BG – Collage n° 10 – La Toussaint, la fête des morts

Vous savez pourquoi mourir me fait peur et le mot aussi ? car ce jour-là, je serai enfermée dans ce cercueil dans le noir, sans lumière, serrée. Oui car dans le cercueil ce n’est pas grand, et je vais avoir cette sensation d’étouffement. Moi qui ouvre partout chez moi et je vais me retrouver seule, encore face à l’angoisse. Comment je vais faire ? La mort c’est quoi au juste ? qui peut me rassurer là-dessus. Qui n’a vraiment pas peur de la mort réellement, et qui vous dit que un jour on ne sera pas enterré vivant ?

Non j’aime pas, j’aime pas car cela fait partie de la mort, de la même famille, pourquoi vouloir nous faire rappeler cette peine de cet perte de nos personnes que l’on à aimées et chéries. Je ne comprends pas, pourquoi faire ressortir cette peine qui me fait tant souffrir et que je n’ oublie pas. Moi je ne peux pas oublier ses moments passer avec eux qu’ils soient bons ou mauvais, et tous les jours il y a quelque chose qui me fait me souvenir de leur existence, et pour moi, on a chacun sa façon de faire son deuil, de pleurer à sa façon, en public ou alors sous sa couette comme moi. Car je pleure sous ma couette, ou alors éviter le sujet, comme moi aussi.
Car dans ma tête, le mot me rend malade et folle, ce mot mort m’angoisse. Il me hante ce mot, il me rend dingue, alors je refuse de vouloir faire face, être face à cette mort. Car quand ma souffrance est trop grande je la souhaite cette mort, mais là c’est moi qui la décide, pas elle.
Elle nous prend par surprise, elle n’est pas honnête, elle est mauvaise, c’est ce que je pense d’elle, elle fait du mal aux personnes qu’on aime. La mort porte bien son nom, très bien même. Je pleure de colère aussi, car ces personnes sont parties trop tôt. Pourquoi ? Les punir c’est ça ? Alors moi, j’aurais du mourir plusieurs fois, ça me met en colère, en colère parce que je n’ai pas pu profiter assez d’elles ; en colère parce que je me sens encore abandonnée.
Une fois de plus, en colère parce que, je me revoie petite, aller au cimetière encore et encore et que l’on ne m’a jamais demandé mon avis. Mon avis sur la mort. On ne m’a jamais expliqué et ça c’est une chose terrible.Vous savez pour moi je n’ai pas besoin d’aller à l’église ou au cimetière déposer des fleurs, ces fameux chrysanthèmes. Je vous dirais pas terrible comme fleur et pourquoi cette fleur là, moi je mettrais des roses de toutes les couleurs pour mettre et pour déposer de la chaleur sur leur tombe, ma chaleur à moi et mon amour, car en fait, la fête des morts c’est pour dire aux personnes qui sont mortes qu’on les oublie pas qu’elles sont toujours dans notre cœur, et qu’on a toujours à leur égard, beaucoup d’amour et de tendresse, et que leur chaleur nous manque beaucoup, enfin. On peut le faire aussi chez nous devant une photo. Pourquoi aller au cimetière, et puis pour moi il n’y a pas que un jour dans l’année pour penser à eux , c’est tous les jours. Ça aussi cela me met en colère, je trouve ça ridicule et puis quand je ne vais pas au cimetière cela me permet de me dire que quelque part elles sont encore vivantes toutes ces personnes.

Emotion esthétique par Annie Franck

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Seule l’intensité de l’instant signale l’existence de ce gouffre. C’est un moment de saisissement où tout un pan de l’histoire – des deux cotés – se trouve ramassé, et où, aussi, tout le déroulement des séances précédentes se rassemble : le transfert se révèle. 
Espace de résonance d’un inconscient à un autre, il se découvre, horizon inexploré. Toujours inaugural, il met soudain à jour ce qui demeurait indicible et qui reste vertigineusement énigmatique.

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