BMP – Quand je boude

Qu’avez-vous voulu dessiner ?

Quand je boude mais en tout en restant distinguée 🙂 Je voulais y mettre un peu de couleurs, dédramatiser cette situation 🙂
Parfois je boude pour montrer mon côté : j’ai été blessée. J’ai cette angoisse d’exprimer cette situation en mot, toujours cette frayeur d’aller trop loin dans mes mots, de le regretter, cette angoisse de réagir à « chaud », de suite, comme un jet qui part, qui assassine sur place, comme une vipère qui en position d’attaque. Oui ça reste un problème, le mot « blesser »  me vient de suite en tête.
Une partie de moi, je dirais Béa est peut-être agressive.
J’ai toujours ce souvenir « du bureau » il me terrifie toujours autant… Parfois je laisserais la personne me blesser au lieu de lui dire bon ça suffit.

Comment avez-vous dessiné ?

Installée dans mon salon sur ma table pour réaliser mon esquisse et sur mon chevalet pour recouvrir ma toile de son manteau aquarelle.
Ma chanson écoutée :
M. Pokora – Belinda (clip officiel)
Je voulais réaliser un tableau concernant cette attitude, rien de méchant, petit côté rigolo en couleur car ça ne dure jamais quand je boude. Donc pour réaliser mon esquisse, je me suis basée sur mon attitude, du genre, je tourne le dos un peu, laissez-moi tranquille. Je suis malheureuse… Donc j’ai commencé par réaliser ce corps vu de dos, ensuite cette tête qui est légèrement baissée, un corps toujours plus ou moins déformé mais rien de grave, juste cette tête baissée et ce dos où je voulais faire ressortir : voilà comment je perçois ce mot « bouder » en dessin. Ah j’ai réalisé des pieds et des jambes, car quand je boude je me déplace aussi, donc voilà pourquoi, et tout en gardant ce côté distingué.
Pour débuter mon aquarelle sur mon esquisse, j’ai commencé par le côté ou l’épaule est un peu plus haute. On dirait une espèce d’aile. Puis j’ai continué en remontant vers le haut de la tête. Puis les jambes et les pieds. Et j’ai terminé par le fond en pastels secs.

Matériels

Feuille de format 50 x 70 cm à grain fin
J’ai utilisé les couleurs suivantes en aquarelle :
Bleu outremer, blanc de Chine, bleu céruléum, terre de Sienne brûlée, rouge écarlate, jaune Gamboge, bleu de Prusse, ocre jaune, vert pâle, noir d’ivoire.
Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle. Fond de mon tableau, pastels secs.
Eau et trois pinceaux, deux moyen et un plus gros, un torchon humide.
Et des bonbons à la menthe j’avais besoin d’avoir un goût fort dans ma bouche en dessinant. Ça reste mystérieux à comprendre pourquoi, un dégoût subit du citron pas assez fort pour moi à ce moment là.

Qu’avez-vous ressenti ?

Parfois je riais toute seule, je me disais même si je boude, il m’arrive parfois de faire mine de rien des petites pointes d’humour, c’est plus fort que moi. Et ça c’est moi. Ne pas parler aux autres longtemps m’est difficile. Je dirais que le mot bouder les autres me fait peur quelque part. Un côté pas trop vouloir comprendre les situations ou mes torts.
Le mot rancunière m’est apparu, je n’étais pas capable de me trouver cette réponse pour savoir si je suis vraiment rancunière ou pas.
Un moment d’une grande angoisse est apparu subitement, je cherchais trop un côté négatif je pense concernant ce mot « bouder ». « Comme pour me dire oui de ta faute » « alors que pas toujours le cas ». Donc j’ai réalisé une pause car ça devenait envahissant à vouloir chercher. Le mot me flageller était présent.
J’avais tout de même ce mot « rigolo » qui ne me quittait pas non plus.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je voulais garder un côté original. Je ne voulais pas faire ressortir quelque chose qui fait mal, agressif car quand je boude je ne suis pas vraiment en colère et ça ne dure pas non plus.

BMP – 3/ Béa – Encre

BD-–-Encre-n°75-–-Béa-2Cette gravure représente la personnalité de Béa qui est en moi.
Celle-ci me fait énormément souffrir quand elle apparaît. Elle me pousserait à me tuer. C’est ce que je ressens dans ma tête dans ces moments-là. C’est très violent, incontrôlable, il y a ces jets de pulsions qui jaillissent comme une espèce de vipère agresseuse qui tuerait tout le monde.
Je suis même plus sur le qui-vive là, c’est beaucoup plus fort, je ne trouve pas que cette partie de moi ce soit un peu stabilisée. Le problème ! peut-être que je me trompe mais je dirais qu’elle apparaît quand je ne dors pas assez.
Il y a ce poids qui est présent dans ma tête quand je suis en crise et je ne sais pas ce que représente ce poids, et quand celle-ci est passée c’est le vide que je ressens, comme un épuisement on dirait que mon cerveau a carburé d’un coup à une puissance infernale et puis pouf plus rien, le calme revient peu à peu.
C’est la honte qui prend le dessus après et cette sensation d’être petite dans cette caboche, j’ai du mal à comprendre ce qui se passe, je passe d’une grande violence, à un niveau enfantin.
Béatrice réapparaît quand elle fait le constat d’être dans ce côté enfantin, ensuite apparaît le manque.
Cette personnalité m’effraie car je me demande si ce n’est pas elle qui a tout cassé en consultation. J’ai une grande frayeur de sa violence qu’ elle peut faire ressortir d’elle, le mal que je peux faire aux autres et ça rien ne peut me rassurer rien ne peut me dire : tu peux te pardonner, non rien car la souffrance que je fais est là et ne partira jamais me concernant. C’est cela aussi qui me pousse à avoir des idées suicidaires. Je dis que je ressemble à mon géniteur et à ma génitrice et cela est terrible. Je dois apprendre à comprendre ce qui la fait apparaitre d’un coup cette personnalité.

Béa
Elle est adolescente, elle a vécu les viols du Gros et du reptilien. Elle est très grossière, ordurière, mais elle protège la petite beatrisse.
C’est une partie aidante – et pourtant qui imite l’agresseur – elle est agressive.
Partie émotionnelle coincée dans le passé dans son foyer adoptif.

Cette gravure à  été réalisé à l’encre de Chine noire, au stylo plume, au crayon artist pen black  F et B, S et au crayon Pentet.

J’ai représenté cette espèce de vipère mais en état petite avec la tresse, le visage en colère plus adulte. Et le doigt en l’air qui représente le côté vulgaire de Béa.