BMP – Sans rien, ni mots, ni phrases


Sans rien, n’y mots, n’y phrases. Parfois c’est mieux, parce que je n’ai pas de mot aujourd’hui ! Juste que j’aurais voulu que mon dessin soit violent mais je n’y arrive pas ! Parce que je suis tétanisée de tout casser etc. Parce que je serais comme j’ai été tout l’après-midi à effacer mon écrit et recommencer ! Parce que je suis tétanisée de blesser etc. Ça ne s’explique pas tout cela en mots et en phrases, et déjà là j’ai trop écrit !

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm Crayons graphic 7B, 3B, 6B, 4B, HB. Pastels secs.

BMP – Une partie réfléchie, une partie triste et l’autre voudrait hurler…


Une partie réfléchie, une partie triste, et l’autre voudrait hurler…
En ce moment, je vis certains conflits, je me retrouve entre deux, mais je n’ose pas dire ce que je ressens ; je les étouffe, car exprimer est presque impossible.
Pourtant parfois j’aimerais hurler, pour me faire comprendre, pour faire bouger les choses. Je voudrais être entendue, casser aussi ce silence qui est là, mais en ai-je le droit ?
Seulement, hurler crée chez moi une intense frayeur. Que ce soit moi qui hurle ou que ce soit une autre personne qui hurle sur moi. Alors au fond de moi, je ne veux pas que l’on se fâche, qu’il y ait des mal-entendus et ce n’est pas si simple. De par la place que j’ai, ce n’est pas à moi de dire ou de faire, mais parfois cela démange et ce n’est pas si facile de se taire.
Je sais que je dois prendre du temps, réfléchir, ne pas bondir comme un animal toutes griffes et tous crocs dehors, réfléchir, faire le point posément, peser le pour et le contre. Pouvoir alors seulement lancer mon avis, mes idées. Mon dessin sera sous-tendu par ces trois aspects.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

J’ai commencé par faire apparaître ce visage qui représente la colère et ce noir qui est à l’entrée de la bouche, qui forme comme une espèce de barrage, pour exprimer ma sensation d’être comme étouffée. Je dois reconnaître que j’ai pris plaisir à dessiner cela, à exprimer ce côté violent. Cela m’a permis de m’en détacher un peu et surtout de reconnaître que cette colère est très profonde, sûrement très ancienne, et donc difficile à exprimer, mais que ce que je vis maintenant fait remonter du passé.
Puis j’ai dessiné ce corps, qui traduit le désir de réfléchir, mais aussi la tristesse. Pour le moment, ces deux sentiments vont de pair. Je ne suis pas capable de les détacher l’un de l’autre. Quant à la colère, elle est enfouie, elle ne sort pas de moi, je sais qu’elle est destructive envers moi, mais elle reste dedans.
Une fois mon dessin fini, je suis passée aux couleurs : des couleurs grises, marrons, violettes et bleues. En ce qui concerne la couleur bleue, elle est venue spontanément, et je n’ai pas cherché pourquoi. Je ne voulais pas que le questionnement m’angoisse et que je me sente déçue. Le violet je ne l’avais pas prévu, je me suis rendue compte qu’il était là, seulement la production finie. Je pensais mettre une pointe de rouge et du marron. Pour le reste, il y a eu du gris avec des dégradés. Là encore quelque chose s’est passé, qui à la fois m’a apaisée mais aussi angoissée car je n’avais pas mis de couleur dans cette partie de mon dessin.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin conçu sur feuille blanche 36 x 48 cm
Crayons graphic 3B, 6B, 4B, et pastel sec.

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

En regardant mon dessin, je me suis rendue compte que quelque chose s’est passé, comme le fait de m’être trompée dans la couleur rouge, mais aussi de ne pas bien comprendre ce qui se passe en moi en ce moment, je suis dans le présent, mais quelque chose fait que par moment exprimer ce qui ce qui se passe m’effraie.
Mon dessin est là et je le trouve pas assez violent, pourtant je ne veux pas être prise par la violence. Par moment être bénévole et faire plaisir à tout le monde ce n’est pas simple ! Mais je suis une bénévole et donc je n’ai aucune obligation non plus…