BMP – Somatiser


Je voulais travailler un peu sur cette notion, car par moments on se demande pourquoi le corps réagit ainsi et si cette réaction est normale et peut s’expliquer.
Il y a une chanson qui dit : « Quand mon cerveau dit « ouille » et que mon corps répond « aïe » », qui pour moi explique bien 🙂 elle cache certains mots comme la somatisation. Enfin pour moi et je trouve qu’elle est superbement bien chantée. Voici le lien de cette chanson que nous connaissons bien : j’ai la rate qui s’dilate, j’ai le foie qu’est pas droit…. https://www.youtube.com/watch?v=mluu9VIGifQ

En ce qui concerne la somatisation, j’ai trouvé le lien suivant :

http://www.aucoeurdusens.fr/pdfsite/Somatisation%2 site/Somatisation%20la%20plainte%20du%20corps.pdf

En grec, « soma » signifie « corps ». La somatisation est la traduction d’un conflit psychique en affection somatique. Historiquement les premières somatisations furent repérées à la fin du 19ème siècle par l’observation de cas d’hystérie. Chez ces patients, il s’agissait d’une détresse psychologique qui s’exprimait par des troubles neurologiques avec l’installation de paralysies. Pour, Freud, Breuer et Charcot, médecins et chercheurs du début du XXe siècle, le lien entre le mental et le corps apparût assurément. Puis, dans les années 50 l’observation des maladies a confirmé l’association de facteurs psychiques.

En gros, somatiser, c’est transformer des troubles, des douleurs psychiques en problèmes physiques. Le corps exprime par divers symptômes ce que nous ne disons pas, ou que nous arrivons pas à dire car on ne sait pas comment. Je trouve pourtant qu’il s’agit de deux situations différentes, entre ne pas dire ou ne pas pouvoir expliquer, parce qu’on ne sait pas ou parce qu’on ne comprend pas.

La somatisation se traduit par l’expression corporelle d’un sentiment ou d’une émotion.

Je pense aussi que la somatisation se trouve souvent associée à des troubles dépressifs ou anxieux.
La somatisation peut apparaître dans les suites d’un évènement psychotraumatique comme par exemple, un accident de la route, une agression, un changement important comme un licenciement, un divorce, une séparation et puis une mise en retraite.
Et là je dis : vive l’art-thérapie, car cela permet de diminuer la somatisation.
J’écrirais aussi que le stress et l’angoisse peuvent aggraver souvent les symptômes, ainsi que le rabâchage des questions…
J’écris cela car par moment cela m’arrive. Quand par exemple une douleur est là et ne me quitte pas. Ou alors quand je ne trouve pas de réponse à ma question.

Enfin, les personnes qui souffrant d’un trouble de cette sorte, souffrent réellement. Le mal-être est authentique, qu’il puisse ou non être expliqué et identifié médicalement.

Il n’y a pas de simulation. Un mal-être, une détresse sont présentes et ceux-ci ne doivent pas être négligés. Un prise en charge psy peut aider, car parfois cette situation peut gâcher la vie de tous les jours.
Donc mon dessin serait que je traduise cela dans un dessin, dans une mise en forme.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour concrétiser mon esquisse, je me disais que je devais retranscrire cette somatisation dans un corps. Comme encastré dans une autre forme. Ceci expliquerait alors que somatiser a un côté angoissant et détraque le fonctionnement de notre corps.
Je devais intégrer ce mal être en une seule forme.
J’avais ma première forme qui était donc un corps. Il me manquait l’autre morceau.
Mais comme somatiser cela vient de notre tête, de notre cerveau, alors j’ai pensé à dessiner un cerveau en l’incorporant dans le corps. Cela concrétiserait bien mon observation : somatiser c’est traduire par des maux sans le corps ce qui ne va pas dans le cerveau.
J’ai donc commencé par dessiner le cerveau puis j’ai ensuite fait apparaître la forme de mon corps, légèrement décalée.
Mon cerveau est encastré dans le corps et vis et versa.
Pour concevoir la couleur de mon esquisse, je devais différencier afin que l’on puisse bien observer le cerveau et le corps. Que l’on puisse voir également que tout est encastré quand on somatise.
Donc du gris dans des nuances et de l’aquarelle, de la couleur rouge pour le cerveau et du noir pour ramener un petit plus pour les traits à l’intérieur de celui-ci. Et j’ai rajouté quelques symptômes écrits dans mon texte.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, 3B, 6B et aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En observant mon dessin, je me suis demandée si les personnes qui ont eu un passé difficile auraient plus tendance à somatiser que d’autres ? Est-ce que c’est une attitude pour traduire une angoisse et en quelque sorte la rassurer ? Ou alors une fuite pour ne pas travailler sur ce qui cloche en nous ? Ce sujet m’interpelle, m’intéresse.

BD – Préparation de Noël à la Table de Marie-Jeanne

Atelier dessins et peintures 🖌✏🖍🌈 en cet après-midi du lundi 10 décembre.
Quand je suis arrivée, le ménage était pratiquement terminé… aujourd’hui j’avais une nouvelle aide A. J’avais rencontré cette jeune femme au mois de juin. Elle était venue participer à ce moment de partage de dessin. Comme d’habitude il y avait deux ateliers le français et le dessin. Nous avons donc dispatché les personnes sur ces deux ateliers. Il y avait beaucoup de monde.
J’ai fait comme d’habitude : j’ai préparé mes tables, sorti tout le matériel avec l’aide de la jeune femme A. Puis les gens se sont installés autour des tables.
Le thème  d’aujourd’hui était sur Noël. Je voulais rajouter un peu plus de couleurs dans cette pièce, mais je devais faire attention car beaucoup de personnes migrantes ne fêtent pas Noël, mais je trouve sympa de leur faire découvrir cette fête. Avant de commencer quoi que ce soit j’ai expliqué à quoi correspondait cette fête de  Noël.
A l’association un sapin de Noël a été installé et tous ces jeunes l’ont bien remarqué. Nous avons prévu un après-midi pour fêter Noël.


J’ai eu la joie aujourd’hui de retrouver les deux familles irakiennes. La maman avait eu un problème de santé et donc les enfants devaient rester auprès d’elle, ce qui a expliqué leur absence pendant un petit temps.
Une fois que j’ai eu fini d’expliquer à quoi correspondait cette fête de Noël, pour ne pas les laisser sans trop d’idées de dessin, avec mon portable, je leur ai montré quelques photos de sapin, de Père Noël, de boule de Noël, d’étoiles et de guirlandes. J’ai laissé un petit temps de répit pour la réflexion sur une éventuelle forme de dessin. Puis je suis passée voir chaque personne une par une. Je ne voulais pas laisser s’installer une angoisse par rapport à cette fête que toutes ces personnes venaient de découvrir. Je me suis aperçue qu’une ou deux personnes avaient des difficultés par rapport à cette situation. Je leur ai donc proposé de dessiner dans leur libre choix. Ces 2 personnes avaient réussi à m’expliquer pourquoi et c’est pour ça que j’avais pris cette décision.
Pour les autres les formes commençaient à naître sur les  feuilles, de belles idées émergeaient. Quand des questions surgissaient je faisais au mieux pour répondre, tout comme pour leur apporter le matériel qui leur manquait, ou bien pour remettre de l’eau propre. etc. Je faisais le nécessaire pour rester à leur disposition. Par moment on entendait des petites chansons venant de leur pays et c’était vraiment agréable. Je trouvais que c’était un beau partage. c’était un côté rassurant et je m’apercevais que ces personnes se sentaient bien dans ce moment de dessin. Les sourires et les discussions allaient bon train. Cela m’a permis aussi de constater que certaines personnes commençaient à parler un peu mieux le français et que les cours de français étaient bénéfiques.
En tant que bénévoles, nous répétons régulièrement, à toutes ces personnes migrantes, qu’à « La table de Jeanne-Marie », il faut essayer de parler français et non dans leur langue. c’est important pour leur intégration.
Par moment il y avait des petites plaisanteries, des taquineries des uns envers les autres. Il y avait une ambiance de fête et de bonne humeur. Malgré le nombre de personnes qui était dans cette pièce le calme était là quand même. Les deux ateliers étaient très bien organisés.


Plus l’heure avançait et plus les dessins apparaissent petit à petit avec plein de couleurs. Par moment je prenais un dessin pour le montrer de loin à toutes les autres personnes. A chaque fois ce sont des applaudissements qui se faisaient entendre. C’était pour eux une façon de remercier la personne qui avait fabriqué ce dessin. Comme pour la féliciter. J’ai trouvé cette réaction attachante comme le sont toutes ces personnes qui viennent à mon atelier. Il y a ce respect envers tout le monde qui est vraiment fort. Je trouve qu’il s’exprime beaucoup dans mon atelier.
Tout comme quand je remarque qu’une personne a fini son dessin et qu’elle ne s’en va pas, qu’elle reste autour de la table et parfois elle va même voir les autres personnes qui dessinent. Elle reste là jusqu’à la fin.
L’après-midi s’est déroulé calmement dans une bonne ambiance et plein de dessins ont vu le jour. Comme d’habitude j’ai prévenu une demi-heure avant la fin de l’atelier. Puis nous avons rangé ensemble nous avons nettoyé.
Et comme d’habitude nous avons fini par un goûter (thé, café, brioche nature et aux pépites de chocolat, jus d’orange) nous avons échangé sur cet après-midi et nous avons terminé avec un peu de musique. 🎵🎶🎼…😉