BMP – Il arrive qu’une ou deux de mes parties émotionnelles veuillent que je me punisse


Je voulais aborder le sujet suivant : il arrive qu’une ou des de mes parties émotionnelles voudraient que je me punisse quand je n’arrive pas à faire quelque chose, ou bien alors quand je fais de travers, ou encore quand une grosse angoisse inexpliquée surgie. Cette situation intervient également quand j’ai trop de dissociations.
Mais j’ai remarqué que quand Grr grr intervient, c’est moins violent dans ma tête une fois que je suis redevenue Béatrice adulte.
Je voulais essayer de mettre ce sujet sur feuille, car par moment c’est très violent en moi.
Je pense que c’est la partie émotionnelle adolescente qui réagit de la sorte. Quand je me sens dans le présent, j’essaie de la rassurer, mais aussi en lui expliquant que ce n’est pas bien et pourquoi. C’est ce qui est conseillé dans le livre : « Gérer la dissociation d’origine traumatique« . Et c’est ce qu’on m’a aussi conseillé.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour commencer mon esquisse, je me suis dit qu’il fallait que je retranscrive dans mon dessin cette souffrance qui vient de l’ado Béa mais aussi du moi adulte quand elle arrive dans ma tête cette « pulsion » de vouloir me punir. Quand je ressens cela en moi, j’essaie de dévier ma concentration sur quelque chose de positif et de constructif. Mais il y a aussi des moments où je ne sens rien et je parts dans un délire et je finis par disparaître. Mon idée était d’intégrer les deux parties émotionnelles : l’ado et moi.
Je devais également faire apparaître ce geste de se faire du mal avec ce cutter. Attention cela ne veut pas dire que je passe à l’acte. Mais dans ma tête je le dois et c’est ça qui est dur à gérer quand je suis Béatrice bien dans le présent c’est cette souffrance. Cette incertitude de ne pas arriver à passer au-delà de cette pensée.
De même je souhaitais, à travers mon dessin, malgré la situation, faire apparaître une émotion esthétique : cela s’est montré difficile, mais je le voulais. Créer malgré tout, un peu de douceur dans ce geste brusque et dangereux.
Mes idées étaient réunies je devais les faire parler dans les représentations.
• J’ai donc commencé par dessiner ce corps visage avec cette bouche grande ouverte, qui fait parler cette souffrance, mais aussi, l’ado Béa qui souhaite me pousser à me faire du mal, me punir. Cette partie-là, qui apparaît subitement et envahit le présent.
• Puis j’ai continué mon esquisse, en faisant apparaître le bras où est incorporé le cutter. Le geste de me faire du mal, de me punir, cette pensée est là.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, Juste ce blond de l’ado Béa et ce rouge sang qui dans ma tête m’apaisait.
• Le reste en gris différent tout en marquant plus cette couleur par endroit en la ponçant avec mon doigt.
• La couleur grise comme pour exprimer un deuil, comme pour cracher quelque chose en tant que Béatrice adulte qui me gênait.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Peinture conçue sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons de papiers, HB, 3B, 4B. Feutre rouge aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin de loin, la première chose que je recherchais était cette émotion esthétique, j’avais cette peur de faire apparaître de l’angoisse et de la frayeur dans mon dessin, je me serais sentie fautive. J’ai la gorge serrée, mais je ne sens pas d’angoisse du moins j’en suis peut-être incapable.

BMP – Un tableau de pétales de roses séchées


Un tableau de pétales de roses séchées, rehaussé par des couleurs aquarelles.
Cela faisait un petit moment que j’avais mis de côté ces pétales de roses que j’avais installés à sécher, car tout ce que je peux récupérer, je le garde, en me disant que cela pourra servir un jour pour créer un nouveau tableau.
Ça me permet aussi de croire que ces matériaux qui pourraient être jetés ont droit à une nouvelle vie et que c’est ce que j’aime faire.
Mais ce qui m’ennuyait c’est que ces pétales étaient un peu trop de la même couleur, que cela ne serait pas assez gai.
Donc c’était à moi la « petite sorcière“ de trouver comment faire pour apporter du pétant. Donc j’ai cogité.
J’avais une première petite idée : faire un arc-en-ciel en peinture aquarelle, mais je ne l’ai pas gardée parce que j’ai pensé que cela ne se verrait pas assez sur mon tableau.
Je voulais faire naître quelque chose de haut en couleur mais tout en gardant une certaine limite à ne pas dépasser.
Je ne sais pas, mais j’avais aussi une autre idée : m’arrêter sur des couleurs boisées, je dirais même fruitées, j’avais en tête les couleurs du bois de la forêt, des senteurs de l’été.
Là, j’avais de quoi faire apparaître une production agréable aux yeux.
Je devais juste peaufiner mes idées et mettre à plat sur mon châssis.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation votre œuvre ?

Je me suis installée dehors. J’avais emmené tout mon matériel que j’ai déposé sur la table. Un fond de musique et hop c’était parti.
• Mon châssis était à plat devant moi : il fallait qu’il soit bien droit et à plat, pour ne pas faire couler les couleurs sur les côtés.
• J’ai ensuite pris une spatule de gabarit moyen et j’ai commencé à étendre le produit Modoling Paste de couleur blanche. Je souhaitais que le fond soit neutre, comme vierge, qu’il n’ait aucune empreinte, aucune tache.
• Une fois après avoir bien étalé mon produit sur le châssis, j’ai laissé sécher en hauteur.
• Je l’ai récupéré environ deux heures après. Toujours bien à plat devant moi. J’ai commencé à mettre mes premières couleurs. Pour ça j’ai donc choisi d’utiliser les couleurs liquides aquarelles.
• Comme par moment je me transforme en « petite sorcière », mon idée était donc de faire des petits mélanges, mais sans utiliser un pinceau, rien. Juste laisser faire ce qui se passait dans le temps présent quand je verserais mes couleurs les unes sur les autres.
J’ai commencé par mettre une goutte de jaune et par dessus ce jaune, j’ai laissé tomber une autre goutte de couleur rouge, ainsi de suite en espaçant mes petits tas de couleurs différents entre eux.
Le résultat était étonnant, car je suis restée sur la surprise de découvrir finalement les différentes tons imprévues de mes petits « tas ». Je voulais impérativement laisser faire ce qui se passait à chaque instant sans intervenir. Laisser ma spontanéité être totale.
• Puis l’étape suivante a été d’émietter mes pétales de roses sur les différents tas de couleurs, sans trop les étouffer, mais sans trop laisser de blanc. Je devais modérer mon geste.
À ce moment de ma création, je trouvais le rendu agréable, mais il manquait des couleurs, quelque chose n’était pas rassasié en moi.
• La dernière étape a donc été de rajouter un léger zeste de couleur aquarelles liquides, en faisant attention à bien doser.
• Et j’ai laissé sécher le tout, toute la nuit, dehors à l’abri.
Voilà donc comment est né mon tableau 🙂

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Pétales de roses séchées
Modoling Paste de couleur blanc
Encres de couleurs aquarelles
Châssis en coton blanc 46 x 38 cm. Spatule, colle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant ma production, je me disais que par moment, laisser faire, sans intervenir, peut donner un résultat très agréable pour les yeux.
J’ai apprécié de provoquer le début mes petits mélanges, même si par la suite je devais aller jusqu’au bout de mon idée, m’y tenir, c’est-à-dire laisser les mélanges se faire d’eux-mêmes sans intervenir avec mon  pinceau.
Après il y a bien sûr, cette petite angoisse de louper. Mais malgré tout, Béatrice l’adulte qui était là à observer sa production et elle se disait que ce n’était pas grave, qu’il n’y avait pas “mort d’homme“. Mais je sentais bien aussi que je ne devais pas me poser trop de questions.
Entendre le bruit que l’émiétage les pétales était aussi agréable ainsi que l’odeur. Cette odeur qui me rappelait le côté chaud de l’été, une senteur qui évoquait des odeurs de bois. Juste à la limite apaisant.