BMP – La partie émotionnelle qui a peur

La partie émotionnelle en moi qui a peur parfois de s’exprimer de peur de… mais de quoi a-t’elle peur ?
Il y a cette situation que j’aimerais aborder en dessin. C’est une attitude qui parfois ressort et ne permet pas à Béatrice adulte d’être.
Parfois je ressens encore cette frayeur de vouloir dire les choses de m’exprimer, et il y a cette angoisse qui est là comme un gros nuage noir, prêt à m’engloutir, à m’envoyez au diable.
Il y a aussi le fait que cette angoisse fait ressortir en moi, cette frayeur de me faire « engueuler », où bien encore me sentir coupable, de ce qui veut dire que je vais être punie, battue.
Mais je suis consciente en lisant le livre : « Gérer la dissociation d’origine traumatique » que c’est l’une de mes parties émotionnelles qui s’expriment.
En tant qu’adulte j’essaie de rassurer cette partie, en lui parlant, en la rassurant, je lui explique que nous ne sommes plus dans le passé et qu’elle ne devrait plus avoir cette peur de pouvoir s’exprimer, et que cependant, je comprenais sa frayeur.
Même si cette situation agace l’adulte que je suis, je me dis aussi que je ne dois pas encore plus effrayer cette partie émotionnelle.

Comment avez-vous dessiné ?

Je devais d’abord réfléchir sur comment je devais m’y prendre pour représenter cette situation.
Je me faisais alors cette réflexion : la petite fille qui est en moi qui ressent cette frayeur et qui me le fait partager, est encore dans le passé. Et moi ce passé je le vois avec mes yeux. Je vois mon attitude en tant qu’adulte face à cette situation.
Mon idée était donc de dessiner un œil qui me représenterait en tant qu’adulte (ce que je perçois) et dedans j’y incorpore cette partie émotionnelle, cette petite fille du passé avec ses nattes aux rubans bleus.
Je voulais aussi représenter le mal-être de Béatrice adulte, car celle-ci aimerait que cette petite fille n’ait plus peur et puisse s’exprimer sans crainte. D’où l’idée de dessiner ce corps de femme tout en bas de ma feuille.
Une fois mes idées rassemblées dans ma tête, mon premier coup de crayon a été de représenter la partie basse de mon esquisse, ce corps qui n’a pas de mains et de pieds comme pour m’empêcher de fuir ou de me mettre en colère. (puisque finalement cela est interdit). Ensuite j’ai continué mon dessin en remontant vers le haut, l’œil et j’ai terminé par la réalisation de cette petite fille aux nattes dans cet œil.
Pour la réalisation du manteau, y mettre des couleurs a été difficile, mais il y avait cette partie en moi qui se disait pour montrer à cette petite fille de ne plus avoir peur, il fallait en mettre un peu. Histoire de ne pas rester dans le passé.
Il y avait aussi cette envie de me salir les doigts.

Matériaux utilisés :

Dessin réalisé sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Fusain
J’ai utilisé les crayons suivants : Derwent graphic 8B, crayon HB, derwent Charcolal médium.
Crayons Art Grip Aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je me disais que ce n’était pas toujours facile de bien ressentir mes parties émotionnelles. Je me disais aussi que je devais rester à leur écoute car c’est comme ça qu’elles auront moins de frayeur en elles, et qu’elles finiront par comprendre que nous sommes dans le présent, qu’il faut qu’elle sortent de ce filet du passé.
J’ai remarqué aussi quand je parlais à mes parties émotionnelles qu’il y a des dissociations qui se manifestent parfois violemment.
Et que c’était à moi de rassurer l’adulte que je suis, mais encore plus mes parties émotionnelles.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Quand je regarde mon dessin, je trouve que cela exprime bien ce que je voulais exprimer, que la main sur la bouche de la petite fille représentait bien cette situation où dans le passé je devais garder le silence, cet interdit de m’exprimer.
Je me dis tu as mis une forme à cette situation, afin de mieux comprendre ce qui se passe en toi.
Je me sens moins angoissée en regardant ce dessin. Je me dis aussi que c’est Béatrice l’adulte qui le regarde, que je ne sais pas comment cette partie émotionnelle qui est en moi, qui est effrayé le regarde elle.

BMP – La petite fille qui endosse la culpabilité

Emmanuelle : Dessinez la petite fille qui endosse la culpabilité.

Comment représenter ce mot culpabilité pour que celui-ci soit moins présent dans ma tête ? Et comment représenter en dessin ce qui me fait mal ?
Les mots :  fautive, avouer, pardon, punition, juger  sortent de suite de ma tête. Tout comme :  mères nourricières.
Je sais dans ma tête que c’est la petite fille Béatrice qui ressent cela, donc ce sera une petite fille qui « servira » pour réaliser mon esquisse. Mais je me dis aussi, après réflexion, que d’autres parties émotionnelles culpabilisaient pour un oui et pour un non. Et ce simple mot me rend malade, et me provoque des moments de mal être total.
Béatrice adulte, essaie de poser les choses à plat, et de réfléchir, de prendre du recul pour avoir son avis à elle sur ce qui se passe. Mais cela ne marche que quand elle n’est pas fortement dissociée, car quand elle est dissociée la situation est plus que compliquée. Et en plus, il y a une angoisse qui ne la quitte guère, ce qui n’arrange rien. Il me faut tout le temps m’interroger sur ce que je fais ou sur ce que je n’ai pas fais (ce que voulaient les mères nourricières) ce qui fait que je me sens toujours coupable de quelque chose.
C’est avec ce raisonnement que je vais réaliser mon esquisse.

Comment avez-vous dessiné ?

Je vais y mettre Béatrice adulte et y mettre ses parties émotionnelles en un seul visage. Je me disais en un seul visage, car les nattes je les ai portées longtemps en coiffure. En un seul visage car même si ce sont différentes parties émotionnelles celles-ci sont en moi. Elles ont grandi avec moi.
Puis je rajouterais ce fameux point d’interrogation qui lui fera ressortir ce côté en moi qui ne cesse se poser des questions.
Au dernier moment sur le dos de Béatrice adulte j’ai mis cette grosse pierre, qui représente ce poids de la culpabilité que je porte sur mon dos, à cause des différents événements qui me tombent dessus et que je dois vivre.
1 – béatrisse
Bleu céruléum (535)

Elle est celle qui a subi les viols paternels.
Elle est une fillette de 4 ans. Elle aime son papa qui jouait avec elle.
Elle est gentille et naïve. Parfois elle s’excite lors d’une bonne nouvelle.

2 – Béaa
Orange (235)

Elle est la partie agressive de la petite beatrisse. Elle est en colère. Elle n’apparaît pas souvent mais elle veut tuer. Elle ressent du dégoût du toucher visqueux etc. C’est une partie qui imite l’agresseur – elle est agressive, c’est elle qui apparaît dans le cabinet du psychiatre

3 – Béa
Violet (336)

Elle est adolescente, elle a vécu les viols du Gros et du reptilien. Elle est très grossière, ordurière, mais elle protège la petite beatrisse.
C’est une partie aidante – et pourtant qui imite l’agresseur – elle est agressive.
Partie émotionnelle coincée dans le passé dans son foyer adoptif.

4/ BG
Vert vessie (623)

Elle signe ses dessins BG – Elle a douze ans. Elle sait ce que lui a fait son père. Elle a de la colère, mais n’est pas agressive.
Une variante de la partie émotionnelle Béa.

Pour la réalisation du manteau de mon esquisse, je pensais qu’il devait y avoir peu de couleur mais que ces couleurs devaient ressortir au niveau de ce visage qui représente mes personnalités. Le reste de mon dessin en gris et en noir.
Je trouvais que cette situation de culpabilisation ne méritait pas vraiment de couleurs, elle fait mal et n’aide pas. Je travaille toujours dessus.

Matériaux utilisés :

Dessin réalisé sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les crayon S & B.
Le crayon Pendel black.
Crayons de couleurs aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je me demandais si cette culpabilité qui ressort au moindre problème, pourra un jour être moins présente.
Je me demandais aussi si un jour je serais capable de me dire sans hésiter : « non tu n’as rien fait ! et ce n’est pas de ta faute ! »
Il y à eu cette souffrance qui était là car je ne savais pas répondre à mes questions, je ne sais pas si quand on a été violée ce genre de situation peut disparaître de notre tête, et de fait je ne crois pas. Peut-être qu’elle peut diminuer ce qui serait plus vivable pour moi.
Je me demandais s’il y avait une culpabilité qui pouvait aider, je pensais dans ma tête a ses remises en question qui sans cesse me poussent à chaque fois trop loin dans mes réflexions, et qui finit par me faire mal. Alors oui je me posais cette question, comme pour me dire, que réfléchir sur mes attitudes etc était « normal » comme pour m’excuser de me culpabiliser.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je me disais en regardant ce tableau, soyons responsable de nos gestes et de ce que nous disons, sans chercher après à aller se répandre pour trouver des excuses, pour ce justifier de nos actes ailleurs auprès d’autres personnes.
Que pousser la personne parfois à se culpabiliser peut vraiment faire souffrir celle-ci, mais aussi faire des ravages.
Comme pour ne pas porter nos torts sur notre dos, et les laisser aux autres personnes pour les endosser.
Là je me suis dit : Béatrice arrête de réfléchir ! L’angoisse montait trop et mes réflexions partaient un peu dans tout les sens.
Mais je reste persuadée que c’est un sujet intéressant à réfléchir.
Oui cette situation m’angoisse, fait mal et c’est le mot « indifférence » des autres personnes qui pointe son nez.
Après je me dis : tais-toi, n’aggrave pas les situations quand il y a des problèmes. Et le mot « transparente » est venue me recouvrir de son manteau.
Je me sens lourde.
Mais je me dis : tu es capable d’avoir un avis et ça me rassure.
Le mot jugement me perturbe.