BMP – Laisser le mouvement de l’eau se faire


J’avais commencé cette création avec des glaçons, mais une grosse dissociation a tout gâché.
Me dire que j’ai le droit de ne pas “réussir” du premier coup ce que je souhaite, ne pas le percevoir comme un échec. J’avance doucement sur cette situation.
Une idée m’est venue pour mettre ce mouvement de l’eau en « valeur » : faire apparaître une espèce de paysage dans beaucoup d’eau et je me dis que c’est en essayant que l’on finit par arriver et donc à donner à voir 🙂

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre production ?

Ma feuille bien à plat devant moi sur la table, je me suis installée devant la fenêtre qui était légèrement entrouverte juste pour respirer l’air frais du dehors, le laisser rentrer par mes narines comme la fraîcheur des glaçons.
Mon idée était que de prendre un spray rempli d’eau, ce qui me permettrait de mouiller ma feuille par petits bouts.
Je devrais également trouver le bon dosage pour ne pas trop mouiller ma feuille et faire aussi en sorte que le mélange de mes couleurs que je déposerais ensuite, ne crée pas, avec le mouvement de l’eau, une forme trop foncée, trop triste.
• La première étape a été de mouiller ma feuille en commençant par le haut, de manière à faire apparaître une petite marre d’eau.
• Puis j’ai pris mon pinceau à sec et j’ai déposé ma première couleur aquarelle qui a été le bleu qui me faisait penser au ciel.
• L’étape suivante a été de faire des mouvements en bougeant doucement ma feuille dans tous les sens, afin que mon surplus d’eau se mélange avec la couleur bleu-aquarelle et laisser le mouvement de l’eau se faire mais sans que celui-ci ne se propage trop sur ma feuille.
• Une autre étape a été de rajouter d’autres couleurs comme le jaune et le rouge toujours en mouillant ma feuille. Je voulais garder un peu d’eau en surface mais en veillant à la quantité d’eau et à son mouvement.
Plus j’avançais dans mon aquarelle et plus des petits mélanges de couleurs apparaissaient. J’ai laissé se faire ces nouveaux mouvements, qui correspondaient à ce que je voulais. je trouvais cela intéressant, car cela donnait un aspect embrumé, nuageux à ma production.
Et puis j’ai toujours encore cette envie de me cacher et de cacher ce qui me perturbe dans ma production, quand les mots sont absents et dans mon tête et dans le présent. De plus, j’apprécie ce côté mystère qui apparaît également. J’imagine que ce côté permet à la personne qui regarde mon aquarelle à ne pas se poser un tas de questions, juste à profiter de ce moment au présent. Peut-être que finalement l’art-thérapie est un cache est un cache secret 🙂 cache secret qui reste en mouvement permanent.
Voilà donc comment est née ma production. Mais à la fin je voulais enlever tout le surplus d’eau qui se trouvait sur ma feuille, cela ramenant un nouveau calme et finalement faisant apparaître un nouveau paysage 🙂
C’est pour moi l’infini de l’art-thérapie et j’apprécie cela 🙂

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Aquarelle réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles et le mouvement de l’eau.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon travail, je peux juste dire que j’ai passé passé un bon moment et que j’ai oublié pendant un temps ce qui me met des doutes dans ma vie en ce moment.

BMP – Explosion de couleurs en petits morceaux


Ce que je trouve  bien, c’est qu’avec un peu de peinture aquarelle et avec un peu d’eau on peut parfois faire advenir une forme inconnue et se mettre à voguer dans un autre monde. J’ai toujours cette impression que ce processus reste sans fin, que chaque nouvelle création peut fait naître d’autres dessins dans une autre structure.
Par moment je me demande si tout ne vient pas du geste de la main et du poignet : que ce serait là que tout commence, comme le début d’une vie, comme un secret intouchable. Il suffirait juste de poser des couleurs comme on le désire sur le moment et surtout y prendre du plaisir. Alors cela vient tout naturellement.
Explosion de couleurs en petits morceaux, comme un feu d’artifice, sans essayer de bloquer ces nouvelles petites naissances qui se font dans cette explosion.
Je voulais faire apparaître une certaine force dans cette explosion de couleurs, mais une force « douce » qui ne s’oppose pas à la liberté des couleurs et qui me permettrait de mettre dedans ce qui m’a blessée.
Je souhaitais également faire apparaître une petite touche mystérieuse, comme dans un monde féerique qui nous entraînerait dans sa magie.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour le début de mon dessin, j’ai choisi les couleurs vertes et jaunes. Je me suis servie d’un petit glaçon, je voulais que sa fonte fasse apparaître le premier mouvement qui allait s’élargir petit à petit avec les autres couleurs que je rajouterais.
Après mon autre idée était de continuer à faire éclore les autres couleurs avec ce qui resterait de la fonte de mon glaçon, avec un gros pinceau.
Donc pour en revenir au début de ce travail, mes deux couleurs étant bien mélangées avec l’eau de mon glaçon, je devais faire en sorte que ce mélange ne fasse pas brouillon et qu’il ne soit pas trop foncé. Il devait créer comme une touche d’air frais, qui ferait penser à l’air de la montagne. J’ai surtout travaillé la couleur jaune qui me faisait penser au citron acide que j’avais pressé ce matin.
Ce qui m’a le plus aidée, pour le premier mélange, c’est l’eau du glaçon. Celle-ci se déplaçait sur ma feuille, et je l’ai suivie en rajoutant avec mon pinceau de nouvelles couleurs tout en faisant attention à ce que mon œuvre ne paraisse pas étouffante.
Par moment il y avait le bleu ou le vert turquoise, qui me séduisaient et je devais faire attention à ce que ces couleurs ne soient pas ensevelies par les autres couleurs ou par le mouvement de la fonte de mon glaçon. Bref leur laisser un espace pour qu’elles s’expriment.
Cette production est donc née de la fonte d’un glaçon et d’une touche d’eau du robinet. Je pense que j’avais envie de créer avec un minimum de liquide.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche de 50 x 70 cm à grain fin
Aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin de loin, il me fait sourire. Car même si je l’ai travaillé dans les couleurs et dans le mouvement il me fait penser à un monde inattendu, un monde non contrôlé. Et c’est cela qui est plaisant à découvrir : cette petite touche mystérieuse et inattendue qui fait que regarder est agréable. Et puis j’y est déposé mon côté perdue.