
Pour l’exposante il n’existe dans la nature que la moitié de ce qu’on voit sur les photos finales. Ce sont des photos de choses qui n’existent pas mais qui représentent pour Sylvaine Viel-Notte des tribus ou des éléments d’une tribu à la manière du Musée du quai Branly.
Par moment par exemple elle a trouvé dans ces photos une broche de fécondité. Cela vient de la flèche de Cupidon.
Sylvaine Viel-Notte me disait qu’il y avait un petit peu d’humour dans cette exposition. Que c’était à partir de là également que le jeune poète Ibrahima qui est de culture africaine est tombé dedans et qu’il lui avait dit : dans cette exposition « ça me fait penser à des masques de chez moi » des sorcières de son pays, et de là, il s’est mis a écrit dessus. C’est ainsi que pour cette expo j’ai laissé tomber mes tribus mon petit musée et ce poète Ibrahima a fait ses personnages avec moi et les poèmes.

BMP – Ne te mets pas en boule


Ne laisse jamais la peur, tes angoisses et le passé t’empêcher d’exposer, d’aller jusqu’au bout de tes idées ! Ne te mets pas en boule.
Pour le dire autrement, il y a en moi, quand je dois exposer mes idées, une peur qui surgit, peur liée au passé et qui me pousserait à me mettre en boule. Alors cela je ne le veux plus. Pourtant, ce comportement est récurrent et il frôle bien la rumination négative.
Quand une idée neuve arrive en moi, immédiatement je suis envahie par mon passé, par du négatif. Même si cette idée est validée par une ou des personnes, aussitôt j’entends une petite voix qui susurre : “mais quelle idée tu as eue là”. Là, je fuis dans ma tête. En même temps, je sais que si j’ose exprimer une idée ou une opinion, c’est positif.
Il y a alors un conflit entre moi, aujourd’hui qui dit : je ferai mon possible, je vais essayer et je vais écouter cette autre partie qui croit que j’en suis incapable.
Je sais hélas que mon passé, mes angoisses, mes peurs, peuvent vraiment me faire changer d’avis et cela jusqu’au dernier moment. Si cela arrive, alors je me punis par la honte et par des regrets ! Pour terminer je fuis le présent en me plongeant en “mode” en boule !
Après je sais que c’est dû au manque de confiance que j’ai en moi dans le présent. Tout comme je sais aussi que cette partie émotionnelle du passé, qui renvoie à l’adolescente que j’ai été, fait l’effet d’une bombe dans le présent.
Mon dessin devra donc exprimer cette tendance à me mettre encore en boule trop facilement et donc pour me permettre de sortir de ce comportement qui me met après coup dans tous mes états.
Mais il y a du mieux et ça il faut l’écrire c’est important !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour cette peinture, bien que la situation soit négative, je souhaitais mettre ce dessin en “valeur”, comme pour affirmer que rien n’est jamais foutu même si cela se montre par moment un peu compliqué. Pour dire, que malgré tout, j’arrive parfois à aller au bout de mon idée !
Je souhaitais aussi faire apparaître ce côté tordu de cette situation qui me met dans tout mes états.
J’ai donc commencé par dessiner ce rond à l’intérieur duquel sera mis le corps pour exprimer ce repli.
Puis, l’étape suivante a été de dessiner ce corps qui est recroquevillé, en boule, pour montrer ce que font les angoisses, les peurs. Le côté que je ressens comme tordu, s’exprime par exemple par ces seins sur le dos, une main sur le ventre. Mais, malgré tout, ce corps doit être valorisé, pour exprimer ce dont j’ai parlé. Pour le côté tordu tout en essayant de faire parler cette mise en valeur que j’ai expliquée plus haut.
Pour les couleurs de mon dessin, il fallait de la douceur, du calme, pour mettre aussi en valeur ce côté décalé, car je me sens mal quand cela m’arrive de regretter de me retrouver dans cette position.
Je voulais faire apparaître de l’émotion c’est tout et j’ai fait en sorte que ce manteau de couleur sur mon dessin le fasse apparaître. Pourtant quand je me rends compte que je doute, cela réactive ma colère !
Je voulais aussi représenter le fait l’on ne doit pas se laisser envahir par le passé, car cela nous empêche de montrer ce dont on est capable.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Mon dessin a été conçu sur une feuille blanche 36 x 48 cm.
Crayons graphic 7B, 3B. Peinture aquarelle et feutre aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin, j’avais un peu l’impression de me contredire et de m’emmêler les pinceaux.
Pourtant après une pause, je suis revenue l’observer et je me disais : « et bien oui arrête ; ne laisse jamais la peur, les angoisses, le passé te paralyser”. Cela me paraissait si simple. Du coup, je veux rester sur cette note constructive !