BMP – Une nouvelle représentation de Grr : Grr et ses piquants

BMP – Une nouvelle représentation de Grr : Grr et ses piquants
Je continue à explorer cette partie émotionnelle, et là, je la vois bien comme une forme pas vraiment humaine, mais pleine de piquants, comme les épines des roses.
J’écris piquante, voire même agressive ; car quand elle met en moi des images de sang, j’ai l’impression d’être piquée violemment et brusquement. Ce qui sort des épines, (c’est comme si j’étais mordue par un serpent), c’est comme un jet qui anesthésie mon cerveau, car quand je reviens dans le présent, je ne sais plus ce qui est arrivé, ça a mangé le présent. Il y a un temps mort au sens fort, un trou dans le déroulement du temps. C’est cela que j’appelle le côté piquant, c’est comme la piqûre d’un dard qui me paralyse dans le présent pour retourner dans le passé.
Je vais donc trouver comment représenter cela, cette représentation d’un Grr grr qui vient me piquer et m’agresser.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre œuvre ?

Avant de commencer, je percevais cette forme avec plein de dents, avec des mains crochues, avec plein de dards venimeux. Puis, une culpabilité est apparue, avec l’impression que je n’avais pas le droit de représenter cette partie émotionnelle, aussi méchante, aussi désagréable. Quand j’émerge de ces attaques, j’ai beaucoup de mal à trouver du positif dans ce que me fait vivre cette partie, même si dans le passé elle m’a permis de rester en vie.
Alors, j’ai repris mes idées de départ, mais en les adoucissant.
– J’ai dessiné une espèce de forme, avec deux mains, comme pour rappeler un petit côté humain, un semblant de visage avec un gros œil, deux jambes, avec des pieds.
– Puis pour le reste du corps, ce sont des formes que j’ai mélangées en faisant apparaître dedans une bouche, avec des grandes dents et une main qui en surgit.
– Plus bas, sous ce premier dessin, j’ai fait apparaître une autre espèce de visage, qui doit faire un peu moins peur.
– Pour terminer ma forme, j’ai dessiné cette queue avec ce dard au bout, ce dard qui exprime le fait que je suis anesthésiée dans le présent, à cause de sa piqûre et qui exprime donc le mouvement d’une dissociation.
Pour les couleurs, je ne voulais me servir que des divers crayons Conté, sanguine. C’est le côté rouge sanguine qui m’a attirée, avec ce léger gris.
Je voulais me salir les mains, c’est un peu étonnant car Béatrice, l’adulte n’est pas effrayée si elle laisse des marques de doigts sur son travail.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm.
Crayon conté à Paris sanguine Medecis / France 618
Pierre noire 3B
Crayon conté à Paris sanguine XVIIIe / France 611
Crayon conté à Paris sanguine / France 610
Crayon graphique HB

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Quand j’observe ma production, j’ai cette impression de ne pas être arrivée à traduire ce moment où, pendant la dissociation, la souffrance est là. Mais j’ai quand même fait apparaître une forme qui me semble pas assez juste, assez adaptée.

BMP – Mon arbre imaginaire

BMP – Mon arbre imaginaire
Un peu de orange, un peu de jaune, un peu  de rouge, accompagné d’une petite goutte de violet, de noir sans oublier la couleur grise et d’un léger vert.
Oui le soleil est là ce matin. Le soleil est là en ce samedi. Ça ne me donne qu’une envie, celle d’ouvrir les fenêtres en grand, de prendre mon pinceau et de mettre plein de couleurs sur ma feuille.
Peu importe le sens. Peu importe les couleurs que j’aurais choisies sur le moment présent.
Pour ma part, je savais qu’elles seront aussi gaies que ce soleil qui vient nous dire bonjour en ce samedi.
Sur le moment je souhaitais dessiner un arbre légèrement penché sur le côté droit.
Alors avec mon pinceau j’ai commencé par faire apparaître le tronc qui se trouve sur le côté gauche de ma feuille en bas. Je me suis laissée aller mais en restant avec les oreilles grandes ouvertes. Rester sur le qui-vive. Un besoin de me rassurer.
Mais je ne sais pas, j’avais également cette envie de faire apparaître un arbre un peu farfelu, avec un feuillage très mélangé. Mais on n’y verrait apparaître aucune branche. Ça serrait ça le côté farfelu et le côté un peu fouillé de ma composition. Ce serait un arbre pas comme les autres et parfois quand on n’est pas comme les autres on peut étonner.
Pour les feuilles, il en est de même, je n’avais pas l’intention d’en dessiner. Je souhaitais vraiment m’arrêter avec ces couleurs toutes mélangées.
Pour moi la forme de mon arbre était présente c’était le principal. J’observe bien cet arbre penché.
J’aurais bien envie de l’appeler mon arbre imaginaire… imaginaire parce que toutes les couleurs nous renvoient dans un autre monde coloré. Un monde coloré c’est un monde imaginaire où l’on ne se pose pas la question à savoir si ça va ou si ça ne va pas, parce que dans ce monde imaginaire tout va bien.
Pour apporter plus de mouvement à ma production j’ai mis par-ci par-là quelques gestes de spatule. Des gestes qui sont bien mélangés également avec ceux de mon pinceau.
Tout cet ensemble devait faire un duo. Il était hors de question que l’on se pose une  seule question. C’était un arbre imaginaire dans un monde imaginaire. Donc tout devait aller.
Tout devait aller dans le temps présent à cet instant où j’ai pris ma spatule et mon pinceau. Il y avait juste cet événement qui avait le droit de se faire entendre : ce bien-être. Le fait de passer un bon moment avec la peinture aquarelle.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Cette création a été conçue sur une feuille blanche de 36 x 40 cm.
Spatule et pinceau.
Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous devant votre dessin ?

Voilà, voilà ça c’est mon arbre imaginaire. Maintenant chacun peu percevoir autre chose dans ma production. C’est ça qui fait que mon dessin est imaginaire parce que tout le monde peut partir dans sa tête ou il veut, car il n’y a pas de limites dans l’imagination.
J’ai bien l’impression que cette composition n’a pas de sens réel si on ne perçoit pas cette arbre imaginaire, mais il n’y a pas de problème. Je me dis que cette production va bien trouver sa place non ?