BMP – Quand on a envie de hurler dans un coussin, ou de pleurer


On dit que hurler dans un coussin permet de se décharger du surplus, le docteur L. me l’a expliqué. Alors parfois je le fais, mais ce n’est pas quelque chose que fais facilement, je dois me « forcer ». Il y a aussi cette peur que l’on ne m’entende, et d’être jugée si je n’y arrive pas tout de suite etc.
J’aime rester discrète quand je fais mes exercices, c’est un peu mon secret. Cela me permet de me sentir en sécurité.
C’est comme lorsque je dessine. Ce sont mes moments à moi. Cela me permet de rester dans le présent, dans l’Ici et le Maintenant, mais aussi de me « retrouver » grâce à toutes ces « techniques » sans avoir cette peur d’être surveillée.
Maintenant, je pense que crier dans un cousin, cela peut aider.
C’est comme sortir un trop plein sans aller pour autant faire du mal aux autres ou à soi-même. C’est certainement quelque chose qui peut servir, donc à ne pas à ne mettre de côté, même si pour moi, ce n’est pas évident.
Mais je voulais en faire un partage et pour l’instant je vais donc en faire un dessin.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour mon esquisse, je vais donc faire apparaître une femme, avec un coussin.
Mais je voulais dessiner le corps de cette femme dans une position bien particulière, pour montrer le positif que cette technique peut apporter. Comme pour montrer aussi que ce corps est vivant et qu’il bouge et fonctionne dans le moment présent.
De fait, mon autre idée était de me « servir » des divers tons et nuances de couleurs pour apporter plus de vie à mon dessin.
Une fois mon esquisse terminée, j’ai donc déposé les couleurs.
Dans ma tête j’avais comme la vision de nuances diverses et non pas de couleurs franches. Je voulais que ce corps nous donne cette impression de bouger dans le temps présent. Comme pour montrer cette force de vouloir y arriver.
J’ai donc joué avec les nuances de gris avec mes divers crayons graphiques.
J’ai rajouté de la couleur pour les cheveux, un petit blond, gris.
Pour le fond de mon dessin, j’ai rajouté du pastels secs de couleur rouge et noire.
Mais j’ai, par moment, mis du rouge, pour bien faire ressortir ce mal être qui nous pousse à crier dans ce coussin ou bien même à pleurer, mais finalement sans ennuyer personne.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic HB, 3B, 6B. Pastels secs.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Mon dessin est là encré dans ma feuille. Mais je ne sais pas, il y a eu l’impression que ce corps n’était pas habillé et cela m’a perturbée. Peut-être que je devrais prendre l’habitude de mettre des couleurs, pour mieux faire apparaître les habits.
Après pourquoi cette gêne est-elle apparue d’un coup, je ne le sais pas. Mais me savoir habillée, c’est nécessaire pour moi. Me sentir nue est une source d’angoisse et voir plus.
Je pense que pouvoir faire cet exercice serait pas mal non plus.

BMP – Début de feuilles jaunes d’automne


De retour chez moi je suis contente mais je n’irais pas faire le marathon, la petite « artiste » est pas mal affaiblie. Mais je n’ai pas le temps de m’apitoyer sur moi ; j’ai beaucoup à faire comme avancer sur l’expo avant d’être ré-hospitalisée dans deux semaines.
Mais que de bonheur de reprendre mes pinceaux en attendant 🙂
L’automne est là et il m’a donné l’envie de faire un dessin avec une nuance de dégradé. Mais je ne voulais pas faire des simples dégradés ; non, je voulais pousser mon cerveau à chercher plus vers l’avant.
L’idée est alors venue d’incorporer dans mes mélanges du vinaigre balsamique de cuisine, en le travaillant avec les couleurs liquides aquarelle. Mais aussi en travaillant tout cet ensemble avec de l’essuie-tout et le pinceau, sans oublier une goutte d’eau provenant d’un glaçon.
Car ce que j’aime, ce n’est pas simplement déposer une couleur sur une feuille, ce qui est bien monotone, mais innover, faire des mélanges, les travailler, les laisser travailler eux-mêmes et voir ce que cela devient.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre production ?

• Je me suis installée dehors à l’abri et tout en préparant mon matériel, dans ma tête ça cogitait.
• J’ai commencé par prendre un glaçon et j’ai mouillé ma feuille dans son centre.
• Pour l’étape suivante, j’ai pris le vinaigre balsamique pour le verser directement sur l’eau du glaçon qui commençait à fondre.
• Avec mon pinceau j’ai légèrement étalé ce mélange sur ma feuille.
• J’ai ensuite rajouté un peu de peinture aquarelle, légèrement accompagnée d’aquarelle liquide et j’ai re-mélangé avec l’eau du glaçon qui me restait.
• Ensuite j’ai pris un morceau d’essui-tout et j’ai légèrement tapoté tout l’ensemble de mon mélange et là j’ai vu apparaître mes premières nuances dégradées de couleur.
• Pour apporter plus de couleur à mon dessin, je me suis servi de pulvérisations de sprays d’une autre couleur, ce qui permettait d’avoir des mélanges différents.
J’ai procédé ainsi sur tout le reste de ma feuille, tout en gardant en tête que je ne devais pas simplement déposer une couleur sur ma feuille, mais que je devais la faire vivre et la retravailler d’une autre façon, en observant comment celle-ci apparaissait à chaque fois sur ma feuille une fois travaillée.
Je devais également faire apparaître une belle harmonie dans l’ensemble de ma composition. C’est là que le côté magique du geste de mon poignet et des mélanges est très important.
C’était tout cet ensemble que je devais travailler petit à petit, accompagné de ma concentration et de mon observation.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette production a été conçue sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Un peu de vinaigre balsamique de cuisine, des encres liquides aquarelle, quelques glaçons, un coup de pinceau, du sopalin et pour terminer quelques gestes de mon poignet. Et voilà le résultat : un dessin rempli de couleurs légèrement dégradées.