BMP – On va aller voir ce qui se passe dans ce cerveau !


Je n’arrivais pas à dormir, donc j’ai dessiné et je l’ai fini ce matin. En réfléchissant à ce protocole, hier soir, je me faisais cette réflexion : « on va aller voir ce qui se passe dans ce cerveau « !
C’est de là qu’a débuté mon idée de dessin.
Je voulais aussi exprimer, ce côté de chez moi qui a peur, oui car je me dis qu’avec moi rien n’est simple et que je réserve toujours des surprises quand on essaie quelque chose de nouveau envers moi, il y a des surprises parfois inattendues. Des bonnes et des moins bonnes !
D’où cette forme de cerveau et cette personne repliée sur elle. Et la loupe. En continuant mon esquisse, je souhaitais aussi faire apparaître dans mon dessin, la douleur, celle-ci s’annonce donc par la bouche du personnage en haut de ma feuille sur le côté.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, les couleurs ne me parlaient pas du tout dans ma tête. Mais cette envie de rouge est toujours présente dans ma tête, je pense aussi que je voulais exprimer cette situation dans mon dessin. Apaiser cette situation en moi. Tout comme cette angoisse.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 36 × 48 cm
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.
Crayon de couleur aquarelle rouge + eau.

Qu’avez-vous ressenti ?

• J’avais du mal à réfléchir convenablement au moment que je dessinais, j’ai un autre souci à côté qui me préoccupe aussi.
• La douleur était bien présente, et je devais éviter à ma concentration de se mettre dessus, car cela ne m’apporte pas du bien.
• Je regardais et suivais les mouvements de mon crayon avec ma main et jouer avec le gris, dans ces moments-là, m’apaise.
• Je me disais Béatrice tu n’es pas seule, je me le répète beaucoup quand j’ai trop de dissociations comme en ce moment. Une force en plus.
• J’essayais aussi d’entendre les bruits autour de moi, dehors, voiture, vent, les feuilles. Je me disais tu vois, tu es dans le temps présent.
• J’ai eu des nausées, et mal de tête, mais bon ça en devient une habitude !
• J’avais aussi envie de boire beaucoup de sucré mais ça j’évite, le sucre m’effraie.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Ma première réaction : il n’effraie pas.
Dessiner m’a permis de moins cogiter.

BMP – Troisième étape du deuil – La colère suite

Je ne sais pas si j’ai ressenti de la colère concernant la perte des ateliers, je dirais plutôt que j’ai été déçue et contrariée.
Mais après avoir pris du recul, je me disais que l’ensemble de ces deux sentiments : contrariété et déception, ont crée finalement une colère ce qui me travaille, et maintenant, l’histoire est de savoir sortir cette colère sans me faire du mal.
Ensuite je ne suis demandée  si cette colère était justifiée ou pas, si elle était positive ou négative. Mais ça, je ne le sais pas vraiment.
Dans ma tête j’ai l’impression que cette idée, qui pourtant me semblait bonne, a semé le bazar dans l’ambiance du groupe. Mais pourquoi ?
Ce qui me travaille aussi c’est que je n’arrive pas à poursuivre ma réflexion là-dessus, parce qu’à l’intérieur de moi, je suis comme un hérisson qui se met en boule pour se protéger, pour se défendre et pour que personne ne puisse l’attraper. Et je ne peux pas, à la fois penser et me protéger.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je voulais insister sur le mouvement de la colère, mais aussi ce qui se passerait pour moi, si elle éclatait n’importe quand, je veux dire hors de tout contrôle. La colère qui devient fureur ou rage et qui détruit.
Je souhaitais donc imprimer deux sortes de mouvements : le premier qui traduit ce qui se passe quand elle ressort (expression du premier visage) le second qui traduit lorsque ça explose, d’où le dessin du loup.
Mon idée d’esquisse était celle-ci : rassembler ces deux mouvements de colère.
Donc mon premier coup de crayon a été pour faire naître dans ce premier visage, le côté violent et agressif de cette colère qui s’exprime.
Puis ensuite j’ai continué en dessinant le loup. Il me semble que la colère se transforme, ressort plus calmement, je dirais même qu’elle ferait moins de dégâts autour de moi, et aussi à l’intérieur de moi.
Pour concrétiser le manteau de mon esquisse, sur le moment je n’arrivais pas à voir cette colère avec de la couleur. Le mouvement était plus important que la couleur. Finalement je ne me suis pas posé la question de la couleur, seul le crayon à papier pouvait traduire ce que je ressentais.
Ce n’est qu’à la fin que j’ai rajouté une empreinte de mes doigts avec du pastel sec, comme pour donner de la vie à mon dessin. Il me fallait juste une petite touche pour exprimer ces deux mouvements de la colère.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.
Pastels secs

Qu’avez-vous ressenti ?

• Le fait de dessiner la colère reste une situation compliquée dans ma tête et ça m’a apporté une espèce d’apaisement.
• J’essayais de savoir si ce que je ressentais en moi, était oui ou non colère violente, je pense que je voulais me rassurer de ne pas ressentir de violence en moi.
• Je me suis souvenue d’une scène, la seule fois ou j’avais osé exprimer ce que je ressentais sur le moment à mes mères nourricières. Elles m’ont punie tellement brutalement que mourir à ce moment-là ne me faisait pas peur.
• Je me suis rendue compte qu’il ne me fallait pas grand-chose afin que les voix des mères nourricières viennent m’effrayer dans ma tête et me provoquer une grosse angoisse. Et c’est ce qui est arrivé.
• J’ai pris plaisir à faire naître certaines parties de mon dessin, comme par exemple, les dents, la « gueule » du loup et l’intérieur noir de la bouche du visage.
• J’ai ressenti un moment de mal-être général mais c’est très idifficile d’en connaître la cause.
• Une angoisse forte est apparue ; car le fait que mon passé resurgisse trop, cela m’empêchait de profiter du plaisir de dessiner et même m’empêchait d’exprimer les expressions que je souhaitais faire naître sur le moment.
• J’ai fait une pause à la suite d’une dissociation assez forte, qui m’a laissé un mal de tête. Je ne sais pas ce qui a provoqué cette situation.
• J’avais très soif.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

J’ai passé un bon moment le faire naître, tout simplement car les mots « expression et mouvement » étaient dans ma tête d’une façon bien présente.
Je reste toujours attirée pour mettre en avant des formes le côté trash, mais pas forcément de la violence.
Je ne me sens pas forcément anxieuse, mais mes questions me taquinent toujours !