BMP – La douleur invisible du corps


Un autre dessin sur cette douleur, comment je la perçois. Là je parle de la douleur psychique qui ne se voit pas sur le corps, mais qui est pourtant extrêmement violente. Tellement violente, qu’on aimerait se transporter en dehors de son corps, et se mettre en boule pour moins en souffrir, où pour tout simplement pour respirer, souffler un peu.
Et c’est cela que je vais faire apparaître dans mon dessin.
Je ne perds jamais de vue que quand dans notre tête on ne va pas bien, tout le reste à du mal à suivre.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je devais dessiner en premier cette douleur psychique, celle qui nous fait hurler dans notre tête, qui nous fait disjoncter dans la direction du noir. Celle qui meurtrit le cerveau finalement.
Cette situation je l’ai fait apparaître par ces piques rouges enfoncées dans un cou allongé avec au bout ce visage qui hurle. Cette douleur je ne voulais pas la faire apparaître dans la tête même si elle est psychique. Comme elle ne se voit sur pas sur le corps je pouvais donc la dessiner n’importe où. Les piques rouges plantées dans la peau font parler de la force, du degré de l’intensité de cette douleur psychique.
Puis j’ai continué mon esquisse, en dessinant ce besoin de se mettre en boule pour moins souffrir, pour souffler. Donner cette illusion qu’on s’arrache une partie de nous-même pour y parvenir, sortir de cette pénombre qui est notre corps !
Cette situation je l’ai dessinée avec cette femme assise sur ce morceau de corps qui lui appartient. C’est comme une libération  pour pouvoir se protéger et avancer après.
Pour concevoir le manteau de mon dessin, j’étais trop pressée de me servir des nuances des divers gris, c’était important pour moi de bien placer les nuances plus foncées ou plus claires dans les bons emplacements dans mon esquisse. Je voulais faire entendre le hurlement et cette douleur psychique dans mon dessin. Comme pour m’en décharger, m’en soulager et la coller, la clouer en quelque sorte, sur la feuille afin qu’elle n’y bouge plus, qu’elle reste emprisonnée définitivement, pour continuer mon chemin.

Matériaux utilisés :

Dessin sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayons de papiers 3B, HB, 6B, 2B.Crayon de couleur rouge.

Que ressentez vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin, mon angoisse ne m’effraie pas. Cette douleur s’exprime mais elle ne peut pas se décoller de la feuille, elle reste emprisonnée. Je me sens rassurée, elle ne me fera plus de mal, et elle ne fera plus de mal autour de moi.

BMP – La douleur du corps


Je vais produire une série de dessins sur la douleur du corps sur le vif ! Et sur la façon dont je la perçois par moment.
En voici une première ébauche, je vais commencer doucement avec quelque chose de ne pas trop trash.
Dans mon dessin, ce que je vais faire apparaître, c’est ce que j’appelle moi, une réaction vive, une émotion forte, comme par exemple un « cri » ou bien même comme une expulsion, une libération.
Par moment cette douleur peut se montrer redoutable, et cela apparaît dans mon dessin, mais ce n’est pas pour autant que je n’essaie pas de prendre soin de mon corps, j’écris « mon » pour ne pas me montrer distante avec lui comme je le faisais avant, je dois me montrer plus douce avec lui.
Mais extérioriser ce que je ressens en dessin m’apaise et je suis aussi dans cette certitude que ce n’est pas parce que c’est fort en dessin, que ce n’est pas beau dans l’émotion et dans l’expression artistique etc. faire descendre la pression pour finir à la fin en une illustration plus apaisée, plus douce, et moins dans la colère et dans la souffrance.
Je voulais dessiner quelque chose de fort pour exprimer la réaction, mais pas encore trop explosif cela va suivre dans les autres dessins. Peut-être que dans celui-ci ça sera plus pour extérioriser un « cri ». Je souhaitais aussi faire apparaître le côté tristesse que cette douleur peut provoquer en moi. Regarder, observer, cette douleur quand elle n’envahit. Je voulais aussi exprimer que j’ai mal dans tout le corps. Mon attention était que cela ne soit pas trop en gros plan dans mon dessin. Il faut que cela reste relativement discret, car je ne veux pas qu’on me dise que je me plains. Cette peur là, elle m’effraie, elle ne me quitte pas, comme si elle m’étranglait, comme un serpent qui se noue autour de mon cou.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Voilà j’avais mes idées pour faire naître mon esquisse, je n’avais plus qu’à les mettre sur ma feuille. J’ai donc commencé par exprimer la situation de « cri » le cri de la souffrance de cette douleur physique, celle-ci je l’ai fait apparaître en haut de ma feuille.
Mais je ne sais pas, j’ai voulu mélanger deux sortes de « cris » au moment de concevoir mon esquisse. Ils se mélangent l’un dans l’autre, dont un avec une forme de corps qui s’expulse de celui-ci qui est en rouge, qui pourrait me représenter. Comme pour montrer l’augmentation de ce cri et non sa diminution. Ces cris dont les sons se font entendre, pour faire entendre leurs forces.
Puis j’ai continué mon esquisse en faisant apparaître ce visage en rouge avec le haut de son corps, là où se trouve aussi la douleur. J’ai dessiné un cerveau également pour retranscrire cette situation : la confusion entre la douleur physique et la douleur psychique.
Et pour terminer mon esquisse j’ai fait apparaître ce corps en entier en boule qui a mal en lui, avec ce pansement collé sur lui, il a mal, qui le dit, mais il ne veut pas le crier partout et se plaindre : il veut rester discret, il ne veut pas se faire remarquer.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, pour moi du rouge et du noir étaient les bonnes couleurs, avec un petit mélange entre elles. Il fallait aussi un peu de gris, qui jouerait avec les nuances par endroit dans mon dessin, comme pour faire apparaître une discrétion.
Je voulais exprimer cette émotion forte, mais surtout ne pas effrayer !

Matériaux utilisés :

Peinture aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Manteau conçu aux divers crayons de papiers GRAPHIC 8B ,2B ,HB. Peinture aquarelle rouge, noir.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin, ma première réaction a été qu’il ne faisait pas assez ressortir l’émotion. Je ne ressens pas d’angoisse, ni de colère, mais je me sens comme serrée en moi.