BMP – Notre enfant intérieur


On me dit souvent que je dois ou que je devrais écouter mon enfant intérieur, de même que je devrais écouter en moi la petite voix qui est censée me dire des choses. Sauf que cette petite voix, avec ce que j’ai vécu, ne me laisse jamais tranquille. Elle m’accuse sans cesse et du coup j’aimerais la faire taire. Par contre j’ai envie de réfléchir à cet enfant intérieur.
Je pense qu’il est le gardien du lieu où se trouve notre joie, notre légèreté, notre spontanéité, l’amour que nous ressentons, l’envie de découvrir, de créer, d’aimer. C’est une partie de moi qui a envie de vivre. Cet enfant-là, ne garde que le bien, que le positif. Il est vivant, mais…
Mais, à cet enfant-là, on a infligé des blessures, des souffrances, des critiques, des rejets, des peines, des regrets, des humiliations. Du coup, il s’est recroquevillé. Il est blessé, alors il se cache, il s’enfouit et il perd cette envie de vivre, de rire, de s’amuser. Il laisse le négatif l’envahir et je pense que dans ces moments-là, c’est à nous de le rassurer, de rassurer cet enfant qui est en nous. Là je veux dire que moi l’adulte, j’ai quelque chose à faire, dans le présent quand je sens que cet enfant est à nouveau blessé par le présent, qu’il se recroqueville en moi, qu’il est malheureux. Lui dire que je suis là pour lui, lui parler, le rassurer, un peu comme avec mes parties émotionnelles !
Je me dis que si lui va bien, alors moi, je vais bien aussi. C’est comme si, cet entant intérieur, me faisait comprendre tout le bien qu’il me faut, tout le bien dont j’ai besoin. Ce dont il a besoin, cet enfant, c’est de se sentir aimé, respecté, comme n’importe quel enfant. Il a besoin d’amour inconditionnel pour se sentir exister et pour se sentir être.
Par moments, je reste silencieuse et j’essaie de percevoir si celui-ci me parle. C’est un peu toujours comme lorsque moi je parle à mes parties émotionnelles, soit pour les rassurer, soit pour leur demander de se tenir plus sages…
Mais par moments, cet enfant intérieur m’effraie et donc je l’oublie ou je n’y pense pas tout simplement.
Je pense que c’est parce que ce n’est pas réel, parce que je ne peux pas le toucher cet enfant et donc il n’est pas concret. Donc l’imaginer reste difficile.
Je me demande et cela me turlupine, pourquoi est-ce qu’il n’est pas mort dans le passé sous les coups ? Comment fait-il pour demeurer ? Serait-il indestructible quoi qu’il arrive ?
Mon dessin représentera donc cet enfant intérieur. Je veux lui donner une forme, un corps, comme pour dire que oui, il existe, même si par moments je n’y pense pas et que croire à son existence m’angoisse.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Dans mon esquisse je devais donc faire apparaître une forme d’un petit enfant pour exprimer l’existence de cet enfant intérieur.
Mais je devais également dessiner un visage, qui pourrait me représenter, en train d’observer cet enfant.
Je ne sais pas l’expliquer, mais je devais dessiner également un autre corps et y mettre cet enfant à l’intérieur.
Je devais exprimer le fait qu’il était en moi dans mon corps, même si cela crée des difficultés. Ne pas le faire, aurait pour conséquence que mon dessin sonnerait faux et c’était angoissant pour moi.
J’ai donc dessiné en premier ce petit enfant, puis ce corps qui l’enveloppe et j’ai terminé par le dernier visage, qui observe.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, je voulais dès le départ plein de couleurs. Mais j’avais en moi une couleur précise, le rouge, le rouge cramoisi, qui traduisait le fait que cette représentation de l’enfant intérieur, m’angoissait, et me mettait en colère. Seulement je ne voulais pas non plus qu’il meurt. Pour le côté douceur j’ai donc déposé sur ma feuille, un léger jaune, un bleu et du violet plus tapant, pour faire apparaître ma forme dans le présent. Comme pour me soulager de quelque chose, comme pour soulager ma conscience et diminuer mon angoisse face à tout cela.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 7B, HB. Peinture aquarelle.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin sur le chevalet et de loin, j’avais l’impression que dans ma tête ma concentration se promenait.
Je me suis demandée si mon enfant intérieur était comme moi, à savoir qu’il avait mal ? Ou encore savait-il quand il était heureux. J’ai  un peu culpabilisé car j’ai imaginé que je lui faisais peut-être mal comme on m’avait fait mal à moi dans le passé. Déstabilisant ! Je reste un peu angoissée.
Je souris, mais pour terminer, cette réflexion est là que cet enfant intérieur qui se trouve en moi  je pense que le travail fait sur le blogue lui a, en quelque sorte, redonné vie à travers le dessin, le collage, la peinture, et l’écrit etc. Il est avec BMP. Après quand on ne sent pas, car cela ne parle pas etc cela reste fragile !

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BD – Atelier modelage du 13 mai 2019


https://artherapievirtus.org/RAIVVI/bd-atelier-modelage/#respond
Le but cet atelier en ce lundi après-midi était de reprendre toutes les œuvres afin que celles qui ont été abîmées lors du séchage, ou bien même fragilisées soient réparées. Il faut savoir qu’en cas de cassure ou de fendillement il est possible de réparer votre modelage avec de la barbotine.

La barbotine est de la terre délayée avec de l’eau qui vous servira de colle, pour optimiser cette opération il est impératif d’humidifier les parties à réparer pour éviter des tiraillements conséquents à une différence de quantité d’eau contenue dans les deux parties à joindre.

L’atelier de cet après-midi a été de faire en sorte que toutes les pièces soient reprises pour pouvoir faire l’atelier suivant qui est de faire naître à la peinture la robe de couleur. Toutes ces œuvres seront exposées pour la soirée des 1 an de « La table de Jeanne- Marie » en partenariat avec l’association Amac.

Tout le monde autour de la table a pris soin des œuvres. La concentration était bien présente, tout comme la douceur des gestes dans la manipulation. On pouvait sentir vibrer et vivre les formes sous tous les doigts des personnes et ça c’est beau je trouve, donner vie !
Une petite ‘retardataire’ a voulu concrétiser son œuvre elle a donc rejoint l’atelier en cet après-midi.