BD – Douleur – Mal de tête


Il pleut  comme dans ma tête avec cette douleur sur le chemin  du retour de Poitiers. J’ai mal mais ça doit aller, je dois tenir.

Jeudi 25 janvier 2018 – 11h21

Photo originale ça fait petite toRnade… j’ai plus mal, plus que d’habitude. j’ai du mal à boire, ça fait grande marée dans mon corps mais prendre une photo du moment m’aide à revenir dans le temps… doucement, ça va aller, ça va aĺer ca va aĺef 🙃😊 petite tornade forte un petit clin d’oeil à mon art-therapeute 🙃😊🌨🌨🌨

BMP – Mouvement douceur dans la douleur


Quand j’ai trop trop mal et que la douleur est difficile à endurer, j’ai juste envie de m’oublier. Oublier, comme on dit, mon nombril qui lui m’effraie, déjà d’office, mais là c’est encore plus dur… ! Oublier ce corps, ces mains, je voudrais juste ne pas être présente dans le temps actuel, éviter et laisser mes moments de ronchons et de mauvaise humeur, là tout de suite.
Parfois je me dis que devenir la femme invisible serait bien. Juste pouvoir apparaître quand je me sentirais la force d’affronter ce chemin cahoteux. Comme ce chemin que je dois grimper avec ma brouette et mes grenouilles.
Il y a des moments comme ça, où je voudrais soulever des montagnes, mais le corps et parfois même mon cerveau ont du mal à suivre et c’est ce côté-là qui me fait peur et qui me fait honte et qui finit par me mettre très en colère.
Pourtant je voudrais être cette petite dame Rambo et faire exploser cette force qui est en moi, mais celle que je veux c’est celle qui est au plus profond de moi, pas celle qui est à la surface ! Je voudrais juste la pétillante, celle qui me permettrait de ne jamais ressentir en moi cette frayeur et cette trouille de voir mes membres disparaître peu à peu. Celle qui me dit : allez bats-toi encore et encore, celle qui me dit reste digne et droite ! Oui voilà c’est celle-là que je voudrais montrer et que je ne voudrais jamais qu’elle me quitte.
Je voudrais être ce petit soldat avec toujours la bonne humeur et ce sourire accroché à mes lèvres, je voudrais que jamais cela ne tombe dans le vide.
Juste avoir cette force de pouvoir faire voler en l’air cette douleur tueuse !

Comment avez-vous procédé pour concevoir votre esquisse ?

Après avoir lu le commentaire de mon art-thérapeute vers midi, je me suis dit : Béatrice sort de ta bulle et essaie de sortir des couleurs comme tu le peux, sans chercher à produire quelque chose de parfait.
Je n’ai donc pas pris de pinceau, c’est trop difficile aujourd’hui, j’ai pris juste mes mains légèrement crispées par la douleur, j’ai cette impression d’avoir un nez d’une sorcière moche et crépue au bout de mes poignets et non des mains…
Je me suis servie de pas mal de couleurs aquarelles mélangées, mais aussi pas mal d’eau.
Dans mon idée de peinture, je voulais juste des couleurs douces, comme pour faire naître le mot pastel, comme la naissance d’un coucher de soleil qui s’apprête à nous éblouir dans ses couleurs. Je voulais peut-être aussi représenter cette situation de vouloir être la femme invisible et peut-être aussi employer ce mot discrétion, peut-être aussi propre à cette douleur tueuse que le mot douceur n’est pas complètement mort que j’y crois encore !
Donc voilà une aquarelle conçue avec mes doigts crispés, sans aucune force, juste un mouvement de légèreté, accompagné d’un mouvement de balancement de droite à gauche, d’un geste fragile dans sa motricité, et cette angoisse que la douleur soit encore plus forte dans le temps.

Matériaux utilisés :

Aquarelle conçue sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin, je le trouve apaisant, après j’ai cette petite colère en moi et envers moi qui est là à me titiller, mais elle n’est pas tueuse comme cette douleur.
Je voudrais dire que je suis contente d’avoir mis un peu de couleur, mais je ne suis pas fière de moi j’ai du mal en ce moment… que je ne suis qu’une poussière dans ce monde et vite remplaçable… après pour dire ce que je ressens devant ce dessin aujourd’hui c’est difficile. Je me faisais juste cette réflexion c’est mon psychiatre qui va être content, car malgré la douleur et les dissociations, j’ai sorti un peu de couleur.