BMP – La grande méfiance qui m’envahit

La grande méfiance qui m’envahit, représentée par un demi visage.
J’étais déjà méfiante, depuis toujours. Mais maintenant, avec ce que je vis, je le suis encore plus. Cette méfiance est devenue un vrai roc en moi, un rocher. Ce sont donc avec ces premiers mots qui sont comme des indices que je voulais commencer mon esquisse.
Mais dans ma tête ce n’est pas aussi simple.

Comment avez-vous dessiné ?

Pour m’aider à expliciter mon esquisse je devais faire ma chaîne de mots. Après réflexion la voici :
Si je me méfie, je ne fais pas confiance, je ne me livre pas comme avant. Beaucoup moins, sauf avec les personnes qui s’occupent de moi et parfois il m’arrive d’avoir du mal à trouver les mots. Donc pour la réalisation de mon esquisse, je ne vais pas représenter un visage ouvert, complet, mais juste un demi-visage. Et comme cette méfiance est très forte, je la traduis par un rocher. Mais je voulais montrer que je ne pouvais me défendre, alors j’ai pensé à rajouter des doigts mais pas la main : des doigts pour attraper si on vient m’agresser. Donc dans ma tête, au moment de la réalisation de mon esquisse c’était comme ça.
J’ai donc commencé par faire naître le demi-visage, les rochers au-dessus de celui-ci, ensuite j’ai dessiné les doigts. Et j’ai terminé en entourant ce visage par des rochers tout autour de lui. Car ces rochers représentent une protection. Une protection contre des personnes qui s’approchent de moi de trop près.
Pour mes enfants je sais que je ne dois pas me montrer trop protectrice, voire étouffante et ça j’y viens petit à petit, même si parfois je voudrais éviter qu’ils souffrent.
Pour le manteau en aquarelle, pas de couleurs vives.
Je ne voulais que du marron, et une petite touche de gris. Mais en écrivant mon texte, je viens de m’apercevoir que j’ai utilisé du jaune ocre, mais pour moi sur le moment cela a été du marron.
J’ai eu pas mal de dissociations. Peut-être que ça explique le jaune en plus.

Matériaux utilisés :

Aquarelle réalisée sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : blanc de Chine, gris de Payne, ocre jaune, terre d’ombre brûlée.
Finitions crayons Art Grip Aquarelle.
Petite touche discret en spatule à la fin.

Qu’avez-vous ressenti ?

Il y a toujours cette terreur qui est là. J’essaie de l’affronter, ce n’est pas facile. Dans ma tête je veux absolument faire ce bilan sur un papier, le positif et le négatif de ces 29 années passées avec mon ancien ami. Mais je n’y arrive toujours pas. Dès que j’essaie mon cerveau se met en mode stop et tout s’arrête, je suis tétanisée plus rien ne bouge, rien, pas une pensée, pas une idée, pas une sensation, pas une envie, rien ne ressort. Comme si tout était gelé. C’est affolant.
Je ressens beaucoup des périodes du passé.
Des dissociations fortes rapprochées, j’ai l’impression de ressembler à une toupie, de tourner de tourner encore et encore…

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

Dire : oui je suis sûre de l’idée qui était en moi pour la réalisation de cette aquarelle, quand je m’y suis mise. Pour le reste, impossible de parler de mon ressenti.