BMP – 1ère réaction : panique – Je sais pas faire !


Quelques échanges houleux entre nous : la gamine (ma petite fille celle que j’étais) et son trop plein qui vient essayer de tout maîtriser, puis le silence de la concentration pour la création et la réflexion qui revient à chaque fois :

« Est-ce-que je suis encore dans le sujet demandé ? »

Le truc, quand même, c’est que comme on n’est pas à l’école, vous ne pouvez pas être à côté.
Et pour finir : « Un manque de confiance en moi ? »
Quand je ressens ce manque de confiance en moi, je me sens enfermée, comme si j’étais dans un lieu sans ouverture, sans fenêtres, sans portes. En fait je suis en prison. Je ne suis plus capable de penser, c’est inexistant en moi, je ne sais plus si j’ai un cerveau, si j’ai une tête.
J’ai alors l’impression que je ne suis pas moi-même, que personne n’est dans ce corps.
Il y a en moi une espèce de frayeur qui englobe tout. Elle est toute puissante, elle s’impose pour que rien ne passe, pour que tout soit bloqué. En en même temps je me sens légèrement ridicule, avec un corps déformé…
Je ressens ce manque de confiance en moi, par exemple quand on me demande parfois un avis, ou un travail. Je ressens par moment quand je suis aux « Blouses roses » quand j’échange avec les parents. Je suis avec cette angoisse de dire un mot qu’il ne faut pas, ou même d’avoir une attitude qui n’est pas la bonne et qu’à cause de moi, un souci se produise, et que je fasse tout basculer.
Mais je suis consciente que de ne pas bouger, de rester dans un état de momie, ne m’aide pas. Alors je me pousse à affronter toutes ces difficultés et c’est pour cela aussi que je continue dans l’association.
Je me pousse pour faire apparaître cette confiance en moi, même si cette frayeur de ne pas réussir du premier coup est présente, j’explore, je découvre et j’apprends. C’est c’est trop magique ! Mais cette angoisse n’est jamais loin.

J’aime ce chemin de découverte et j’ai aussi cette boulimie d’apprendre. Et au final il y a en moi une certaine fierté qui pointe son nez très timidement quand je réussis à produire quelque chose qui tienne la route. Je rougie de timidité qui me ferait fondre d’un coup. Même si je râle car je trouve que je peux faire encore mieux.
Et je me dis que c’est en continuant sur cette lancée qu’elle va devenir plus grande et plus forte cette confiance en moi. Et je pars du principe qu’il faut essayer au lieu de ne rien faire. Si je n’y arrive pas, je recommence. Dessiner, ou même écrire, face à ce problème de manque de confiance m’aide et ça je trouve ça magique.
Je ne dois pas me dégonfler, je dois affronter et garder cet élan.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Pour faire naître mon esquisse, je me suis dit que quand on à en nous cette confiance et qu’on est sûr en soi, alors on peut se regarder dans une glace, et se voir fort, sans avoir ce doute qui rode autour de nous, qui nous empêche d’avoir et d’observer cette confiance en nous.
Alors pour mon esquisse je vais faire apparaître ces situations avec une confiance timide.
Mon premier coup de crayon a été de dessiner cette glace, avec ce petit bonhomme qui montre ses muscles. Ceci exprime ce côté fort de cette confiance en soi. Mais comme pour moi cette confiance n’est là que par moments, je vais donc choisir de la représenter avec une couleur foncée, par exemple un jaune ocre et non un jaune très vif pétant. Cette confiance en moi ne reste pas, elle me fuit, je dois réussir à la retenir en moi. Et un jour celle-ci sera d’une couleur jaune vif pétante.
Puis j’ai continué en faisant apparaître avec mon crayon ce visage qui n’a pas de nez etc. Ce visage pourrait me représenter : il renvoie à ma timidité de me regarder dans cette glace pour observer ma confiance en moi.
J’ai aussi dessiné des « petits morceaux de forme” pour faire comprendre que cette confiance est encore souvent en morceaux et que je dois les rassembler.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, c’est le dessin, cette forme qui me parlait le plus, pas vraiment les couleurs, mais je l »ai recouvert d’un manteau en peinture aquarelle pour ne pas la laisser nue.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Peintures aquarelle
Crayon HB, Pastels secs.

Qu’avez-vous ressenti ?

• J’ai ressenti une perte de mouvement.
• Par moment je me sentais coupée en deux.
• Pour moi cette forme devait être explicative, je trouvais que cette confiance en nous, représente à la fois ce qu’on est capable de faire, mais aussi de faire en surpassant ses limites.
• J’ai vu du sang couler, je ne me rappelle pas ce qu’il est devenu.
• Tenir mon pinceau me paraissait une nouveauté.
• Je ne me sentais pas là, comme si la pièce ou je me trouvais n’existait pas.
• Je me suis perdue dans mes gestes.
• Mon passé a été présent.
• Ça a été difficile avec ma concentration, alors je captais mon attention en regardant ma main qui bougeait ; cela me permet de rester dans le présent.
• Exprimer par une forme a apaisé un peu cette frayeur en moi.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En observant mon dessin, je ne ressens pas d’angoisse, mais je me suis dis que je dois absolument travailler sur cette confiance en moi encore plus, qu’elle doit rester plus présente et non plus ressembler à un yoyo.

BMP – La partie émotionnelle qui a peur

La partie émotionnelle en moi qui a peur parfois de s’exprimer de peur de… mais de quoi a-t’elle peur ?
Il y a cette situation que j’aimerais aborder en dessin. C’est une attitude qui parfois ressort et ne permet pas à Béatrice adulte d’être.
Parfois je ressens encore cette frayeur de vouloir dire les choses de m’exprimer, et il y a cette angoisse qui est là comme un gros nuage noir, prêt à m’engloutir, à m’envoyez au diable.
Il y a aussi le fait que cette angoisse fait ressortir en moi, cette frayeur de me faire « engueuler », où bien encore me sentir coupable, de ce qui veut dire que je vais être punie, battue.
Mais je suis consciente en lisant le livre : « Gérer la dissociation d’origine traumatique » que c’est l’une de mes parties émotionnelles qui s’expriment.
En tant qu’adulte j’essaie de rassurer cette partie, en lui parlant, en la rassurant, je lui explique que nous ne sommes plus dans le passé et qu’elle ne devrait plus avoir cette peur de pouvoir s’exprimer, et que cependant, je comprenais sa frayeur.
Même si cette situation agace l’adulte que je suis, je me dis aussi que je ne dois pas encore plus effrayer cette partie émotionnelle.

Comment avez-vous dessiné ?

Je devais d’abord réfléchir sur comment je devais m’y prendre pour représenter cette situation.
Je me faisais alors cette réflexion : la petite fille qui est en moi qui ressent cette frayeur et qui me le fait partager, est encore dans le passé. Et moi ce passé je le vois avec mes yeux. Je vois mon attitude en tant qu’adulte face à cette situation.
Mon idée était donc de dessiner un œil qui me représenterait en tant qu’adulte (ce que je perçois) et dedans j’y incorpore cette partie émotionnelle, cette petite fille du passé avec ses nattes aux rubans bleus.
Je voulais aussi représenter le mal-être de Béatrice adulte, car celle-ci aimerait que cette petite fille n’ait plus peur et puisse s’exprimer sans crainte. D’où l’idée de dessiner ce corps de femme tout en bas de ma feuille.
Une fois mes idées rassemblées dans ma tête, mon premier coup de crayon a été de représenter la partie basse de mon esquisse, ce corps qui n’a pas de mains et de pieds comme pour m’empêcher de fuir ou de me mettre en colère. (puisque finalement cela est interdit). Ensuite j’ai continué mon dessin en remontant vers le haut, l’œil et j’ai terminé par la réalisation de cette petite fille aux nattes dans cet œil.
Pour la réalisation du manteau, y mettre des couleurs a été difficile, mais il y avait cette partie en moi qui se disait pour montrer à cette petite fille de ne plus avoir peur, il fallait en mettre un peu. Histoire de ne pas rester dans le passé.
Il y avait aussi cette envie de me salir les doigts.

Matériaux utilisés :

Dessin réalisé sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Fusain
J’ai utilisé les crayons suivants : Derwent graphic 8B, crayon HB, derwent Charcolal médium.
Crayons Art Grip Aquarelle.

Qu’avez-vous ressenti ?

Je me disais que ce n’était pas toujours facile de bien ressentir mes parties émotionnelles. Je me disais aussi que je devais rester à leur écoute car c’est comme ça qu’elles auront moins de frayeur en elles, et qu’elles finiront par comprendre que nous sommes dans le présent, qu’il faut qu’elle sortent de ce filet du passé.
J’ai remarqué aussi quand je parlais à mes parties émotionnelles qu’il y a des dissociations qui se manifestent parfois violemment.
Et que c’était à moi de rassurer l’adulte que je suis, mais encore plus mes parties émotionnelles.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Quand je regarde mon dessin, je trouve que cela exprime bien ce que je voulais exprimer, que la main sur la bouche de la petite fille représentait bien cette situation où dans le passé je devais garder le silence, cet interdit de m’exprimer.
Je me dis tu as mis une forme à cette situation, afin de mieux comprendre ce qui se passe en toi.
Je me sens moins angoissée en regardant ce dessin. Je me dis aussi que c’est Béatrice l’adulte qui le regarde, que je ne sais pas comment cette partie émotionnelle qui est en moi, qui est effrayé le regarde elle.