Apport des neurosciences affectives dans des situations de perturbations intenses du système émotionnel par Yves Mairesse

Logo-Cairn.Info_Mairesse, Yves (2012). « Apport des neurosciences affectives dans des situations de perturbations intenses du système émotionnel », Cahiers de Gestalt-thérapie, 2012/2 (n° 30), p. 62-77.
« Je travaille donc avec l’hypothèse que certains patients en situation de dépression persistante ou de retrait schizoïde ont rencontré des situations affectives traumatiques au long cours où leur organisme en construction a été débordé ou sous stimulé. Ils ont dû se couper de l’environnement et organiser leur survie psychique en dissociant certains affects intolérables. Ce sont les sensations de vide et de dévitalisation qui prédominent. Ces affects dissociés sont peu communicables par les voies de la parole car non disponibles dans la mémoire sémantique. Ces processus de dissociation se seraient mis en place dans la période de pré-langage et se produisent régulièrement, au présent, dans les situations relationnelles où l’intimité affective devient prégnante et active des émotions plus intenses. Ces personnes ne parviennent que rarement à ressentir, encore moins à identifier ces affects dissociés. Ce sont les sensations de vide, la désappropriation corporelle, l’angoisse, les troubles psychosomatiques, et l’absence de désir, qui occupent la sémiologie clinique.
Selon Schore, il s’agirait de zones émotionnelles premières, d’états somato-affectifs, ayant été très mal régulés dans les étapes précoces du développement psychique et continuant d’être dissociés ce qui appauvrit grandement les ressources émotionnelles et les capacités de contact. Des études indiquent que des nourrissons occupés à se dissocier suite à des situations émotionnelles mal régulées y placent une énergie énorme ; dès lors ces énergies ne sont plus disponibles pour engager leur développement affectif, neuronal et cognitif. »

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Famille dysfonctionelle

Logo-Psy-a-MontrealLa famille dysfonctionnelle fait référence à un système familial relativement stressant, voire malsain,  au moment de l’enfance et/ou l’adolescence, qui fausse les repères par la suite et contamine l’humeur ou la personnalité à l’âge adulte.  Au lieu de se constituer en système ouvert et structurant, le système familial dysfonctionnel n’assume pas la fonction de permettre à chacun de développer une identité propre,  une autonomie normale et de développer des relations saines à l’intérieur comme à l’extérieur de son giron.

Dans la famille, les enfants et les adolescents sont assujettis aux adultes qui exercent l’autorité sur eux. Une autorité saine et rassurante permet d’encadrer et de soutenir les jeunes. Inversement, la violence, la cruauté, les abus de la  part des parents instaureront des rapports  de type sadique sur l’enfant.  De même, une autorité parentale débonnaire, caractérisée par le laisser-faire ou la négligence, laisse les enfants sans structure suffisante pour  se développer.

Les tensions entre les membres d’une même famille ne sont pas rares et dégénèrent parfois en conflits de toutes sortes (vexations, pressions néfastes, blâmes, engueulades, membres qui ne se parlent plus etc.). Ces dynamiques peuvent  entretenir, chez les personnes qui les vivent, des malaises, de l’anxiété, une pauvre estime de soi, des frustrations et autres émotions négatives.

Les rivalités entre frères et sœurs sont un phénomène normal et universel. Toutefois, faute d’être régulées par une autorité parentale compétente, elle deviennent alors excessives et viennent souvent empoisonner les relations familiales, parfois durant de longues années.

Les blessures d’enfance ou conflits familiaux non-résolus pourront affecter le fonctionnement de l’individu, qui, une fois adulte, ressentira souvent des malaises sous diverses formes : culpabilité, pauvre estime de soi, mode de relations instables, conflictuelles, incapacité de réguler ses propres émotions, insatisfaction chronique etc.  Les modes conflictuels de relations que cet individu aura vécu dans l’enfance pourront se rejouer de façon analogue dans sa vie adulte, dans ses rapports sociaux ou de collégialité, d’où l’importance qu’il en  prenne  conscience en vue de les régler.

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