BMP – Grr grr avec ses piquants

BMP – Grr grr avec ses piquants
Pour moi c’est Grr grr j’ai cette impression qu’il me fait cela. Ce dessin c’est Grr grr avec sa queue et son dard. Quand je suis en crise de dissociation je ne peux pas me piquer etc… c’est un ressenti d’après la dissociation.
Comment je peux intégrer une situation dont je ne suis pas consciente d’être actrice et que je ne sens pas venir ?
Les images sont entrées en moi, elles ne sont pas ailleurs. Elles viennent du passé c’est ce que m’a dit le Dr L. Et quand la partie émotionnelle s’exprime lors d’une dissociation celle-ci apparait.
Mais quand je reviens doucement dans le temps présent, tout ceci reste flou.
Ce sang par contre j’en ai juste des morceaux en souvenirs. Mais son odeur est souvent présente dans le temps présent et parfois forte, il me semble que quelque chose vient de ce passé que c’est tout frais alors que je ne saigne pas etc. Un mal être est là et des questionnements. Quand j’essaie de me souvenir je me dissocie fortement.


J’aimerais sentir venir mes dissociations et me rappeler de tout. Parce que je me dis que je pourrais encore plus travailler ce qui me fait disjoncter.
J’ai toujours cette impression de vivre en mode puzzle.
J’ai remarqué que la culpabilité provoquait des dissociations. Tout comme la douleur physique également.
Culpabilisation = angoisses fortes = dissociations = questionnements = tourner en rond dans ma tête.
Parfois les situations peuvent changer de sens comme par exemple :
• Questionnements = culpabilisations = angoisses fortes = dissociations
• Tourner en rond dans ma tête = dissociations
• Douleur physique = dissociations = questionnements
• Douleur physique = questionnements = dissociations
• Douleur psychique = questionnements = dissociations

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre œuvre ?

Pour concevoir mon esquisse, j’ai gardé le côté violent, d’être piquée brusquement par la partie émotionnelle Grr grr quand il prend le contrôle dans mon présent.
J’ai retenu aussi l’idée d’être mordue par un serpent et que sa morsure, son venin m’anesthésie le cerveau, puisque lorsque je reviens à moi, après une crise de dissociation je ne me rappelle pas de grand-chose d’avant, et qu’après, dans le présent reste pendant un petit moment dans le brouillard.
J’ai donc commencé par faire apparaître le serpent, avec des crocs qui sont enfoncés dans le cerveau.
A ce serpent j’ai rajouté une main adulte, pour expliciter le fait que cette partie émotionnelle Grr grr, monsieur le grignoteur fait partie du moi Béatrice adulte dans le présent, avec les autres personnalités.
Cette main et ce serpent font partie également de ce corps que j’ai dessiné. Ce corps c’est le ‘moi’ présent. Le “moi » Béatrice, qui bouge, qui réfléchit, qui mange et qui se déplace, avec la partie émotionnelle Grr grr. C’est pourquoi j’ai rajouté un visage pour apporter un côté plus humain.
J’ai rajouté des épines pointues un peu partout sur le serpent, celles-ci font parler la douleur, physique mais aussi la douleur psychique de la dissociation, qui rentrent dans le corps, douleur que je ressens en revenant dans le présent. Mais aussi qu’il ne faut pas ennuyer Grr grr donc c’est aussi comme une arme pour lui.
Pour les couleurs, j’ai joué avec les différentes nuances du ton gris de mes crayons de Pierre noire 3B et du crayon fusain.
Du rouge pour le contour du cerveau, ainsi que du rouge, rose plus pale pour les morceaux qui se trouvent à l’intérieur de celui-ci.
Je voulais rajouter un peu de plus de nuance.
Spontanément de la couleur jaune gris, une couleur pas réfléchie pour le corps.
Pour terminer ce dessin, j’ai rajouté des petits morceaux qui se détachent du cerveau et qui se trouvent aussi dans le cerveau, pour montrer les moments qui se sont envolés, moments dont je ne me rappelle pas dans le présent, c’est-à-dire avant la dissociation.
Puis j’ai ajouté du sang dans c’est deux taches rouges qui se trouvent devant les yeux. Ceci exprime ce qui se passe quand Grr grr prend le contrôle de la personne adulte que je suis. Cela fait apparaître l’odeur du sang frais que moi l’adulte je sens et qui me rend malade dans le présent, quand je reviens à moi, à la suite d’une forte dissociation et qui par moment réapparaît d’un coup dans n’importe quel moment.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Pierre noire 3B et crayon fusain
Crayon graphique HB

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Après avoir observé ma production sur le chevalet, je me dis effectivement celle-ci est plus parlante que celle d’avant.
Mais je reste sur mes questionnements sur le fait que je ne sente pas les dissociations avant qu’elles se produisent, alors que cette partie émotionnelle est en moi.
Je sens une angoisse, et en équilibre fragile. Parce que je ne sais jamais sur quel côté je vais basculer. Dans le passé ou rester dans le présent.
J’ai du mal à admettre que le moi Béatrice dans le présent ne fait qu’une personne, même quand mes parties émotionnelles s’expriment.
Dans ma tête c’est la situation de folle, de disjonctée qui m’envahit. Je ne sais plus si je suis Béatrice normale qui me parle parfois et qui essaie de rentrer et rester dans les cases de cette société, pour être acceptée et pour ne pas être prise pour une cinglée.
Je ne me vois pas en tant que Béatrice adulte dans le présent ayant toute sa tête se promener en pleine nuit pied nu en pyjamas sous la pluie, ou me jeter dans la Loire comme une année etc…
Alors qui est en moi à ce moment là ?  Grr grr ?
Parfois je me demande que cherche t’il ? Parce que cela arrive encore. Il y a une séparation entre mes personnalités émotionnelles et le moi dans le présent.
Pourtant ces parties émotionnelle vivent en moi, s’expriment et me mettent en danger parfois. Je ne les entends pas parler dans ma tête. Rien, mais elles sont là. Je ne sais pas si elles se connaissent entre elles. Mais en attendent dans le présent je fonctionne ainsi, avec une colonie de vacances dans mon cerveau.
Le passé pour moi reste une source de danger dans ma tête, je voudrais l’effacer ! J’aimerais enfin croire, ne serait ce qu’un instant que c’est possible. Une chose est sûre c’est que la science doit travailler encore et encore sur ce phénomène de dissociation je parle d’avancer.
Pour terminer je rajouterais ceci : ne baissez pas les bras, essayer toujours même si un matin vous avez envie de vous foutre en l’air.
Quand cela m’arrive, et que je suis bien dans le présent je me demande si c’est Béatrice l’adulte dans le présent qui le souhaite ou si c’est une de mes parties émotionnelles. Je me dis que je suis une survivante de l’indicible, alors je dois toujours essayer en tant que Béatrice adulte. Toujours essayer, car la vie mérite qu’on lui sourit. Après ça serait mentir que d’écrire que je vais bien tous les jours, et que j’arrive à gérer mes dissociations sans aucun soucis. Je ne peux pas l’écrire pour faire plaisir, ou parce qu’il le faut. On me le demande pas, mais on m’a déjà fait une réflexion. On est pas dans ma tête, ni dans mon corps et on ne peut pas penser et parler à ma place.
Mais la vie mérite d’être vécue avec ou sans dissociations.

BMP – Une nouvelle représentation de Grr grr : Grr grr et ses piquants

BMP – Une nouvelle représentation de Grr grr : Grr grr et ses piquants
Je continue à explorer cette partie émotionnelle, et là, je la vois bien comme une forme pas vraiment humaine, mais pleine de piquants, comme les épines des roses.
J’écris piquante, voire même agressive ; car quand elle met en moi des images de sang, j’ai l’impression d’être piquée violemment et brusquement. Ce qui sort des épines, (c’est comme si j’étais mordue par un serpent), c’est comme un jet qui anesthésie mon cerveau, car quand je reviens dans le présent, je ne sais plus ce qui est arrivé, ça a mangé le présent. Il y a un temps mort au sens fort, un trou dans le déroulement du temps. C’est cela que j’appelle le côté piquant, c’est comme la piqûre d’un dard qui me paralyse dans le présent pour retourner dans le passé.
Je vais donc trouver comment représenter cela, cette représentation d’un Grr grr qui vient me piquer et m’agresser.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre œuvre ?

Avant de commencer, je percevais cette forme avec plein de dents, avec des mains crochues, avec plein de dards venimeux. Puis, une culpabilité est apparue, avec l’impression que je n’avais pas le droit de représenter cette partie émotionnelle, aussi méchante, aussi désagréable. Quand j’émerge de ces attaques, j’ai beaucoup de mal à trouver du positif dans ce que me fait vivre cette partie, même si dans le passé elle m’a permis de rester en vie.
Alors, j’ai repris mes idées de départ, mais en les adoucissant.
– J’ai dessiné une espèce de forme, avec deux mains, comme pour rappeler un petit côté humain, un semblant de visage avec un gros œil, deux jambes, avec des pieds.
– Puis pour le reste du corps, ce sont des formes que j’ai mélangées en faisant apparaître dedans une bouche, avec des grandes dents et une main qui en surgit.
– Plus bas, sous ce premier dessin, j’ai fait apparaître une autre espèce de visage, qui doit faire un peu moins peur.
– Pour terminer ma forme, j’ai dessiné cette queue avec ce dard au bout, ce dard qui exprime le fait que je suis anesthésiée dans le présent, à cause de sa piqûre et qui exprime donc le mouvement d’une dissociation.
Pour les couleurs, je ne voulais me servir que des divers crayons Conté, sanguine. C’est le côté rouge sanguine qui m’a attirée, avec ce léger gris.
Je voulais me salir les mains, c’est un peu étonnant car Béatrice, l’adulte n’est pas effrayée si elle laisse des marques de doigts sur son travail.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Crayon conté à Paris sanguine Medecis / France 618
Pierre noire 3B
Crayon conté à Paris sanguine XVIIIe / France 611
Crayon conté à Paris sanguine / France 610
Crayon graphique HB

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Quand j’observe ma production, j’ai cette impression de ne pas être arrivée à traduire ce moment où, pendant la dissociation, la souffrance est là. Mais j’ai quand même fait apparaître une forme qui me semble pas assez juste, assez adaptée.