BD – Notes sur le cadre & les limites

En tant que personne dissociée, j’ai remarqué que j’ai besoin d’un cadre sécurisant pour permettre à mon cerveau d’apprendre et surtout de comprendre que plus rien ne va m’arriver.

Si mon cerveau ne le comprend pas, mes parties émotionnelles resteront dans la peur, dans la crainte, et donc en fait en mode de survie. Et le jour où mon cerveau l’aura compris, Béatrice elle (en fait moi), pourra encore mieux évoluer dans ce même sens. Elle pourra alors être capable de rassurer ses parties émotionnelles. J’ai parfois cette impression que même en étant adulte, il me manque des cases dans mon cerveau, que certaines situations n’ont jamais évolué, comme par exemple, repérer le danger.

De fait, j’ai vécu dans un danger constant, et donc pour moi cette situation c’était ma « normalité ». Et je pense que mon cerveau n’a pas encore bien intégré cette nouvelle situation. Et j’ai du mal à comprendre qu’on puisse faire du mal comme ça gratuitement, puisque c’est ce que j’ai connu. Peut-être que mon passé fait que quand je pense ou j’entends le mot “souffrir”, cela  me rend dingue et que je ne voudrais plus qu’il existe.

J’ai remarqué aussi que j’ai besoin de petits rituels pour éviter de grosses angoisses (par exemple je dois regarder les portes pour vérifier qu’elles sont bien fermées ; c’est vrai aussi pour les volets, les boutons du gaz et cette situation a augmenté depuis quelques semaines). Quand je ne comprends pas ce qui se passe dans ma tête, j’ai toujours cette appréhension de partir en vrille ou de me dissocier.

Les limites et moi c’est encore fragile, et une partie de moi n’aime pas ce mot car il me renvoie à la muselière, et à la camisole de force et que dans ma tête la représentation que j’en ai, c’est un carré à ne pas dépasser, un carré d’où je ne dois pas sortir, ce qui me fait penser à une chambre d’isolement.
Mais maintenant, ce carré je l’agrandis moi-même et je me dis « à toi de ne pas dépasser les limites de celui-ci, si tu les dépasses tu empiètes sur les limites des autres personnes ». Ça c’est Béatrice.

Attention quand les dissociations sont là, c’est différent, car je ne sens toujours pas la « crise » venir alors ça peut faire encore des dégâts. Mais j’espère bien un jour repérer la crise de dissociation arriver et y remédier avant qu’elle n’explose.

Voilà ce matin j’avais envie d’écrire cela pour ne pas que ça se perde. C’est un samedi difficile aujourd’hui… je me dissocie, j’oublie, et je ne sais pas, mais là je voulais écrire, cette évolution sur ces limites. Ça fait du bien d’écrire sur du bien et j’en ai besoin en ce moment encore plus. Allez ça va aller :))

BMP – Trous de mémoire fragmentations de souvenirs

Comment avez-vous dessiné ?

Je voulais représenter cette situation de « trous de mémoire », ce mot je le mets au pluriel, car ce n’est pas un trou, mais une mémoire trouée. Mais parfois il nous reste comme des fragmentations dans notre tête de ce qu’on voulait faire, dire, des petits morceaux reviennent, des bribes de souvenirs. Mais en ce qui me concerne je ne sais qu’en faire, car ne pas d’arriver ou ne pas avoir de réponse au bout… Parfois j’aimerais bien, car ça calmerait mes questionnements et mes angoisses, cette sensation de tourner en rond m’énerve !

Comment avez-vous dessiné ?

Pour réaliser mon esquisse le mot noir, la couleur noire était bien présente et je savais tout de suite que cette couleur représenterait ce mot « trous de mémoire. » Noir comme le néant et perdue car c’est ce que je ressens quand cette situation est présente.
Donc l’idée était de réaliser d’abord le commencement, le début de la forme d’un visage. Celui-ci montrera que ça se passe dans la personne concernant ses trous de mémoire et la fragmentations de souvenirs.
Une fois celui-ci réalisé, j’ai ensuite représenté ces fragmentations qui sont ces petits morceaux de couleurs différentes qui expriment les souvenirs.
Pour le corps il n’existe pas, même pas une pensé, rien. J’ai donc fait cette espèce de couleur grise au crayon et j’ai légèrement effacé en passant mon doigt dessus. Comme pour représenter cette inexistence. Je ne sais pas si c’est important, mais sur le moment, seule la forme et ces fragmentations m’attiraient.
Pour la réalisation du manteau aquarelle les couleurs n’étaient pas vraiment présentes, une partie émotionnelle n’en voulait pas, concernant Béatrice en elle, pas de réaction face à ces couleurs.
J’emploierais le mot « obligation » pour en déposer un peu sur mon esquisse.

Matériaux utilisés

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : blanc de Chine, rouge vermillon, vert foncé, noir d’ivoire, ocre jaune, gris de Payne, terre d’ombre nature, bleu céruléum, orange, jaune citron (mélange réalisé entre elles)

Qu’avez-vous ressenti ?

Ces deux mots : fragmentation de trous, me font penser aux dissociations et au mot passé, car je trouve que ses situations vont bien avec le thème de ma peinture.
J’avais la sensation que seul un morceau de mon cerveau était présent ce matin-là, celui-ci fonctionnait comme il le voulait sans se préoccuper de mes envies ou autres par moment.
J’ai ressenti de la tristesse, trop de situations s’étaient appropriées ma tête, un mal être en moi.
Mais avec la réalisation d’un exercice, le mal-être en moi s’est atténué. Mais faire ce tableau pour moi c’était important, mettre sur ma feuille une situation qui au départ est trop angoissante, et la voir diminuer cela apporte du bien.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

J’étais attirée par le noir et rien d’autre, noir comme une profondeur où rien ne peut m’atteindre. Voilà ce que j’ai ressenti, mais quel rapport avec ma peinture ?
Mais une envie de jaune vient dans ma tête et me fait sourire, c’est plus Béatrice ça.