BMP – Quelque chose de mal ?

« j’avais cette impression d’avoir fait quelque chose de mal. Et pourtant, « Béatrice adulte » ne voyait pas ce qu’elle pouvait avoir fait de travers, mais que malgré tout, elle pensait qu’Emmanuelle lui en voulait. »

Mon but est de créer un dessin sur ce paragraphe et de le comprendre. Quand je le lis, dans ma tête cela me fait penser à trois parties émotionnelles,
1 – Il y a la partie qui est toujours en train de se dire : oui c’est moi qui ait fait quelque chose de mal et qui m’en accuse, c’est automatique, je ne réfléchis pas, je suis incapable de prendre du recul. Je dirais que c’est la partie qui a été éduquée de cette façon.
2  – Il y a la partie qui est Béatrice adulte, qui est là et qui n’est pas là, celle de tous les jours, qui essaie de ne pas se prendre la tête tout le temps. Plus posée aussi dans ses réflexions et gestes, qui a la tête sur les épaules.
3 – Et pour finir cette autre partie, la dernière, qui cherche et veut comprendre absolument si oui ou non elle est responsable. Elle recherche éventuellement son erreur s’il n’y en une, pour ne pas recommencer, et la comprendre aussi, cette partie est plus posée, malgré les dissociations.Je dirais qu’elle ressemble pratiquement à Béatrice.
Je devais donc réfléchir ensuite pour mettre mes idées sur papier et les développer dans le montage de mon esquisse, de faire une création à partir de tout ça.

Comment pouvez-vous dessiner ça ?

J’ai donc rassemblé mes idées dans ma tête et hop le premier coup de crayon était rapide pour dessiner cette partie : Je l’appellerais visage 1
1-  Il y a la partie qui est toujours en train de se dire : oui c’est moi et de ma faute, et qui donc d’office s’accuse. Sans réfléchir, incapable de prendre du recul. Je dirais que c’est la partie qui a été éduquée comme cela.
Ensuite j’ai continué en réalisant le 2ème visage :
2-  C’est la partie Béatrice adulte, qui est là et qui n’est pas là, celle de tous les jours. Qui essaie de ne pas se prendre la tête tout le temps. Qui a la tête sur les épaules.
Puis j’ai ensuite continué mon esquisse une fois après avoir observé de loin un peu, afin de voir si mon idée était bien celle-là et j’ai donc terminé par le dernier visage :
3- Et pour finir cette autre partie et la dernière cherche et veut comprendre absolument, elle recherche éventuellement son erreur, s’il y en une, mais cette partie je dirais est plus posée, malgré les dissociations. Je dirais qu’elle ressemble pratiquement à Béatrice.
J’ai repris mon écrit car je suis incapable de trouver un écrit différemment pour expliquer mon esquisse. C’est limite que cette idée fuit de ma tête, et je la retiens pour pouvoir bien l’expliquer et la dessiner sur feuille. La poser.
J’ai cette impression de ressentir un courant d’air dans ma tête, comme si son intérieur allait s’envoler.
Pour la finition de mon esquisse, je devais faire une forme qui représenterait un corps, qui lui tiendra les trois visages.

Pour la réalisation du manteau aquarelle de mon esquisse, mettre des couleurs n’a pas été fait dans la foulée ; j’ai beaucoup réfléchi, et ma première idée a été de n’utiliser que le crayon, mais en observant de loin mon esquisse, en réfléchissant, je me suis dit que si je faisais tout au crayon, on ne verrait pas la différence entre les 3 visages, parties émotionnelles, c’était donc impossible. Je devais donc revenir sur les couleurs, je devais en mettre, même si celles-ci ne seraient pas pétantes, car la situation que doit refléter mon dessin n’est pas gaie, donc les couleurs devaient être cohérentes, avec ma façon de voir.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : Terre de sienne brûlée, rouge rubis, violet, rouge vermillon, noir d’ivoire, blanc de Chine. Finition, crayons de couleurs aquarelles.

Qu’avez-vous ressenti ?

Pour la réalisation de mon esquisse, dans ma tête je devais faire des visages adultes et non enfants, car je me disais toutes ces parties émotionnelles avaient grandi avec moi en adulte, même si celles-ci restent parfois coincées dans le passé.
C’était important de me dire cela, c’est comme me rappeler que mes dissociations font parties de moi. Ce côté où je dois me dire, oui c’est comme ça, ça fait partie de ma vie de tous les jours et il ne faut que je le nie. Je devais aussi réunir les trois visages, je ne devais pas les séparer c’était comme cela aussi dans ma tête.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin, je dirais qu’on enlève, on retire avec les mains des masques pour montrer le vrai visage de la personne,
Ça représente bien ce que je voulais faire ressortir par rapport à ce paragraphe. Je ressens un côté étonné en moi, mais je n’arrive pas bien à comprendre pourquoi.
Pas vraiment d’angoisse forte non plus. Je me dis aussi de bien ce connaitre c’est grimper un chemin périlleux, pour arriver au bout à un chemin plat, plus calme, plus clair et lumineux avec beaucoup plus de force.

BMP – La petite fille qui endosse la culpabilité

Emmanuelle : Dessinez la petite fille qui endosse la culpabilité.

Comment illustrer ce mot culpabilité pour que celui-ci soit moins présent dans ma tête ? Et comment représenter en dessin ce qui me fait mal ?
Les mots :  fautive, avouer, pardon, punition, juger,  sortent tout de suite de ma tête. Tout comme :  mères nourricières.
Je sais dans ma tête que c’est la petite fille beatrisse qui ressent cela, donc ce sera une petite fille qui « servira » pour réaliser mon esquisse. Mais je me dis aussi, après réflexion, que d’autres parties émotionnelles culpabilisaient pour un oui et pour un non. Et ce simple mot me rend malade et me provoque des moments de mal-être total.
Béatrice adulte, essaie de poser les choses à plat et de réfléchir, de prendre du recul pour avoir son avis à elle sur ce qui se passe, mais cela ne marche que quand elle n’est pas fortement dissociée, car quand elle est dissociée la situation est plus que compliquée. Et en plus, il y a une angoisse qui ne la quitte guère, ce qui n’arrange rien. Il me faut tout le temps m’interroger sur ce que j’ai fait ou sur ce que je n’ai pas fait (ce que voulaient les mères nourricières) ce qui fait que je me sens toujours coupable de quelque chose.

Comment avez-vous dessiné ?

Je vais y mettre Béatrice adulte et y mettre ses parties émotionnelles en un seul visage. Je me disais en un seul visage, car les nattes je les ai portées longtemps en coiffure. En un seul visage car même si ce sont différentes parties émotionnelles celles-ci sont en moi. Elles ont grandi avec moi.
Puis je rajouterais ce fameux point d’interrogation qui lui fera ressortir ce côté en moi qui ne cesse se poser des questions.
Au dernier moment sur le dos de Béatrice adulte j’ai mis cette grosse pierre, qui représente ce poids de la culpabilité que je porte sur mon dos, à cause des différents événements qui me tombent dessus et que je dois vivre.
1 – béatrisse
Bleu céruléum (535)

Elle est celle qui a subi les viols paternels.
Elle est une fillette de 4 ans. Elle aime son papa qui jouait avec elle.
Elle est gentille et naïve. Parfois elle s’excite lors d’une bonne nouvelle.

2 – Béaa
Orange (235)

Elle est la partie agressive de la petite beatrisse. Elle est en colère. Elle n’apparaît pas souvent mais elle veut tuer. Elle ressent du dégoût du toucher visqueux etc. C’est une partie qui imite l’agresseur – elle est agressive, c’est elle qui apparaît dans le cabinet du psychiatre

3 – Béa
Violet (336)

Elle est adolescente, elle a vécu les viols du Gros et du reptilien. Elle est très grossière, ordurière, mais elle protège la petite beatrisse.
C’est une partie aidante – et pourtant qui imite l’agresseur – elle est agressive.
Partie émotionnelle coincée dans le passé dans son foyer adoptif.

4/ BG
Vert vessie (623)

Elle signe ses dessins BG – Elle a douze ans. Elle sait ce que lui a fait son père. Elle a de la colère, mais n’est pas agressive.
Une variante de la partie émotionnelle Béa.

Pour la réalisation du manteau de mon esquisse, je pensais qu’il devait y avoir peu de couleur mais que ces couleurs devaient ressortir au niveau de ce visage qui représente mes personnalités. Le reste de mon dessin en gris et en noir.
Je trouvais que cette situation de culpabilisation ne méritait pas vraiment de couleurs, elle fait mal et n’aide pas. Je travaille toujours dessus.

Matériaux utilisés :

Dessin réalisé sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les crayon S & B.
Le crayon Pendel black.
Crayons de couleurs aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je me demandais si cette culpabilité qui ressort au moindre problème, pourra un jour être moins présente.
Je me demandais aussi si un jour je serais capable de me dire sans hésiter : « non tu n’as rien fait ! et ce n’est pas de ta faute ! »
Il y à eu cette souffrance qui était là car je ne savais pas répondre à mes questions, je ne sais pas si quand on a été violée ce genre de situation peut disparaître de notre tête, et de fait je ne crois pas. Peut-être qu’elle peut diminuer ce qui serait plus vivable pour moi.
Je me demandais s’il y avait une culpabilité qui pouvait aider, je pensais dans ma tête a ses remises en question qui sans cesse me poussent à chaque fois trop loin dans mes réflexions, et qui finit par me faire mal. Alors oui je me posais cette question, comme pour me dire, que réfléchir sur mes attitudes etc était « normal » comme pour m’excuser de me culpabiliser.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je me disais en regardant ce tableau, soyons responsable de nos gestes et de ce que nous disons, sans chercher après à aller se répandre pour trouver des excuses, pour ce justifier de nos actes ailleurs auprès d’autres personnes.
Que pousser la personne parfois à se culpabiliser peut vraiment faire souffrir celle-ci, mais aussi faire des ravages.
Comme pour ne pas porter nos torts sur notre dos, et les laisser aux autres personnes pour les endosser.
Là je me suis dit : Béatrice arrête de réfléchir ! L’angoisse montait trop et mes réflexions partaient un peu dans tout les sens.
Mais je reste persuadée que c’est un sujet intéressant à réfléchir.
Oui cette situation m’angoisse, fait mal et c’est le mot « indifférence » des autres personnes qui pointe son nez.
Après je me dis : tais-toi, n’aggrave pas les situations quand il y a des problèmes. Et le mot « transparente » est venue me recouvrir de son manteau.
Je me sens lourde.
Mais je me dis : tu es capable d’avoir un avis et ça me rassure.
Le mot jugement me perturbe.