BMP – De grand mouvements dans la tête


Parfois dans ma tête il ne se passe rien ou alors un grand mouvement peut faire apparaître un côté positif, mais aussi un côté négatif. Cela peut-être aussi bien de la douceur, de la violence, de la tristesse, une inquiétude, un doute, un calme etc. Chez moi, il peut y avoir un mélange de tout et de rien, comme pour faire naître et faire découvrir un mystère.
Mais le mouvement est toujours présent. Ce n’est pas comme si rien ne s’exprimait, aucune vie. Non le mouvement demeure et je trouve que c’est le plus important.
Ce matin j’avais donc envie de faire un dessin sans exprimer la moindre émotion, comme pour faire parler la neutralité mais aussi le côté mystérieux. Parce que ce matin c’est des dissociations. Emmanuelle, me dirait c’est normal c’est le week-end ! Mais là je voudrais rester dans le présent.
Dans mon dessin il y aura un nez et une bouche. Pas de bras, parce que dans ma logique actuelle, le mouvement sort de la tête. Pas ce corps non plus, à quoi bon ! Par contre le cou ou un début de cou est nécessaire, pour tenir la tête, pour qu’elle ne se brise pas.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Je savais donc ce que je souhaitais faire : ne faire apparaître aucune émotion, pour faire parler la neutralité, faire parler le silence.
Comme je l’ai dit, pas d’œil, pas de corps en entier, pas de main, de doigts, de pieds, mais juste un nez et une bouche.
Pas d’yeux, car je me dis toujours que les yeux peuvent parler par leur regard. Parfois il suffit de regarder les yeux de quelqu’un pour le comprendre ou comprendre ce qu’il veut dire. Les yeux peuvent en dire long.
Donc comme je souhaitais faire apparaître un dessin sans émotion, les yeux seraient donc exclus.
Je savais aussi que le mouvement de mon pinceau, grâce aux mouvements de mon poignet, serait l’élément moteur pour concrétiser mon idée de départ.
J’ai donc commencé mon dessin, en faisant apparaître la bouche car celle-ci pourrait appeler au secours au cas où. Puis le nez car l’odorat, pour moi, est important. On peut repérer l’odeur d’une personne parfois à son parfum et cela peut nous sauver.
Puis j’ai pris mon pinceau et j’ai commencé par déposer les premières couleurs sur le visage.
Ce n’est qu’ensuite que j’ai commencé à faire le premier mouvement, qui a été suivi par d’autres, toujours dans le même sens comme pour ne pas me perdre et perdre mes repères. Mais rien ne m’empêchait d’y mettre des couleurs différentes, comme pour ne pas me limiter, me créer toute seule des interdits.
Plein de mouvements, encore et encore, mais tout en restant dans une neutralité. Peut-être pour faire apparaître comme un début d’histoire mystérieuse où notre travail serait d’en découvrir le sujet. Voilà ce que pourrait traduire un mouvement.
C’est à nous de lui donner la vie.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Tableau réalisé sur feuille de format de 50 x70 cm à grain fin.
Peinture aquarelle.
Pour les finitions crayons feutres de couleurs Art Grip Aquarelle. Pour la bouche.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

J’ai tendance à penser que ce dessin ne paye pas trop de mine. Mais derrière celui-ci il se cache peut-être une belle histoire et un trésor. Finalement, peut-être que ce dessin n’est pas si neutre que ça. Cela me fait sourire, j’aurai peut-être un peu tendance à partir dans tous les sens, mais je ne me sens pas angoissée.
Je suis dans le présent, même si les dissociations se sont montrées virulentes ! Je retiens mes larmes parce que dans le présent c’est cela, il n’y a pas la place pour le passé.

BD – 14 dessins en lien

Atelier dessin et peinture à l’association de « La table de Jeanne-Marie » et de l’Amac. En ce vendredi après-midi 14 juin.
Le service de midi ayant fini plus tard, l’atelier a commencé vers 15h. Il y avait beaucoup de monde. Les jeunes sont tous arrivés en même temps, ce qui m’a permis d’installer tout le monde au fur et à mesure des arrivées avec l’aide de M.
J’ai sorti tout le matériel, puis j’ai commencé à distribuer les feuilles. Un fois tout le monde installé et concentré, j’ai expliqué mon thème.
J’ai proposé un travail de groupe. Il fallait prendre soin du travail commencé par le premier groupe, en le continuant et en mettant des couleurs.
Prendre soin du travail de l’autre sur la continuité c’est aussi respecter la personne qui avait commencé le dessin.
Je voulais sortir les jeunes de cette mentalité : « c’est à moi ! tu n’y touches pas ».
Je souhaitais également les responsabiliser en leur donnant un autre travail que leur propre travail qui était déjà commencé.

Explication :

Une première personne de la table devait dessiner une forme sur sa feuille, puis celle d’à côté devait le continuer en reprenant la fin du trait de son voisin pour le continuer sur sa feuille à lui et ainsi de suite. Au final cela aurait fait naître 14 dessins différents mais issus du trait posé par la première personne de la première table.
Pour compliquer un petit peu l’atelier, les personnes devaient s’échanger les feuilles tous les quart d’heure et continuer à y déposer de nouvelles couleurs tout en respectant celles déjà déposées par le voisin précédent.
C’était vraiment un atelier de partage mais aussi sur le respect du travail de l’autre.
Au début les jeunes avaient hésité à laisser leurs dessins aux autres afin qu’ils puissent le continuer à leur manière, mais au bout d’un moment les jeunes ont aimé ce partage et même, ils ont trouvé cela rigolo d’observer leurs dessins évoluer grâce aux nouvelles idées des autres.
Il n’y avait plus de réticence, plus d’angoisse de laisser son dessin aux autres. La découverte était présente et tout le monde prenait goût à prendre soin du dessin du voisin d’à côté et de le faire évoluer en couleur.
Dans les partages entre les jeunes, il y avait beaucoup d’humour, de la plaisanterie et des taquineries.
Ce fut un atelier qui a bien évolué malgré les difficultés du début.
J’étais moi-même étonné car j’avais aussi un peu de réticence à le mettre en place.
C’est ainsi que nous avons pu voir apparaître plein de dessins, tous aussi joyeux en couleur que dans la forme. Avec dedans plusieurs empreintes différentes toutes aussi joyeuses.
Comme d’habitude nous avons rangé ensemble et terminé par un goûter bien appétissant, toujours dans la bonne humeur.