11/ Symptômes négatifs de la PAN dans la dissociation structurelle primaire

La dissociation structurelle primaire
Page 70
Le survivant, en tant que PAN, est quelquefois capable de présenter une façade de normalité dans la mesure où les symptômes dominants de la PAN sont négatifs. Ce sont en effet des pertes de fonction, qui résultent souvent de la dissociation et d’un évitement mental de dangers perçus. Les pertes peuvent parfois être plus aisément déguisées, dissimulées ou ignorées, que les symptômes positifs. Parmi les pertes dissociatives, on range certaines amnésies (pertes de mémoire), un détachement subjectif de la réalité (avec conservation du contact avec le réel), diverses formes d’anesthésie sensorielle (par exemple, perte de l’odorat, de l’ouïe, de sensations), perte d’affect, qui produit un engourdissement ou une superficialité des émotions, et d’autres pertes qui seront abordées dans le chapitre 5. Ces fonctions peuvent être plus ou moins profondément dissociatives et, jusqu’à un certain point, on peut les trouver dans la PE: par exemple le rappel d’un souvenir traumatique avec les cognitions, les sensations et les affects qui lui sont liés.


Autres billets sur Le soi hanté

1/ Le soi hanté, dissociation structurelle et traitement de la traumatisation chronique
2/ Pour le thérapeute dans la dissociation structurelle par Erik De Soir 
3/ La dissociation structurelle de la personnalité
4/ Diagnostics et dissociation structurelle
5/ Notion de niveau mental
6/ Les actions substitutives
7/ Les actions intégratrices
9/ Les phobies qui maintiennent la dissociation structurelle
10/ Caractéristiques du souvenir narratif autobiographique

BD – Mon corps en ce moment


D’habitude je dessine mon corps, avec différentes couleurs, mais voilà, depuis quelque temps, mon corps souffre énormément, sans répit. Je ne peux passer qu’au stade de souffrance et c’est tout. En ce moment je ne me supporte pas, je veux mourir. Cette idée ne me quitte plus. Je ne peux plus beaucoup manger, je vomis trop, je vomis mes boyaux, je vomis ma souffrance et cela me fait mal, très mal, je vomis mes larmes, les larmes de mon impuissance, les larmes de ne plus avoir la force de réagir devant cette situation qui ne me quitte plus. Ce virus qui me ronge chaque jour. Je suis noyée dans ce corps, je ne le reconnais plus, je veux ignorer, je veux qu’il quitte mes pensées. Je le hais. Je me hais moi. Ma façon de réagir, de voir les choses. Je me hais, moi tout l’ensemble. Je me hais moi qui ressens ce corps partir en morceaux, se volatiliser, mais voilà comment sortir de cette mort qui m’appelle un peu chaque jour, qui me fait des sourires. Comment je peux retrouver cette force qui m’a permis de pouvoir survivre jusqu’à présent. Comment je peux, ma tête ne sait plus, mon cerveau est inondé par mes larmes et pourtant je suis là encore à me battre avec tous ces démons qui jouent avec moi.
Aujourd’hui dimanche, je suis bonne à rien, je suis une loque, je suis un corps troué, je suis un corps qui fait tout pour ne pas répondre à la mort, je suis moi qui voudrais luter encore et encore mais je ne suis plus forte. Ma souffrance m’aspire mon intérieur. Je suis mal et je souffre.
Mon dessin représente deux corps : un corps en rouge et noir – cela me représente moi en ce moment, une souffrance terrible aussi bien physiquement que psychologiquement – et l’autre corps, ressemblant à ce que je voudrais être : moi en train d’embrasser la vie, moi avec un corps n’ayant plus de souffrance, un corps qui ne luttera plus contre ces démons, un corps qui arrivera à s’exprimer et même des mots sur son passé, un corps plein de vie, un corps qui embrassera la vie, qui lui sourira, un corps qui pourra ressentir la vie, de joie, d’éclat de rire, un corps qui se regardera dans une glace et qui n’aura plus honte, un corps qui aura un cerveau tout neuf qui ne sera plus noir à l’intérieur, pouvant vivre avec de nouvelles sensations, un corps qui ne recherchera plus à se faire souffrir en ce mutilant, un corps qui ne cherchera plus à mourir, un corps qui soit symbiose avec toutes mes personnalités. Voilà ce que je veux : un corps comme cela, qui voudra se lever le matin pas à reculons. Voilà ce que je veux : mais pour l’instant ce n’est pas cela, mais peut-être qu’un jour je l’aurais ce nouveau corps…


Les autres billets de BD

BD – Dissociation
BD – Collage n° 1 – Nuit agitée
BD – Collage et commentaires
BD – Collage n° 2 – Cerveau 2
BD – Dessin n° 2 – Interdiction d’aimer
BD – Dessin n° 1 – Colère
BD – Lettre n°1 – à ma mère
BD – Collage n° 3 – Cerveau qui disjoncte
BD – Je me fais mal !
BD – Collage n° 4 – Scarifications
BD – Collage n°5 – Mal de tête
BD – Dessin n° 3 – Contours du corps
BD – Dessin n°4 – Colère/calme
BD – Dessin n°5 – Douleurs du corps
BD – Lettre n°2 – A ma mère – Plainte
BD – Dessin n°6 – Hôpital
BD – Lettre n° 3 – A ma mère –  Ce que j’aurais aimé
BD – Dessin n°7 – La douleur dans mon corps
BD – Dessin n°8 – Mon corps en mosaïque
BD – Dessin n° 9 – Le dieu Pan
BD – Dessin n° 10 – Le dieu Pan n°2
BD – Collage n° 6 – Mots
BD – Collage n°7 – Sommeil
BD – Lettre à mes mères nourricières
BD – Mosaïque des mères nourricières
BG – Collage n°10 – La Toussaint, la fête des morts
BG – Peinture n°1 – Abandon
BG – Peinture n° 2 – Le cimetière
BD – Lettre à mon père n° 1
BG – Peinture n° 3 – La mort de mon père
BD – Lettre n° 2 à mon père
BD – Peinture n°4 – Les larmes
BD – Peinture n°5 – L’angoisse
BD – Mes troubles dissociatifs
BD – Collage n°11 – Rouge de colère contre ses alter ego
BD – Les pulsions qui reviennent
Lettre de Dominique à Béatrice sur la dissociation 
BD – Peinture n°7 – Les larmes blanches
Béatrice, Grr Grr et Béatrisse
BD – Travail sur les photos de Grr Grr
BD – Pas question de tout bousiller sur le blog
BD – Culpabilité / responsabilité
BD – L’impuissance, le lâcher prise
BD – La peur
BD – Mes émotions et moi – Impuissance pour mon fils
BD – Texte sur le dessin de Michelle – Moi et l’autre
BD – Lettre n° 1 à Grr Grr
BD – Après le billet sur le dessin de Michelle – ma douleur, ma souffrance, et moi
BD – Souffrance et douleur