BMP – Transformation de la souffrance à la création

La douleur dans les couleurs d’automnes ! Pour finir en petits pots.

C’est laborieux en ce moment avec mes mains, même si j’aimerais tant pouvoir les couper et les remplacer ! Je me dis que je dois malgré tout me montrer raisonnable avec elles et aussi d’arriver à faire quelque chose de cette douleur. La faire ressortir d’une façon originale, dans une création par exemple. Mais aussi faire en sorte pour que je ne reste pas axée sur cette douleur, d’en faire comme une porte sur la création.
Je me dis aussi que rester prostrée avec cette douleur et la laisser me ronger, n’apporte rien de bien et finalement ça ne fait qu’augmenter mes angoisses.

Donc j’avais en tête une idée, mais pas vraiment bien développée. Je voulais utiliser par exemple du papier mâché, je voulais utiliser du tissu je voulais essayer différentes choses, mais ça n’a pas donné grand chose.
Alors je me suis tournée vers le modelage. C’est plus simple pour la mobilité des doigts de ma main droite, du moins de ceux qui sont capables de faire, et de réaliser un mouvement. Car ce matin, ils sont un peu limités ces doigts quand je dois les plier ou quand j’ai besoin de force.

Réalisation de l’« œuvre »

J’ai utilisé la main gauche pour couper ma pâte à modeler en morceaux. Ces morceaux je les ai travaillés toujours avec la gauche pour les rendre plus tendres. Ensuite j’ai continué en prenant un de ces morceaux, en le posant sur un doigt de ma main droite et je l’ai travaillé pour en faire ressortir une forme de doigt.

J’ai fait cela tous mes doigts.

Dans ma tête je ne devais pas m’arrêter là. Mon but était de travailler sur cette douleur dans mes doigts ; je voulais la transformer en couleur. Je voulais en faire ressortir en une création. J’ai donc continué ce travail en enlevant les formes qui se trouvaient sur mes doigts, comme une espèce d’empreinte de ma main droite.
Je les ai déposées sur un plateau à plat sur une feuille et je les ai badigeonnées de couleurs aquarelles en pipette. J’ai laissé sécher, et c’est là que m’est venue la dernière idée : y rajouter des feuilles d’arbre, rajouter un tapis de couleurs d’automne. Cela apportait la petite touche finale de douceur.
Mais en regardant ce que je venais de réaliser une autre idée est apparue, une idée que je ne m’attendais pas à avoir, je me suis dit mais ces empreintes de doigts peuvent aussi servir de petits pots pour y mettre des herbes aromatiques, que l’on pourrait accrocher, ou coller au mur de la cuisine.

Matériaux utilisés :

Pâte à modeler séchant à l’air (DAS) de couleur grise.
Eau.
Couleurs aquarelles liquides en pipette Pèbéo (blanc, jaune, rouge, bleu) réalisation de mélange.
Feuilles ramassées dehors
Feuille blanche
Coutau, et ma main droite pour réaliser les formes des doigts.

Qu’avez-vous ressenti ?

J’ai essayé de ressentir de la fraîcheur quand la pâte était sur mes doigts. Ce n’est pas toujours facile ! Le modelage, le côté collant m’a un peu gênée et perturbée, ce qui a provoqué des petites dissociations, et fait remonter des images du passé concernant des actes violents envers moi venant de Gros et de mes mères nourricières etc.
Lors de cette production, le reste de ma main était pratiquement inexistante dans ma tête, comme si je voulais que les doigts de cette main droite, soient détachés d’elle, pour laisser le sang circuler comme il le voulait.
Dans ma tête je ne voulais aucun obstacle, je ne voulais que rien ne serre mes doigts.
J’ai aimé ressentir cette douceur sur ma peau quand j’ai enlevé les empreintes, ces formes. La trace laissée par cette pâte à modeler me faisait du bien, mais pas au point d’enlever cette douleur. Mais malgré tout, c’était agréable à ressentir dans ma tête.

Que ressentez-vous face à cette production ?

En regardant cette “ création » le mot impressionnant ressort, mais je ne sais pas dans quel sens l’expliquer.
Il y a ce mot “nature » qui est là, comme la nature du corps et ces expressions, ou dans ces expressions qu’elles soient corporelles et physiques, comme un langage qui en sortait. Je me dis aussi que cette réflexion que je me faisais, n’était pas si bête que cela.
Je suis moins triste, mon mal de tête reste légèrement présent, peut-être aussi moins nauséeuse. Et je dirais que cette dernière idée de petits pots me fait sourire.
Travail fait en plusieurs étapes, sur plus d’une journée, le temps de séchage etc.

BMP – Napperon de papier vernis

Nouvelle expérimentation picturale. Napperon en papier à motifs et vernis à bois.
Installée dans ma cuisine, sur la table, le soleil est là c’est agréable. J’ai rassemblé tout mon matériel près de moi, un son de musique sortait du salon pour m’aider à oublier cette douleur dans mes doigts pour cette expérimentation.

Montage de mon cadre et du motif

J’ai pris mon châssis en toile de coton, ainsi que ma feuille de napperon blanc en papier à motifs, de couleur blanche.
Je l’ai posé à plat sur mon châssis à peu près au centre. Avec un gros pinceau je l’ai recouvert du produit Modeling Paste, d’une légère épaisseur, de façon à ce que tous les trous de mon napperon soient bien remplis et recouverts. J’ai réalisé cette action sur tout le napperon.
J’ai attendu environ dix minutes, puis j’ai décollé doucement mon napperon, en faisant attention que les motifs ne s’abîment pas.
J’ai laissé sécher toute la nuit.
Le lendemain, j’ai bombé de colle les deux côtés de mon châssis où il n’y avait pas de motifs.
J’ai pris ma râpe et j’ai rappé des pastels à l’huile de différentes couleurs. Ceux-ci tombaient directement sur ma colle que j’avais apposée auparavant.
J’ai attendu un peu que tout soit bien collé.
J’ai eu cette idée ensuite de continuer mon expérimentation, donc j’ai passé du vernis à bois sur le reste du motif à napperon avec un pinceau.
Et j’ai laissé sécher le tout.

Matériaux

Châssis de couleur blanche en toile de coton 40 cm sur 40 cm
Napperon en papier blanc
Modeling Paste Pébéo Artist Acrylics léger de couleur blanche
Vernis bois chêne moyen aspect brillant.
Rap pour pastel (voir photo)
Pastels à l’huile
Un gros pinceau (vernis)
Colle en bombe.

Qu’avez-vous ressenti ?

Dans ma tête, il y avait cette angoisse, à me répéter : ne perds pas la mobilité de tes doigts, car en ce moment de les plier complètement est difficile.
Je voulais ressentir sous mes doigts, ce que je touchais en matière, je voulais me l’approprier pour bien la travailler. C’était un peu difficile, mais avec le peu que je pouvais ressentir au touché, je savourais ce moment, car cela me permettait de me dire : « tes doigts sont vivants, peut-être fatigués mais ils sont là il existent ». Et cela me permettait aussi de découvrir un nouveau touché. J’ai aimé le touché timide du pastel sous mes doigts qui jouait à cache cache.

Je me suis aperçue à ce moment-là que si je n’avais plus la mobilité, et la motricité de mes doigts, cela agrandirait cette situation de manque et de vide en général en moi.

Mais où en moi ? dans ma tête, dans ce corps ? Où les deux. Je me demandais où était la logique de cette question !
J’ai eu aussi des moments de perdition dans ma tête, mais cela m’a beaucoup moins préoccupée comme situation. Je souriais toute seule, le côté magique de mes petites expérimentations de sorcière c’est de découvrir un résultat inattendu. Donc les moments d’absences sont les bienvenus.
C’est comme faire un nouveau voyage ces petits mélanges divers que je concocte.

Que ressentez-vous face à cette production ?

Je m’amuse toujours à faire des expérimentations, des mélanges, le côté de ma curiosité qui est toujours aussi forte, pour avoir une surprise à la fin.
Ce qui me plaît aussi, c’est que si je dérape je peux toujours trouver le moyen de rectifier ou pas, car parfois ça apporte un petit plus si le dérapage est petit.
Et puis ce côté mystérieux me plait beaucoup, car je sais aussi que je le fais pour expérimenter est sans obligation, tout comme mes dessins, voilà rien n’est forcé sur ce blogue et c’est un côté qui me rassure beaucoup, ce que je veux expliquer, c’est que si je me trompe je ne serais pas battue, ou punie, et c’est très important pour moi pour laisser mon imagination évoluer. Je suis en sécurité.

Je suis dans le présent même si mes dissociations sont là. C’est un nouveau présent. Oui quand je dessine ou autre c’est pour moi un nouveau présent c’est cela ! Hum, je ne suis pas sure que mon explication soit bien claire là !