BMP – Le boulevard Béranger

Je voulais refaire un dessin : Comment je perçois le boulevard mais en dessinant mon esquisse sur place où a eu lieu « la tuerie de Tours. Je voulais aussi voir ou j’en étais avec ce traumatisme qui fait resurgir aussi le fusil de mon géniteur.
Quand je vais aux « Blouses Roses » jej passe par ce boulevard, à chaque fois, et finalement cela fait entre deux et trois fois où je dois prendre cet itinéraire, et à chaque fois c’est la frayeur dans ma tête. Mais je me suis rendue compte aussi, que le fait d’avoir travaillé cette situation sur le blogue m’a permis de passer du mode “ tétanie” au mode « frayeur”, ce qui est un gros progrès. J’écris bien tétanisée car je devais dévier de mon trajet, je passais par une autre entrée de l’hôpital, ce qui ce qui me rallongeait pas mal. J’étais incapable d’entendre quoique ce soit autour de moi, une lourdeur dans ma tête, et je ne me sentais pas marcher.
Je suis consciente aussi que je ne peux oublier ce drame, mais je sais aussi que je peux mieux le digérer. Je sais aussi que je peux mettre ce drame dans le bocal qui se trouve dans mon cerveau, je dois juste bien m’imaginer cette représentation dans ma tête.
Il y a le fait que je me disais que même si l’aide sur le blogue est là, je devais absolument m’obliger à ne pas changer de chemin comme je le fais d’habitude. C’est un peu me prendre en main et affronter la réalité.
Aujourd’hui je peux dire que j’arrive à prendre ce boulevard, mais que cela reste très compliqué. Je retiens ma respiration, je mets ma musique à fond dans les oreilles avec mon mp 3, je ne regarde pas devant moi, je baisse la tête. Mais déjà pouvoir marcher tout le long du boulevard c’est une petite victoire. Ensuite, je me dis le reste va se faire doucement, et un jour je pourrais me promener, et même m’y asseoir sans avoir cette frayeur.

Comment pouvez-vous dessiner ça ?

J’ai procédé ainsi, j’ai emmené mon bloc à dessin sur le lieu c’est dire sur le boulevard et je me suis positionnée légèrement au milieu du boulevard pour réaliser mon esquisse.
Mais en plus, j’ai pris quelque chose que je connaissais bien, à savoir le livre “ Gérer la dissociation” livre qui me sert de repère, pour moi et pour mon cerveau et ma petite bouteille d’eau pétillante au citron. Et dès que je ne me sentais pas bien, je relisais un chapitre du livre et je faisais l’exercice du toucher avec mon MP3, ou bien encore avec la bouteille.
Pour le manteau en aquarelle, j’ai marqué sur une feuille les couleurs que je percevais à ce moment-là, mais cette observation a été plus difficile : ma concentration a été chaotique, je me rappelle que je voulais un maximum de détails.

Matériaux utilisés :

Aquarelle sur feuille de format de 36 x 48 cm à grain fin.
J’ai utilisé les couleurs aquarelles suivantes : terre de Sienne brûlée, noir d’ivoire,rouge de cadmuim foncé, bleu coerulem, vert émeraude, ocre jaune, vert jaunâtre, blanc de Chine…

Qu’avez-vous ressenti ?

En réalisant ce dessin, je me disais voilà sur cette feuille tu vas pouvoir regarder ce grand pas que tu as fait Béatrice.
Je me disais aussi que s’il n’y avait pas eu le blogue, ce drame je serais encore en train de le ruminer et encore et encore, car je n’aurais pas su comment commencer à le cicatriser, comment l’aborder car ce n’est pas si simple de pouvoir exprimer ce qu’on ressent réellement comme douleur etc. Expliquer ce drame me rongeait à l’intérieur de moi, et dans ma tête.
Je n’ai pas de fierté et je ne ressens pas de fierté d’avoir réussi à avancer un peu sur cette situation, non je ressens  de l’apaisement.
J’ai eu des dissociations, mais je ne saurais pas dire exactement à quel moment et ce qui les provoquait : un bruit, une forme, une voix. Je revenais à moi sans trop savoir pourquoi, c’est peut-être aussi ce qui m’a permis de pouvoir rester sur ce boulevard et de pouvoir dessiner mon esquisse.

Que ressentez-vous face à ce dessin ?

En regardant ce dessin je le trouve moins violent.
Après oui, il y un mieux dans ma tête, mais je dois encore le travailler encore un peu. Mais il y a moins de violence, et le mot tétaniser n’est plus là.
Et le tueur n’est plus présent, je l’ai enlevé de ce boulevard, afin que je puisse y retourner, mais cet événement restera dans un coin de ma tête.

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