BMP – Quatrième étape du deuil – La tristesse et la culpabilité

Je n’arrive pas à prendre du recul d’une manière “adulte” au sujet des ateliers de Chambray.
Je ne sais pas comment faire pour ne pas me sentir coupable et je ne peux m’empêcher de me sentir responsable.
Je ne sais pas faire et ressentir. Comment on fait pour ne pas se sentir responsable de tout ? pour ne pas tout endosser les responsabilités et décisions des autres ?
C’est comme m’être sentie, rendue coupable d’avoir regardé les roses en train d’éclore petit à petit dans ce jardin quand j’étais plus jeune et que les mères les avaient coupées, ou alors comme avoir mis cette langue rouge à ce nounous. Je n’en avais pas le droit, je n’avais pas eu l’autorisation. J’avais fait, j’avais osé, j’avais eu ces idées et ça a été un NON d’office.
Mon cerveau ne sait pas réagir autrement, et j’ai beau dialoguer avec lui, lui dire que je n’ai rien fait de mal, que c’était une bonne idée de vouloir partager cette expérience sur le blogue, je me sens coupable. Mon cerveau et moi, ça ne veut pas collaborer, chacun reste sur sa position.
Je n’arrive pas à ressentir de la vraie tristesse, sans qu’aussitôt ça me dise en moi que j’ai foutu le bazar, que je dois me tenir à carreau, que j’ai fait du mal.
Je trouvais que déposer sur une feuille ce que moi je ressens, ce que mon cerveau ressent, était difficile. Mais il faut absolument que je fasse comprendre à mon cerveau qu’il doit cesser de fonctionner de cette manière. Je dois lui apprendre à ne pas culpabiliser chaque fois qu’un projet ne se réalise pas, alors que j’y tiens. Je dois lui apprendre à faire la différence entre mes avis et ceux des autres personnes. Et que je ne dois pas me punir à chaque fois, en m’isolant ou en ayant envie de me faire du mal.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc mon premier coup de crayon a été pour représenter ma tristesse qui n’est pas constructive, car c’est bien celle-ci qui me culpabilise. Elle est subjective, pas objective, objectivement je n’ai rien fait de mal.
Donc j’ai dessiné cet œil, ces larmes de la culpabilité. Puis j’ai représenté par un visage légèrement de profil, la personne qui se sent coupable, qui prend la place dans le présent, qui envahie la pièce.
J’ai ensuite ajouté un corps, un corps qui se cache, qui a honte parce qu’il imagine qu’il a mis le bazar. Mais cette manière de voir, finalement perturbe l’adulte que je suis, l’adulte qui voudrait ne pas réagir comme cela. J’ai beau dire à cette partie émotionnelle qui est en moi qu’elle n’a rien fait de mal, ça ne fonctionne pas.
Il y a aussi que je ne suis pas sure non plus que ce soit une partie émotionnelle qui réagit ainsi.
J’ai tracé des limites dans mon dessin pour représenter ma tristesse face à ces ateliers, j’en parle sur le blogue, mais je ne dois pas m’éparpiller.
Mon cerveau se sent honteux, il culpabilise, mais il ne sait pas faire autrement.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, seuls le gris et le gris noir étaient présents.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Crayon aquarelle bleu foncé et bleu clair + eau
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.

Qu’avez-vous ressenti ?

•Je ne me sens pas bien à cette étape du deuil, car je ne sais pas comment ressentir la vraie tristesse, celle qui ne culpabilise pas.
• Je me dis aussi que je ne veux pas rester en position de victime. C’est bien le problème puisque mon cerveau réagit comme cela.
• Je me demandais pourquoi mon cerveau par moment n’arrive pas à réfléchir plus posément et comment faire pour qu’il soit plus réaliste devant des situations comme par exemple celle des ateliers de Chambray.
• Je me suis même dit que mon cerveau n’avait pas “grandi” et cela m’a fait très peur, comme si j’étais condamnée à rester une petite fille morte de peur et responsable de tout.
• J’ai ressenti de la colère, parce que ne pas comprendre cela me donne l’impression d’être handicapée, d’être une personne en retard.
• J’ai ressenti un espèce de trou dans ma tête : comme si mes réflexions ne venaient pas à ma tête.
• J’ai eu des moments de dissociations mais ça,  je pense que c’est dû au fait de m’en vouloir de ne pas réussir à faire comprendre à mon cerveau qu’il doit cesser de culpabiliser.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin je me disais : voilà j’ai réussi à faire comprendre ce que mon cerveau m’expliquait. J’étais rassurée, je me sentais un peu moins dans la culpabilité. Après ça reste plus compliqué.

BMP – Quelque chose de mal ?

« j’avais cette impression d’avoir fait quelque chose de mal. Et pourtant, « Béatrice adulte » ne voyait pas ce qu’elle pouvait avoir fait de travers, mais que malgré tout, elle pensait qu’Emmanuelle lui en voulait. »

Mon but est de créer un dessin sur ce paragraphe et de le comprendre. Quand je le lis, dans ma tête cela me fait penser à trois parties émotionnelles,
1 – Il y a la partie qui est toujours en train de se dire : oui c’est moi qui ait fait quelque chose de mal et qui m’en accuse, c’est automatique, je ne réfléchis pas, je suis incapable de prendre du recul. Je dirais que c’est la partie qui a été éduquée de cette façon.
2  – Il y a la partie qui est Béatrice adulte, qui est là et qui n’est pas là, celle de tous les jours, qui essaie de ne pas se prendre la tête tout le temps. Plus posée aussi dans ses réflexions et gestes, qui a la tête sur les épaules.
3 – Et pour finir cette autre partie, la dernière, qui cherche et veut comprendre absolument si oui ou non elle est responsable. Elle recherche éventuellement son erreur s’il n’y en une, pour ne pas recommencer, et la comprendre aussi, cette partie est plus posée, malgré les dissociations.Je dirais qu’elle ressemble pratiquement à Béatrice.
Je devais donc réfléchir ensuite pour mettre mes idées sur papier et les développer dans le montage de mon esquisse, de faire une création à partir de tout ça.

Comment pouvez-vous dessiner ça ?

J’ai donc rassemblé mes idées dans ma tête et hop le premier coup de crayon était rapide pour dessiner cette partie : Je l’appellerais visage 1
1-  Il y a la partie qui est toujours en train de se dire : oui c’est moi et de ma faute, et qui donc d’office s’accuse. Sans réfléchir, incapable de prendre du recul. Je dirais que c’est la partie qui a été éduquée comme cela.
Ensuite j’ai continué en réalisant le 2ème visage :
2-  C’est la partie Béatrice adulte, qui est là et qui n’est pas là, celle de tous les jours. Qui essaie de ne pas se prendre la tête tout le temps. Qui a la tête sur les épaules.
Puis j’ai ensuite continué mon esquisse une fois après avoir observé de loin un peu, afin de voir si mon idée était bien celle-là et j’ai donc terminé par le dernier visage :
3- Et pour finir cette autre partie et la dernière cherche et veut comprendre absolument, elle recherche éventuellement son erreur, s’il y en une, mais cette partie je dirais est plus posée, malgré les dissociations. Je dirais qu’elle ressemble pratiquement à Béatrice.
J’ai repris mon écrit car je suis incapable de trouver un écrit différemment pour expliquer mon esquisse. C’est limite que cette idée fuit de ma tête, et je la retiens pour pouvoir bien l’expliquer et la dessiner sur feuille. La poser.
J’ai cette impression de ressentir un courant d’air dans ma tête, comme si son intérieur allait s’envoler.
Pour la finition de mon esquisse, je devais faire une forme qui représenterait un corps, qui lui tiendra les trois visages.

Pour la réalisation du manteau aquarelle de mon esquisse, mettre des couleurs n’a pas été fait dans la foulée ; j’ai beaucoup réfléchi, et ma première idée a été de n’utiliser que le crayon, mais en observant de loin mon esquisse, en réfléchissant, je me suis dit que si je faisais tout au crayon, on ne verrait pas la différence entre les 3 visages, parties émotionnelles, c’était donc impossible. Je devais donc revenir sur les couleurs, je devais en mettre, même si celles-ci ne seraient pas pétantes, car la situation que doit refléter mon dessin n’est pas gaie, donc les couleurs devaient être cohérentes, avec ma façon de voir.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : Terre de sienne brûlée, rouge rubis, violet, rouge vermillon, noir d’ivoire, blanc de Chine. Finition, crayons de couleurs aquarelles.

Qu’avez-vous ressenti ?

Pour la réalisation de mon esquisse, dans ma tête je devais faire des visages adultes et non enfants, car je me disais toutes ces parties émotionnelles avaient grandi avec moi en adulte, même si celles-ci restent parfois coincées dans le passé.
C’était important de me dire cela, c’est comme me rappeler que mes dissociations font parties de moi. Ce côté où je dois me dire, oui c’est comme ça, ça fait partie de ma vie de tous les jours et il ne faut que je le nie. Je devais aussi réunir les trois visages, je ne devais pas les séparer c’était comme cela aussi dans ma tête.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant mon dessin, je dirais qu’on enlève, on retire avec les mains des masques pour montrer le vrai visage de la personne,
Ça représente bien ce que je voulais faire ressortir par rapport à ce paragraphe. Je ressens un côté étonné en moi, mais je n’arrive pas bien à comprendre pourquoi.
Pas vraiment d’angoisse forte non plus. Je me dis aussi de bien ce connaitre c’est grimper un chemin périlleux, pour arriver au bout à un chemin plat, plus calme, plus clair et lumineux avec beaucoup plus de force.