BMP – Le 2 mai


Un dessin qui vient illustrer le commentaire d’Emmanuelle :

« II semblerait qu’il y eut un 2 mai de votre adolescence où vous avez été battue à mort et vous avez eu très peur. Pouvez-vous dessiner ça ? »

Alors j’ai dessiné l’une des situations où j’ai eu cette peur et c’était lié à ce pot dans lequel je devais faire pipi devant tout le monde. Sûrement que ça ne voulait pas venir, alors une de mes mères m’a battue à mort, j’avais eu très peur et surtout, je me sentais coupable de l’avoir mise dans une telle rage.
En fait, ce n’était pas la première fois qu’une telle situation s’est produite. Déjà petite cette situation de frôler la mort, a été reconnue et écrite sur un document. Cette situation est arrivée chez mes géniteurs. (Mes parents biologiques) j’ai un document ou il est spécifié que j’ai été hospitalisée au mois de décembre 1969 dans un état critique et inquiétant. De cela je n’ai pas de souvenirs, je dirais mon inconscient oui. Mais de la rage de ma mère adoptive, oui.

Description de la situation du pot :

J’étais assise sur ce pot bleu dans le couloir qui conduisait à la salle de bains, où une de mes mères nourricières se tenait.
Je ne faisais pas pipi assez vite pour elle, celle-ci me hurlait dessus, en me disant ce genre de phrases un exemple :
Tu es un monstre !
Tu sans mauvais !
Ferme là !
Dépêche-toi de dégager !
Je vais te cogner !
Comme un lavage de cerveau.
Et elle venait me secouer violemment pour m’aider à faire ce pipi qui tardait à sortir. (pas la première fois)
Et je ne ne sais pas ce qui s’est passé en moi, mais j’ai sorti les paroles suivantes : « Tue-moi ».
A ce moment là je suis devenue le punching-ball de ma mère nourricière.
Mon cerveau a été retourné dans tous les sens, y compris mon corps. Je ne me suis pas rendu compte que quelqu’un me déplaçait pour me ramener dans la chambre aux volets fermés. Je suis incapable de dire l’heure qu’il était, et quand je m’y suis retrouvée, je sais juste que c’était un dimanche et la date je suis incapable de m’en souvenir.
Mais je me rappelle d’avoir la lèvre ouverte, d’avoir un corps en morceau et de m’être retrouvée avec de gros bleus sur la figure et sur ce corps. Je suis restée enfermée dans ma chambre longtemps, ayant juste le droit de descendre pour réaliser le nettoyage. Et de la colère des deux mères nourricières qui du coup n’ont pas pu aller à la messe. Cette histoire de pipi à duré longtemps, et si je faisais dans ma culotte c’est moi qui devais la laver. Cette histoire de propreté allait avec ce côté petite fille modèle qu’elles voulaient toutes les deux pour moi, montrer ce qu’elles avaient été de faire de la petite fille sale qui leur avait été confiée. Cela les confortait dans une ‘belle image » d’elles vis-à-vis des autres.
Mais derrière ce tableau d’une petite fille heureuse, c’était de la violence et du mépris. Mais ça moi je trouvais ses situations normales.

Réalisation de mon esquisse.

Pour la réalisation de mon esquisse, j’ai eu du mal à tout représenter sur feuille, je voulais vraiment faire ressortir ce que j’ai enduré ce dimanche.
Donc j’ai commencé par dessiner cette gamine qui était moi avec mes rubans bleus.
Puis j’ai continué en faisant le mégaphone qui lui représente la violence, la force des paroles des mères.
Et j’ai terminé par ce poing qui représente la main de la mère nourricière. Ce poing représente ce mot « tabasser. »
Pour la couleur du manteau aquarelle pour mon esquisse, seul le rouge et le noir étaient présents dans ma tête, le rouge le sang et le noir la douleur et tout ce qui est apparu en séquelles dans le corps de cette gamine qui est moi.
Il n’y avait pas de couleur dans ma tête pour le manteau d’aquarelle de cette petite fille, juste la couleur des cheveux blonds, histoire de dire elle était là, que son corps était là, qu’elle existait à ce moment-là. Mais peut-être qu’elle n’y était plus dans ce corps.
Les éclairs c’est pour représenter la violence de cette situation et le fait que mon cerveau n’était plus là non plus, y compris cette petite fille.

Matériaux utilisés :

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle.
J’ai utilisé les couleurs suivantes en aquarelle : noir d’ivoire, rouge vermillon, bleu de Prusse.

Qu’avez-vous ressenti ?

De la colère, de la violence dans ma tête, mais beaucoup de souffrance. Une certaine force, je la ressentais lors de la finition de mon esquisse dans mes doigts.
Beaucoup de dissociations, l’odeur de mes mères étaient là, mais aussi celle du reptilien. Dans ma tête je me demandais pourquoi cette odeur ressortait dans ce moment-là de cette situation.
Et il y avait cette odeur de bois pourri humide, qui était là aussi qui m’a pas mal angoissée. Et ça cette odeur là, reste un mystère, pour cette situation.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Je me demandais comment peut-on faire vivre cela à un enfant. J’ai pleuré devant ce tableau, je venais de constater encore une fois que j’ai frôlé la mort de nombreuses fois et que je ne m’en suis pas toujours rendue compte. Je ne sais pas aujourd’hui si c’est un bien ou un mal. Je pense qu’une partie de Béatrice ne veut pas le savoir.
Cette situation était tellement fréquente peut-être pas aussi violemment, mais elle a existé aussi au mois de mai.
Pour finir je me dis : «  Béatrice aujourd’hui tu es là dans le présent », et ça me fait du bien de me le dire.

BMP – Le muguet du 1er mai


Un brun de muguet à ma façon.
J’aime bien dessiner et savoir ce qu’il a derrière les traductions comme pour ce muguet du premier mai. Car je me dis, oui on offre, et on fait comme tout le monde, on suit le mouvement, ce qui finalement est un peu à la limite du ridiculement, mais sait t-on pourquoi ?
Oui je le sais parfois je me pose des questions légèrement bizarres, mais j’aime bien savoir, et j’aime bien apprendre et comprendre.

Comment avez-vous dessiné ?

J’ai fait quelques recherches pour en savoir plus sur la signification de cette fleur et pourquoi on a pris l’habitude d’en offrir le premier mai.
http://charles-bataille-chocolatier.e-monsite.com/pages/pages-d-histoire/histoire-et-symbolique-du-muguet.html
Pour la réalisation de mon esquisse, je ne voulais pas réaliser un tableau de muguet qui resterait dans le côté ordinaire. Je tiens à y rajouter une touche d’originalité à ma manière à moi.
Je voulais faire un effet d’ombre, j’explique : dessiner un brin de muguet derrière une grande feuille verte, ce qui explique la réalisation de cette fleur en couleur noir, mélangé avec de couleur blanche.
Pour la réalisations des feuilles, je souhaitais qu’il y ait du mouvement à l’intérieur d’elles, d’où les formes de traits un peu dans tous les sens.
Pour les couleurs du manteau aquarelle, le vert était de mise comme le blanc, mais j’ai réalisé un mélange de tous les verts, car je souhaitais qu’ils soient tous présents dans ma peinture. Même si la différence entre eux, on ne l’aperçoit pas dans mon tableau. Mais moi je sais qu’ils y sont.

Matériaux utilisés

Peinture réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin. Pour les finitions crayons Art Grip Aquarelle.
J’ai utilisé les couleurs suivantes en aquarelle : blanc de Chine, noir d’ivoire, vert jaunâtre, vert clair, vert de vessie.

Qu’avez-vous ressenti ?

Beaucoup de souvenirs sont apparus, des dissociations aussi.
Mais j’ai fais mine de ne pas les apercevoir, comme un refus de ma part.
Je ne voulais pas revivre certains souvenirs. Comme par exemple cette dissociation qui a duré plus de 4h, lors d’une cueillette de muguet avec mes enfants. Il y a des souvenirs qui me fond souffrir et ça je refuse catégoriquement d’y repenser. Et que mon cerveau me les faces ressortir afin de me faire encore plus souffrir c’est très dur.
J’ai fait des pauses, fait des exercices, j’ai appeler mon bocal en aide.
L’ angoisse était là vu ce mois de mai qui approche pour plusieurs raisons et situations mélangées. J’ai eu des dissociations lors de la réalisation de ma peinture, j’ai rectifié. J’ai observé aussi que mes feuilles n’étaient pas très bien peintes.

Que ressentez-vous face à ce dessin  ?

Vu le déroulement de la naissance de cette peinture, je trouvais que je ne m’en étais pas si mal sortie.
Pourtant même si l’angoisse est peut-être moins forte, elle est quand même là.


Je rajoute aussi un beau bouquet de muguet fraîchement cueilli avec mes enfants. Je trouve que cette année celui-ci à un arôme bien fleuri à la senteur de mon nez, je dirais même fruité, accompagné d’une petite fraîcheur.
Une petite pause de répit, de fraîcheur entre les diverses manifestations et l’événement présidentiel.
Servez-vous 🙂