BMP – Le vide pas si vide que ça

Je voulais représenter ce vide en moi, cette solitude dans ma tête. Pourtant Béatrice sait qu’elle n’est pas seule, mais ça reste en ce moment comme ça, comme une incapacité de réfléchir et d’avancer. Comme si une partie émotionnelle voudrait pousser mon cerveau à m’isoler totalement de tout et de tout le monde. Un agacement est là, une nervosité, mais aussi une contrariété qui ne me quitte pas, je ne sais pas si c’est elle qui a déclenché ces situations mélangées avec de mauvaises idées. Dans ma tête c’est bourré, je sens mon pouls s’emballer, comme pour prévenir que cette bombe en moi va exploser et faire des dégâts. Il y a cette sensation d’ébriété, de brouillard qui est aussi présente, mais cet ensemble est lourd dans ma tête. Je suis un yoyo, je suis moi, je ne suis pas moi, je monte et je descends.

Mais finalement quand je regarde mon dessin, celui-ci n’est pas si triste, il reste dans le mouvement, et c’est cela que je retiendrais en le regardant, et que je suis capable aussi de remonter la pente.
Des petites piques sont dans l’air. Maintenant je répondrais : qu’en savez-vous, que je ne fais pas tout pour me battre ? Vous êtes dans ma tête, dans ce corps ? J’ai cette impression d’entendre mes mères nourricières ! Tu es nulle, tu ne vaux rien, tu n’as le droit que de mourir ! Tu es notre « chose » bref vous savez ces mots qui donnent envie de monter sur un pont et de se balancer dans le vide ! Vous savez voler ! Parfois il m’arrive de vouloir aller sur le pont de la Loire et de regarder l’eau, à me demander si c’est assez profond, et je m’imagine en train de sauter, et de me noyer, mourir quoi. Mais ça aussi ce n’est pas Béatrice. Mais c’est violent dans ma tête en ce moment d’y aller faire un tour… Je me demande si c’est la même partie émotionnelle qui m’a fait sauter dans le Cher, il y a quelques années, tout comme de vouloir me pendre.

Mon ex me craint des ennuis ! Mon passé me bouffe, la séparation, la tuerie, les dissociations, les cauchemars, les flachs, ce sang que je vois partout, mes séquelles physiques qui me bouffent ! J’essaie de m’accrocher au temps présent, mais lui se faufile pour se perdre dans le futur, comme si celui-ci voulait lui faire la peau !

Je hurle dans ma tête que celui-ci gagne ! Car j’aime la vie, j’aime rire, j’aime les surprises, j’aime me battre oui ça aussi, car c’est me battre pour le mot vivre ! J’aime faire plaisir, j’aime me donner à fond, oui j’aime embrasser la vie, j’aime les explosions ! J’aime ce qui me fait avancer, qui me fait des éclatements dans ma tête ! J’aime voir les couleurs voler dans tous les sens, comme un feux d’artifice 🙂 j’aime la vie tout simplement et profiter des bons moments, j’essaie d’être comme vous tous, même si c’est difficile.

Alors ne me jugez pas comme l’ont fait mes mères, mes violeurs etc en disant que je ne suis pas capable ! Tant mieux si la vie vous sourit, j’en suis heureuse. Tant mieux si vous ne savez pas ce que c’est de souffrir à en hurler dans votre tête. A vouloir en mourir ! Tant mieux ! Ne me juger pas et ne me mêlez pas à vos histoires.

Chacun à sa place comme Emmanuelle me l’apprend sur ce blog, voilà et j’y arriverais !

Je me bas, et un jour j’espère que ça cessera de me martyriser dans mon cerveau et que ça sera le soleil que sera là tous les matins à mon réveil ! Et cette joie de vivre.

Je vous laisse, je déborde dans ma tête. Mais la vie est belle à vivre malgré tout, c’est vrai non ? Mais c’est flipant dans ma tête en ce moment.

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : orange, jaune citron, violet, rouge écarlate, rouge vermillon, cramoisi d’alizarine, violet, bleu de Prusse, jaune fonçé, vert écarlate, vert jaunâtre.
Couleurs liquides aquarelles, en pipettes.
Éponge, brosse à dent.

BD – Réflexions

J’ai l’impression de ne vivre qu’avec des étouffements et des dissociations en ce moment. Beaucoup plus que d’habitude. C’est épuisant. Mais c’est important aussi que je puisse rester dans le présent et de m’y accrocher et d’observer tout ce qui se passe autour de moi. Tout comme de tenir chaque jour mes pinceaux entrent mes doigts.  Même si c’est de courte durée et compliqué. Je ne m’y maintiens. Avant de commencer un manteau sur une esquisse, je fais l’exercice du livre  « gérer la dissociation d’origine traumatique » : « le toucher  » avec les pinceaux.
Je dois  maintenir l’art-thérapie car je sais et je suis consciente que je peux basculer du jour au lendemain dans les médicaments et l’automutilation. Je ne dois pas me laisser entraîner dans les moments difficiles que je vis actuellement. Et encore moins me laisser aller. J’essaye de me bousculer car personne ne peux le faire à ma place.
Personne ne peut respirer à ma place convenablement et prendre les pinceaux. Et personne ne peut rester dans le présent à ma place. C’est à moi de le faire et de battre devant toutes ces situations qui me font pas mal souffrir et qui me déstabilisent.
Même si j’ai envie de hurler et que je suis en colère je dois faire mon possible pour affronter. Je garde cet espoir d’un mieux, sinon je n’aurais plus cette force de me battre.


Et puis sur ce blog Art  Thérapie Virtus c’est l’entraide qui est là et non une secte où je ne sais quoi d’autre
Alors pas de bordel dans ce petit coin de paradis !
Ah oui je ne suis pas une Art-thérapeute non plus,
Je suis juste une victime qui ne veux plus en être. Je suis juste BMP qui s’éclate en peignant et qui veut donner cet exemple que le dessin aide énormément.. 🙂 criboudiou..


Ma nouvelle manie : je relis encore et encore mes textes, toujours cette frayeur de faire mal, où de mal écrire : le sens de mes dires, alors je vois si un mot n’est pas mieux qu’un autre. Parfois ça me met en colère car je me dis que c’est encore un problème de confiance en moi.
Et quand je relis mes textes,  que j’ai beaucoup de dissociations, le sens de mon texte je le trouve différent de celui du départ de mon écrit. Alors que finalement il reste le même. Le problème est que j’ai cette frayeur qu’une autre partie émotionnelle prenne la relève et soit plus violente dans ces dires. Une situation angoissante. Car le mot créer des histoires est là et que Béatrice adulte elle ne le souhaite pas.

Oui je sais c’est compliqué dans ma tête.