BMP – Quand j’ai envie de tout prendre


Quand j’ai envie de tout prendre et de faire un peu de ceci et de cela cela donne cela !
Quand je me suis levée ce matin, c’était un peu bizarre dans ma tête. Je dirai que je me sentais perturbée !
Du coup, j’avais envie de créer quelque chose d’un peu délirant et c’est ce que j’ai fait et que je vais expliciter.
Le soleil n’est pas trop là et en plus il fait froid ! Bref pas top ! J’ai sorti tout ce qui se trouvait dans mes tiroirs. Je voulais tout utiliser, avec l’envie de faire un tableau sur le printemps.
Je ne sais pas, mais je voulais mettre un peu de ceci, un peu de cela. Le délire parfois cela fait du bien !

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai donc commencé par coller sur ma toile de vieux restes de papiers crépon : bleu clair, rouge, et vert très clair. Puis j’ai pris de la colle mosaïque blanche épaisse et j’ai recouvert avec ma spatule tout le papier crépon que je venais de coller : une bonne couche, bien épaisse.
Un petit moment de délire.
J’aimais bien ce que je voyais, car à travers cette colle on devinait le léger relief des crépons. Ce que j’appelle la discrétion était là, ce n’était pas tape à l’œil, mais je ne sais pas si c’est ce que je voulais.
Une fois ma colle sèche, j’ai rajouté de la colle scotch, celle du tube vert. Je l’ai laissée couler dans tous les sens, comme ça venait. Puis sur cette colle j’ai rajouté plein de couleurs aquarelles liquides. J’ai mélangé le tout encore et encore. J’ai peut-être mis plus de violet et de bleu. Puis, je me suis rendu compte qu’en séchant la colle scotch formait de petits fils. J’ai eu envie de tirer dessus, cela me faisait penser aux mailles d’un filet de pêche. Je trouvais cela intéressant et là je parle de la texture et de son rendu.
J’ai donc pris une photo et en la regardant, je trouvais que l’on apercevait comme le bleu de la mer au loin, et des vagues violettes et blanches, emprisonnées dans le filet.
J’aime beaucoup cette photo car c’est l’imprévu qui parle 🙂
Puis, quant à délirer pour délirer, je voulais créer quelque chose avec ces fils de colle. J’ai pensé à les positionner et à les coller en forme d’un « tas » au milieu de mon châssis qui était bien riche en couleurs.
Pour terminer, j’ai retravaillé le reste de mes couleurs qui se trouvaient autour, pour faire apparaître comme une espèce de petite tornade, avec au centre cette espèce de trou noir, né avec l’ombre du moment présent.
Quand je dis “délire”, c’était bien ça : mettre de tout sur ma toile, un peu de ceci, un peu de cela et cela fait apparaître quelque chose d’inattendu.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Châssis en toile de coton 40 x 40 cm
Couleurs liquides aquarelles
Couleur pour soie et laine
Colle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Quand je regarde ma création, je sais que je ne me sentais pas vraiment là et je pense que ça a été un peu cela toute la journée. J’avais cette impression que dans ma tête tout se détachait. Je n’ai pas pu commencer à trier les dessins pour l’exposition à venir. Je me sentais fautive et le temps présent ne s’accrochait pas dans mon cerveau !

BMP – Quatrième étape du deuil – La tristesse sans la culpabilité


« La tristesse dans ma tête sans la culpabilité ».
Je continue sur ma lancée concernant l’émotion de la tristesse en moi. Le but, et ça je l’ai bien compris, c’est que je dois la faire évoluer dans le bon sens et je dois aussi ressentir cette tristesse sans être accompagnée par cette culpabilité. Mais je dois aussi faire comprendre à mon cerveau qu’il doit apprendre à regarder autrement sans se refermer immédiatement à cause de la frayeur et de la honte.
Ce mot tristesse, lié à la disparition de l’atelier me renvoie aussitôt la phrase : « je veux disparaître, je veux qu’on m’oublie, je dois laisser ma place, je ne dois pas être étouffante, je dois laisser les autres faire comme ils le veulent, les laisser respirer. »
Cette phrase je ne la sens pas comme négative. Je me dis : voilà la situation a tourné depuis le début, par rapport à ce que j’avais proposé, pour un tas de raisons, mais je n’en suis pas forcément responsable. L’important c’était de l’avoir proposée, d’avoir fait le pas, d’avoir osé. Cela je l’ai fait, maintenant  je dois laisser respirer les autres personnes et je dois continuer mon chemin tout en laissant faire les choses ; tout en observant.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Donc pour cette esquisse, je voulais représenter ce côté positif d’avoir proposé une idée, et cela je l’ai traduit par ce grand visage, qui représente la personne qui a fait et dit. (proposition de partage)
Puis j’ai continué en représentant cet autre visage de profil au centre de ma feuille, de mon dessin mais en beaucoup moins grand avec cet œil qui s’efface de plus en plus du présent. Cela veut faire comprendre que la situation a changé et que je me retire doucement de cette proposition pour finir en boule, ce que j’ai fait apparaître en bas de ma feuille. Le deuil est présent.
Pour concevoir le manteau en aquarelle, dans ma tête je voulais du rouge et encore du rouge et du gris. Je voulais jouer avec les deux couleurs en faisant apparaître un léger dégradé dans son ensemble.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Crayon aquarelle rouge + eau et un petit pinceau. Crayon HB, 2B, 9B.

Qu’avez-vous ressenti ?

• Dans ma tête les souvenirs de mon passé, en particulier mon amour de l’éclosion des roses dans le jardin où je faisais mes corvées et mon désarroi quand un matin j’ai découvert que tous les boutons avaient été coupés. Et surtout les rires des mères, elles avaient tué ce qui m’accompagnait tous les jours, ce tout petit moment précieux pour moi. Elles m’en avaient amputée, elles me l’avaient volé, elles l’avaient détruit.
• Je me faisais cette réflexion : mais qui a-t-il de mal à observer la nature naître, à regarder quelque chose de beau ? Pourquoi me punir pour autant ? Je n’y trouvais pas de réponse, et il n’y avait rien de logique dans cette punition, mais de la méchanceté.
• J’ai aussi repensé à la langue de mon doudou ours. Elles lui ont coupé la langue… Pourquoi lui avoir coupé la langue ? qu’y a-t-il de mal à vouloir s’exprimer ? Dans mon passé ce nounous était important pour moi. Et lui avoir cousu une nouvelle langue rouge était comme pour guérir une plaie.
• En dessinant j’essayais d’expliquer à mon cerveau que dans le passé il n’avait fait rien de mal et je prenais l’exemple des roses. Observer ce n’est pas mal, au contraire, car on apprend aussi.
• Je voulais aussi faire comprendre à mon cerveau que mon idée de « partager » sur le blogue les ateliers n’avaient rien non plus rien de déplacé ; je lui ai parlé à ce moment-là des mots « partager, laisser trace, sécurité. Ce sont les mots qui se sont présentés à moi.
• Il m‘est aussi encore arrivé de ressentir dans ma tête de l’incompréhension et de vouloir encore en trouver des réponses et de partir en vrille pour finir en mode dissociation.
• Il m’est arrivé aussi de revivre dans ma tête des moments où je devais dire pardon aux mères nourricières ce qui a provoqué une grosse angoisse.
• J’ai donc fait une pause et pour calmer mon angoisse j’ai lu le paragraphe du livre “Gérer la dissociation d’origine traumatique” de la page 331 à la page 345. Je trouvais que ce chapitre m’accompagnait bien sur ce chemin de deuil.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Au premier regard je le trouvais légèrement bizarre, Mais ce qui me faisait du bien c’est que le mot culpabilité ne ressortait pas dans ce dessin et je ne le ressentais pas non plus dans ma tête à ce moment-là précis en l’observant.
Là j’ai réussi à me dire que j’avais fait un petit pas en avant, que je faisais plus du surplace. Le mot victime était moins noir aussi.