BMP – Troisième étape du deuil – La colère suite

Je ne sais pas si j’ai ressenti de la colère concernant la perte des ateliers, je dirais plutôt que j’ai été déçue et contrariée.
Mais après avoir pris du recul, je me disais que l’ensemble de ces deux sentiments : contrariété et déception, ont crée finalement une colère ce qui me travaille, et maintenant, l’histoire est de savoir sortir cette colère sans me faire du mal.
Ensuite je ne suis demandée  si cette colère était justifiée ou pas, si elle était positive ou négative. Mais ça, je ne le sais pas vraiment.
Dans ma tête j’ai l’impression que cette idée, qui pourtant me semblait bonne, a semé le bazar dans l’ambiance du groupe. Mais pourquoi ?
Ce qui me travaille aussi c’est que je n’arrive pas à poursuivre ma réflexion là-dessus, parce qu’à l’intérieur de moi, je suis comme un hérisson qui se met en boule pour se protéger, pour se défendre et pour que personne ne puisse l’attraper. Et je ne peux pas, à la fois penser et me protéger.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je voulais insister sur le mouvement de la colère, mais aussi ce qui se passerait pour moi, si elle éclatait n’importe quand, je veux dire hors de tout contrôle. La colère qui devient fureur ou rage et qui détruit.
Je souhaitais donc imprimer deux sortes de mouvements : le premier qui traduit ce qui se passe quand elle ressort (expression du premier visage) le second qui traduit lorsque ça explose, d’où le dessin du loup.
Mon idée d’esquisse était celle-ci : rassembler ces deux mouvements de colère.
Donc mon premier coup de crayon a été pour faire naître dans ce premier visage, le côté violent et agressif de cette colère qui s’exprime.
Puis ensuite j’ai continué en dessinant le loup. Il me semble que la colère se transforme, ressort plus calmement, je dirais même qu’elle ferait moins de dégâts autour de moi, et aussi à l’intérieur de moi.
Pour concrétiser le manteau de mon esquisse, sur le moment je n’arrivais pas à voir cette colère avec de la couleur. Le mouvement était plus important que la couleur. Finalement je ne me suis pas posé la question de la couleur, seul le crayon à papier pouvait traduire ce que je ressentais.
Ce n’est qu’à la fin que j’ai rajouté une empreinte de mes doigts avec du pastel sec, comme pour donner de la vie à mon dessin. Il me fallait juste une petite touche pour exprimer ces deux mouvements de la colère.

Matériaux utilisés

Dessin conçu sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
Crayon HB, 2B, 3B, 9B.
Pastels secs

Qu’avez-vous ressenti ?

• Le fait de dessiner la colère reste une situation compliquée dans ma tête et ça m’a apporté une espèce d’apaisement.
• J’essayais de savoir si ce que je ressentais en moi, était oui ou non colère violente, je pense que je voulais me rassurer de ne pas ressentir de violence en moi.
• Je me suis souvenue d’une scène, la seule fois ou j’avais osé exprimer ce que je ressentais sur le moment à mes mères nourricières. Elles m’ont punie tellement brutalement que mourir à ce moment-là ne me faisait pas peur.
• Je me suis rendue compte qu’il ne me fallait pas grand-chose afin que les voix des mères nourricières viennent m’effrayer dans ma tête et me provoquer une grosse angoisse. Et c’est ce qui est arrivé.
• J’ai pris plaisir à faire naître certaines parties de mon dessin, comme par exemple, les dents, la « gueule » du loup et l’intérieur noir de la bouche du visage.
• J’ai ressenti un moment de mal-être général mais c’est très idifficile d’en connaître la cause.
• Une angoisse forte est apparue ; car le fait que mon passé resurgisse trop, cela m’empêchait de profiter du plaisir de dessiner et même m’empêchait d’exprimer les expressions que je souhaitais faire naître sur le moment.
• J’ai fait une pause à la suite d’une dissociation assez forte, qui m’a laissé un mal de tête. Je ne sais pas ce qui a provoqué cette situation.
• J’avais très soif.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

J’ai passé un bon moment le faire naître, tout simplement car les mots « expression et mouvement » étaient dans ma tête d’une façon bien présente.
Je reste toujours attirée pour mettre en avant des formes le côté trash, mais pas forcément de la violence.
Je ne me sens pas forcément anxieuse, mais mes questions me taquinent toujours !

BMP – Volume aux ballons


Dire ce qui s’est passé réellement est impossible. Je ne me souviens plus de ce qui a mis en route la l’évolution de ce volume, mais je sais que ça s’est terminé en couleur, et donc avec une touche d’originalité. C’est un de mes vieux châssis que j’ai récupéré et je l’ai transformé !
C’est peut-être lié à une de mes parties émotionnelles, qui s’est comme réveillée et a voulu se manifester pensant que je travaillais mon esquisse sur le déni. Comme une petite vague de folie qui s’exprime 🙂
On pourrait dire que c’est le retour de la petite sorcière, cette partie de moi qui aime jouer avec les matériaux 🙂

Voici les étapes dont je me rappelle.

• Je me suis installée dehors du moins pour le début du travail.
• J’ai étalé le produit Gesso de couleur blanche sur tout mon tableau avec un pinceau.
• Ensuite, je ne sais plus…
• Puis, j’ai pris mes bombes de couleurs en spray et j’en ai passé une petite couche fine sur ce produit Gesso. Tout le tableau a été recouvert.
• Mais en moi, je ne ressentais rien. C’était comme mort.
• Alors, j’ai décidé de recommencer à zéro, en procédant de la même façon, mais pas pour les couleurs en  bombe. J’en ai utilisé des plus douces. Et là, dans ma tête, ça me convenait mieux. Le mélange final, qui ressortait de ce tableau m’allait bien et du coup je me sentais d’avantage présente.
• Je voulais continuer mon « expérience » ma pulsion n’était pas rassasiée.
• J’ai donc gonflé des petites ballons de couleurs. Je voulais m’en servir comme des pinceaux, mais je ne savais pas quel motif imaginer. Sauf qu’il y a toujours en moi l’idée du mouvement. Et je me disais que mouvement, c’est créer, c’est faire naître de la vie, c’est laisser une trace de l’instant présent.
• Et je ne voulais pas que mes ballons aient tous la même grosseur. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais dans ma tête c’était comme cela. Je sentais bien que je ne devais pas contrarier cette idée. Je devais la laisser se développer, et s’exprimer même si je ne comprenais pas pourquoi.
• Une fois mes ballons gonflés je les ai mis de côté. J’ai mis sur la table des assiettes avec de la peinture acrylique et de la peinture gouache…
• J’ai pris un des ballons et je l’ai plongé dans une des couleurs. Je me suis amusée à laisser des “empreintes » sur mon tableau. Sans trop réfléchir mais en gardant l’idée de choisir des couleurs gaies. C’était important pour moi sur le moment présent.
• Et pour terminer sur une petite touche d’originalité : tous ces ballons je les ai incorporés dans mon tableau, c’était la petite touche final. Mon tableau était né.

Matériaux utilisés

Châssis de couleur blanche en toile de coton 40 cm sur 40 cm
Gesso de couleur blanche ; Apprêt tous support
Peinture acrylic : Vert, beige, rouge, violet, rouge
Peinture gouache fine technique : Jaune, Bleu, orangé
Bombes de couleurs en spray.
Ballons de couleurs
Assiette en plastique
Pinceau pour colorer à cheveux
Eau

Qu’avez-vous ressenti ?

• Au début de la mise en route de ce volume, je ne saurais pas vraiment expliquer.
• Mais après, je pense que mon côté « petite fille » était présent. J’écris cela car ce rendu ne paye pas de mine, mais il est à la fois gai et aussi mystérieux.
Je dirais que c’est à chacun d’imaginer à quoi lui fait penser ce qu’il regarde.
• Par moments je me suis demandé ce que j’avais ou ce que j’étais en train de réaliser.
• Par moments je ne me rendais pas même pas compte que j’étais dehors, je ne ressentais pas le froid.
• Par moments je me voyais loin de mon objet, je ne pouvais pas l’attraper.
• J’avais l’impression que mon corps était très lourd et qu’il ne pouvait se déplacer. Je ressentais le besoin de me rassurer, mais je ne sais pas de quoi j’avais besoin de me rassurer et pourquoi.
• Par moments mes mains fonctionnaient toutes seules. Un robot était en elles.
• J’ai ressenti des moments de blanc, accompagnés d’incertitude, je n’étais pas rassurée.
• Par moments je me demandais qui jouait, mais aussi qui s’imposait dans ma tête.
• Par moments mes mains étaient lourdes à bouger, et pourtant je ne ressentais pas pas le mouvement quand elle se déplaçaient.
• J’ai eu des dissociations, mais je ne saurais pas dire à quels moments. Je sais juste que je me perdais régulièrement dans ma tête, au point de ne plus me rappeler à quoi correspondait mes gestes, y compris pour leurs déplacements.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

• En regardant ce volume, je le trouvais apaisant, accompagné de ce côté “enfant ».
• Je ne suis pas effrayée de ne pas avoir tout compris de ce qui se passait dans ma tête. Cela me fait drôle de ressentir quelque chose d’inconnu en moi. Je me suis dit ça va être le travail pour commencer la semaine. Je ne sais pas, je voulais le poster à l’envers ce volume, mais ça aller savoir pourquoi…:)