BD – Retour à l’atelier dessin-peinture à « La table de Jeanne-Marie


Atelier dessin peinture 🖌✏🌈 en ce mercredi après midi 14 novembre 2018
Pour les photos des personnes j’ai eu l’autorisation.
Il y a un petit moment que l’atelier dessin-peinture n’a pas eu lieu. Entre la préparation de l’exposition des « Petits formats », les jeux… les moments de français. et le temps pour parler du « Printemps des poètes » et les changements. Il y avait donc de quoi faire.


Nous avons commencé les ateliers vers 15 heures. Il y a eu beaucoup de retard.
Victoire a fait son cours de français et moi je me suis installée de mon côté avec l’aide  de Perrine qui est  bénévole et qui vient de temps en temps aider. Perrine est la dame qui a fait son exposition sur le collage il y a un peu plus d’un mois et j’avais amené les jeunes à son exposition.
Nous avons prévu toutes les deux de faire un atelier collage en décembre.
J’ai fait comme  d’habitude, j’ai installé mes tables et mon matériel. Puis les personnes se sont installées tranquillement.
Aujourd’hui je devais faire découvrir la peinture à deux familles qui venaient d’Irak. Les personnes ne parlent pas français ou du moins très difficilement c’est donc Perrine qui m’a servi de traductrice 😊
J’ai appris lors d’un échange que ces 2 familles ne connaissaient pas les couleurs. Je me suis donc dit : pourquoi ne pas commencer par cette découverte ?
Dans le groupe il y avait deux autres personnes qui ne connaissaient pas les couleurs. Je leur ai proposé de faire un dessin sur la beauté, thème du « Printemps des Poètes » pour l’année prochaine en mars.


J’ai expliqué à ces deux personnes que je souhaitais qu’elles fassent apparaître une forme évoquant la manière dont elles voyaient, percevaient la beauté à travers leurs yeux et leurs observations.
Tout de suite leurs idées étaient là. Je les ai donc laissées, en les rassurant que si elles avaient besoin je n’étais pas loin.
À ce moment-là, je suis retournée auprès des deux  familles. J’ai commencé par sortir les tubes de peinture de couleurs : rouge, vert, vert d’eau, bleu, bleu clair, noir… que j’ai énumérés à voix haute afin que ces personnes puissent commencer à entendre et à visualiser les différentes couleurs pour pouvoir les reconnaître petit à petit.
Ensuite je leur ai proposé de les écrire dans la langue française et dans leur langue dans un cahier, au crayon en mettant en face un petit carré de couleur qui correspondrait à la couleur écrite.
Cet exercice faisait appel à la mémorisation à l’écrit mais aussi à l’apprentissage de la langue française.
Puis nous sommes passés à la pratique avec un pinceau  🖌 . Devant chaque personne j’avais posé une feuille blanche. Puis j’ai déposé toutes les couleurs  toujours en énumérant celles que les personnes venaient de découvrir sur une palette. Et ce n’est qu’après que j’ai fait ma démonstration.
Et c’est avec un plaisir  qu’ensuite toutes les personnes ont fait la même chose de leur côté en étalant toutes les couleurs sur leur feuille, dans le sens qu’elles souhaitaient. Je devais leur laisser une liberté, car cet apprentissage devait rester agréable et ne devait pas devenir une contrainte ou autre.
De temps en temps je passais voir chaque personne pour leur rappeler à voix haute les différentes couleurs qui apparaissaient peu à peu sur leur feuille. Tout comme je passais voir également les deux autres  jeunes hommes qui faisaient leurs dessins sur la beauté.
Les esquisses  prenaient formes. Les personnes  m’ont expliqué que la beauté pour elles c’étaient leur pays, leur famille et l’amour qu’elles avaient envers tout cela quand elles observaient avec le cœur et leurs yeux. J’étais étonnée qu’elles ne parlent pas de la France. Mais l’une d’elles m’a simplement répondu qu’elles n’ont pas eu le temps de bien observer.
Une fois que toutes  les autres  personnes avaient mis toutes les couleurs sur leur feuille et après avoir mis une petite touche en plus, comme par exemple : une maison, des fleurs, je leur ai proposé de découper leur dessin en petits morceaux aux formes qu’elles souhaitaient pour en faire naître une composition de collage collectif, c’est important je trouve que ces personnes découvrent également une autre façon de « travailler » j’en reviens au partage, au travail en équipe et le fait aussi de respecter les divers avis qui pourraient apparaître dans les échanges et d’en tenir compte.
Une fois toutes les formes découpées nous avons commencé à coller pour donner forme aux deux compositions collectives.
De temps en temps je rappelais à voix haute le nom des couleurs et les personnes répétaient après moi en français.


L’atelier s’est terminé doucement dans une bonne ambiance. Les deux jeunes avaient aussi terminé leur dessin sur la beauté.
Les deux familles étaient contentes d’avoir pu commencer à apprendre les couleurs, de s’être servi d’un pinceau et de la peinture et d’avoir appris à  parler un peu français et d’avoir pris goût à cette nouvelle découverte. Ça a été pour elles un moment de détente et de convivialité. Les sourires étaient là. Les participants se sont exprimés, toujours par le biais de la traductrice qu’ils reviendraient, tout comme les deux jeunes qui étaient fiers de parler de leur pays, de leurs familles et de cette beauté qui en émanait, beauté le tout enrobé d’amour.
Nous avons rangé ensemble et de mon côté j’ai nettoyé. Puis nous avons terminé par un goûter 😊

BMP – Les émotions enfouies


Réflexions.  Ce mot, émotion, vient du latin “motio », c’est-à-dire mouvement. Une émotion est une réaction physiologie et physique à une situation.

http://www.psychologue.levillage.org/emotion/

http://www.cenaclesauges.ch/diary9/80DeterrerDesEnergiesEnfouies.htm

Pour ma part, gérer les émotions n’est pas si facile. La colère est chez moi une émotion enfouie, par moment je la dessine mais l’exprimer en réalité quand il y a lieu m’effraie. Je n’avais bien sûr pas le droit de la laisser s’exprimer.
Je pense que laisser les émotions nous envahir, ou bien même les exprimer cela s’apprend petit à petit. Il ne faut pas en avoir peur. Bien entendu c’est ce que j’écris, mais de là à le vivre il y a du travail à faire. Quand on n’a pas été habitué à laisser s’exprimer ses émotions, car celles-ci ont été “ muselées”, et bien sentir quelque chose de nouveau en nous, ou bien même de l’exprimer de la « bonne » façon c’est parfois déstabilisant et on se sent par moment désemparé, car on ne sait pas quoi en faire, et pourtant c’est là.
Après y a t’il une bonne façon ? ça aussi je n’en sais rien, je me dis qu’il faut exprimer dans la limite du raisonnable. Mais le raisonnable… bref je ne sais pas pourquoi je mets cela dans les limites, peut-être pour ne pas étouffer l’autre personne d’un trop plein de sentiments et d’émotions ?
Voilà pourquoi j’écris que cela s’apprend.
Donc mon dessin devra permettre de montrer ces émotions enfouies.

Comment avez-vous procédé pour la concrétisation de votre esquisse ?

Comme à chaque fois, j’essaye de faire des liens. Pour moi, le cœur joue un rôle dans les émotions, donc il devra apparaître. De même ces émotions sont aussi à l’intérieur de la tête. Il faut donc trouver une solution pour représenter ces deux lieux dans mon dessin.
Puis, je voulais montrer cette « partie » de la personne qu’elle a en elle, cette frayeur de ressentir quelque chose de nouveau. Ce n’est pas qu’elle ne le veut pas, car elle sait que c’est important, mais par moments c’est trop fort et elle ne sait pas que faire et comment gérer cela. Et pour terminer je devais aussi dessiner le visage de la personne qui a des émotions enfouies.
J’ai donc commencé par dessiner le premier visage en haut de ma feuille, puis cette autre partie juste en dessous de ce dernier. Et j’ai continué par ce tracé en bas de ma feuille qui englobe les pieds.
Après j’ai fait apparaître le cœur avec cette rallonge qui part de l’intérieur de la tête en haut de ma feuille, et qui doit, si toutes les émotions sont exprimées, se connecter au cœur. Mais pour l’instant il est proche et il ne touche pas celui-ci.
Pour concevoir le manteau de mon esquisse, je voulais mettre des couleurs qui me parlaient sur le moment, Je voulais mettre également un rouge plus apaisant que d’habitude et faire apparaître plus la couleur jaune.

Quels matériaux avez-vous utilisés ?

Dessin fait sur feuille de format de 50 x 70 cm à grain fin
Aquarelle, crayons de papiers : HB, 3B, 6B

Que ressentez-vous en regardant votre production ?

Je trouve en regardant mon tableau, qu’il explique bien ce que je ressens par rapport à ces émotions enfouies. Je dis aussi que je dois continuer à les laisser venir sans les fuir ; car c’est cela qui va m’aider aussi à mieux les exprimer. Je ne ressens pas d’angoisse quoique, je n’en suis pas bien sure, j’ai le cœur qui s’emballe.