BMP – « Prisonnière de ma douleur”

Pour faire naître mon idée, je me suis servie du mot, prisonnière. Et comme cela concernait mon corps, il me semblait normal de traduire cette situation en dessinant un corps.
Je souhaitais aussi exprimer cette impression d’être perdue, d’être désemparée, d’être toujours à la recherche d’une porte de sortie, pour fuir cette douleur !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc commencé par dessiner, le dos de ce corps. Faire un corps de face j’en était incapable ; je voulais cacher cette douleur qui me fait souffrir dans ma main et qui m’empêche de faire ce que je veux comme mouvement.
J’ai ensuite fait naître, en utilisant mon crayon, ce corps à moitié dans le brouillard, ce corps qui n’a pas de porte de sortie pour se délivrer de cette douleur.
J’ai ensuite terminé ce grand corps avec les cheveux, les mains, le début des jambes. Et j’ai finalisé par ces petits morceaux qui s’en vont de la tête, un rappel du mot dissociation.
Pour la couleur de mon esquisse, je voulais juste mettre en avant un petit nuage de rouge, pour rappeler cette douleur.
Par contre, je souhaitais appuyer d’avantage sur mon crayon à certains endroits de ce corps. Je voulais donner vie à ce dessin, mais aussi jouer avec les dégradés de gris.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50X70 cm à grain fin.
Crayon HB, 2B, 3B,
Pastels secs, gros feutre noir.

Qu’avez-vous ressenti ?

• Dans ma tête je voulais vraiment exprimer ce que je ressentais, c’est-à-dire être coincée dans mon corps.
• J’ai ressenti de la colère face à cette douleur physique mais aussi face à la douleur psychologique. Le corps exprime certaines choses, mais le côté psychologique est là, c’est c’est important d’en prendre conscience.
• Je me disais que j’avais toujours cette sensation de rechercher une porte de sortie face à ces divers douleurs qui m’invalident.
• Le terme fibromyalgie est aussi apparu. Il a été employé au CHU de Poitiers, mais pas à Tours.
• Je me disais que je ne devais désespérer, peut-être qu’un jour on pourra me soulager de cette douleur.
• J’ai ressenti mes mains lourdes. La difficulté motrice de ma main droite augmente de plus en plus.
• Je dirais aussi que réaliser ce dessin m’a permis de déposer un peu ma douleur. J’avais cette image de pansement qui me venait.
• J’ai ressenti des moments de brouillard dans ma tête.
• J’avais du mal à bien retenir mes idées.
• J’ai eu du mal à me concentrer, dans ma tête jamais pareil.
• Je me sentais abrutie dans ma tête.
• J’ai ressenti ma vraie douleur dans mon corps, plus forte à certains endroits comme par exemple dans le poignet droit, mais aussi en plein milieu de la colonne vertébrale.
• Je me demandais à quel moment mon corps pouvait reconnaître que c’était une douleur physique, car mon cerveau n’est plus capable de faire la différence entre la douleur physique et psychologique.
• J’ai ressenti une fatigue enfin je crois car je ne sais pas trop ce que c’est finalement, du moins comment on reconnait que c’est une fatigue.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je me disais qu’il ne reflétait la douleur qui m’emprisonne dans mon corps. Puis le mot prison s’est donc imposé.
Car je me disais que c’est bien cela que je ressentais avec ces douleurs : je suis coincée dans ce corps avec ! et que souvent c’était la vraie tempête à l’intérieur. Mais il y  quand même ces mots, je reste sur ma faim.

BMP – Corps tordu recroquevillé


Je veux juste préciser que ce dessin ne correspond pas réellement à une idée de Béatrice (l’adulte que je suis)…
J’ajouterais, que les couleurs ont en ce moment du mal à surgir dans ma tête. Je suis, pour l’instant, plus dans le gris, surtout quand parfois mes dissociations sont trop fortes.
Une nuit sans sommeil c’est difficile… Maintenant j’essaie de dessiner. Mais le résultat, une fois le dessin terminé, ne dépend pas toujours de moi et de projets de peinture.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je me suis donc installée dans mon salon. Ce qui se passe dans ma tête en ce moment, c’est du genre compliqué, donc difficile à suivre. La couleur grise était présente et je voulais mettre en forme une forme. Je pense que cette forme est née pour traduire mon état psychologique actuel : soit c’est en mode recroquevillée, soit c’est en mode planer, soit c’est en mode je me bas fort, je suis forte et je vais y arriver, soit c’est le néant total et pour terminer qui est là en ce moment ? Je me cherche, mais aussi qu’elle est cette partie émotionnelle nouvelle ? J’ai cette impression de ressembler à une carte de restaurant sur laquelle différents mets sont proposés aux clients.
Pour cette esquisse, je me souviens d’avoir commencé mon premier coup de crayon par le visage ; ensuite j’ai continué mes formes en tournant autour de lui. Maintenant est-ce que j’avais une idée particulière pour la création des formes, je n’en sais plus rien.
Je pense par contre que j’ai fait juste attention à ce que cette esquisse soit de la patte de Béatrice l’adulte. Sur le moment les morceaux que je dessinais me plaisait bien avec cette façon de faire ressortir un pulzz, tordu.

Pour accomplir le manteau en aquarelle, voilà ce dont je me rappelle : pas la moindre idée de couleur, les couleurs étaient envolées de ma tête. Je ne voyais que du gris pour recouvrir mon esquisse. Je voulais jouer avec lui, le faire ressortir en timide, mais aussi plus présent dans certains endroits de mon dessin. J’avais envie de jouer avec cette forme. Mais ce dessin jouait aussi avec moi à me perdre dans ma tête et à m’en faire disparaître.

Qu’avez-vous ressenti ?

• J’avais cette impression d’être un yoyo, de me perdre, pour finir en dissociations qui se succédaient les unes aux autres.
• Garder ma concentration, simplement garder les yeux sur mon esquisse s’est montré compliqué.
• Il y avait des moments où je ressentais que je devais mettre de la couleur noire.
• Je ressentais bien aussi cette envie de jouer avec le gris.
• J’avais aussi cette envie très forte de voler, voler loin et longtemps.
• J’avais cette envie de hurler fort, et de me mettre en mode petite.
• Je ressentais le besoin de me voir transparente.
• J’avais aussi une envie de mourir, et le verbe « exister » était là.
• J’ai ressenti une grande incompréhension, je me sentais complètement désemparée dans le brouillard.
• Je me vois à me poser des questions, mais je ne me vois pas y réfléchir en profondeur.
• Je ne voyais pas de suite.
• Je me sentais lourde aux pieds.
• J’ai eu des difficultés avec mes mains. Je ne savais pas trop comment tenir mon crayon dans mes doigts par moment.
• Je ne sais pas si j’ai ressenti du plaisir lors de la création de ce dessin, ni même une quelconque émotion.
• Je ne ressentais ni mon corps, ni ma tête, je me voyais en hauteur, et tomber d’un coup, après je ne sais plus.
• Je voyais ma feuille par moment trop grande, elle m’effrayait.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 36×48 cm
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant ce dessin, je ressens un côté à la fois déstabilisant mais aussi de curiosité.
Je ne sais pas s’il me plait ou s’il m’angoisse.
Je ne sais pas si je suis angoissée, ou ce qui se passe en moi.
Mais en le regardant plus tard et de loin je me sens étonnée dans ma tête, comme une découverte qui apparaissait devant mes yeux.
Une envie d’agrandir ce dessin, je le trouvais minuscule. Je me suis posé la question pourquoi mais je ne m’en souviens pas. Par moment je le perçois flou ce tableau.